‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 83 sur 140 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Cf. M. Stapfer, Racine et V. Hugo, p. 2-8 ; et M. P. Mesnard, édit. de Racine, t. VIII. (Grands écrivains. )

Jamais, avant Hugo, poète n'avait poussé si loin la recherche du mot technique ou de métier ; telle de ses tirades (') ressemble à une page d'encyclopédie, à moins que ce ne soit à une colonne d'un dictionnaire analogique. Par goût pour le mot vrai, il proscrit les termes soi-disant poétiques, « jetant le vers noble aux chiens noirs de la prose », et disant « à la narine : Eh ! mais, tu n'es qu'un nez (a) ! » Mais autre excès : Hugo s'est imaginé que le mot propre, par le fait qu'il est mot propre, peut toujours être écrit ; et il saute à pieds joints dans le domaine de Rabelais. Il s'en excuse par cette belle raison politique qu'il a voulu affranchir les mots forçats et gueux

Que Vaugelas, leur chef, Dans le bagne lexique avait marqués d'un F.

Vaugelas, non ; mais les convenances, que Hugo dédaigne, oubliant trop aisément que certains substantifs choyés de son vocabulaire : pou, crapaud, fiente, torchons, et autres, rappellent des idées qui répugnent aux âmes bien nées. — Hugo bannit la périphrase et dit « au long fruit d'or: Tu n'es qu'une poire (3) » ; il a raison et nous lui en savons gré ; mais il remplace cette friperie, soit par des oppositions saugrenues, soit par les mots doubles renouvelés de la Pléiade :

La pourriture, orgie offerte aux vers convives. (ire Légende})

La Marseillaise, archange aux chants aériens. {Châtiments.)

L'aurore..., crête rouge du coq matin. {Contemplations.)

Et la grenouille idée enfle le livre bœuf. {L'Ane.)

... On va voir le point, bille fatale,

Tomber enfin sur PI, ce bilboquet Tantale. {Ibid.)

i. Par exemple, la panoplie dans le récit d'Eviradnus.

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