‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 90 sur 140 · Victor Hugo après 1830, t. I, p · texte numérisé non relu

Victor Hugo après 1830, t. I, p

5° V. Hugo plagiaire. Car il le fut ; l'homme immense sut emprunter comme il sut vendre. Lui qui accusait A. Dumas, mort et enterré, de lui avoir volé le Vicomte de Bragelonne, il avait pris son drame faux et infâme de Lucrèce Borgia à Shakespeare d'abord, ensuite à Webster (') ; il avait calqué d'un bout à l'autre son Ruy Blas sur la Dame de Lyon de Bulwer (2). Est-ce que le génie n'est pas comme l'aigle qui, emportant vers l'azur une noble proie, couvre son larcin de la magnifique envergure de ses ailes ?

6° V. Hugo reconnaissant. Ce chapitre, hélas ! serait long et vaste comme la mémoire de V. Hugo, qui était aussi tenace ; Montalembert et Nisard s'en aperçurent, et tant d'autres, parmi lesquels les avocats qui avaient plaidé contre Hugo, ou encore les critiques qui ne l'avaient pas admiré comme des brutes.

Une étude plus curieuse à certains égards, et que M. Biré poursuit à travers les cinq cent cinquante pages de ses deux volumes, pourrait s'intituler :

70 V. Hugo et V histoire. Les privautés que V. Hugo s'est données envers le bien d'autrui ne sont que vétilles à côté de celles qu'il a prises avec la vérité historique, — toute vérité historique. Ses drames (soidisant historiques) ne sont que des travestissements de la réalité : Triboulet devenu un bon père de famille, Marie Tudor transformée en Messaline, tout I^ucrèce Borgia, tout Ruy Blas, autant de contresens et de mensonges ; c'est simplement l'histoire au rebours.

Mais ce qui révolte, c'est d'entendre le poète poser partout avec effronterie pour l'exactitude scrupuleuse,

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