Ibid. : Suprématie
\. Feuilles d'automne.
bonnet rouge au vieux dictionnaire (') », il resta le serviteur respecteux de l'Académie « douairière », et de Girault-Duvivier ; pratiquant à la lettre sa formule : « Paix à la syntaxe (2) » ! Il fut même puriste, et pédant jusques à croire que Racine « fourmille de fautes de français (3) » ; ce qui servirait de confirmatiLr à l'axiome de Boileau :
Tel excelle à rimer, qui juge sottement.
Sans doute Hugo abuse grandement des mots et leur prête des sens étranges, pour l'effet ; comme son disciple Th. Gautier, il crut bon d'enchâsser, de çà et de là, un vocable inconnu au commun des mortels ; mais il employa des mots français ; il visa aux grands effets avec les mots les plus simples, qui sont toujours les plus expressifs, comme les vrais ouvriers le prouvent. V. Hugo adopte et recommande le mot usuel, dont il n'y avait plus de nouvelles en poésie depuis La Fontaine. Lisez Delille ou Roucher et voyez comme ils se gardent d'appeler un chat un chat. V. Hugo a, dans cette voie, fait un beau retour vers l'ancien régime. D'autre part il a rafraîchi le substantif, rajeuni le verbe, ces deux forces du style ; il a même réhabilité, en le recolorant, l'adjectif, si pâle chez Voltaire, si vivant chez Racine. Toutefois il fait trop d'honneur à cet auxiliaire, en l'établissant agent principal de la phrase, en le plantant aux postes choisis de ses vers, rejets et césures ; en l'isolant comme une sentinelle d'avantgarde. Les exemples seraient superflus.