Ibid., t. II, p
mands, dont les plus doux peut-être sont Falkenstein et Katzenellenbogen (').
Le poète antidate ses vers de dix ou de vingt ans, et jure, la main sur sa conscience, que la date mise par lui est juste. Dans ses fragments intitulés Littérature et pJiilosopJiie mêlées, il prie le lecteur de faire grande attention aux dates ; or, presque toutes sont falsifiées ; il va jusqu'à dater d'avril ou de décembre 1820 des morceaux écrits après 1830 (2). N'a-t-il pas le droit, lui, le maître, de régler le temps sur ses propres fantaisies, et non sur les calendriers vulgaires ? Ses faux en écriture poétique, comme les appelle spirituellement M. Biré, ne sont-ils pas légalisés par le génie ?
Le génie a sa manière de compter où l'arithmétique n'a rien à voir ; il fait des multiplications où les professeurs de calcul ne sauraient atteindre. Ainsi le roman de Notre-Dame de Paris eut, pour Victor Hugo, huit éditions en dix- huit mois ; mais en réalité, pour le libraire, il en eut deux (3) ; selon Victor Hugo, le manuscrit de Marion Delorme fut acheté 8000 francs ; selon l'éditeur Renduel, qui le paya , 2000 (4) ; pour le manuscrit du Roi s'amuse, « je reçus, écrit Hugo, un bon de vingt mille francs » ; la quittance de Renduel dit deux mille ; ce n'est qu'un zéro de moins.
Mais une preuve de plus en faveur de cette sincérité que V. Hugo apporte en toutes choses : il se trompe même sur le nombre de ses candidatures à l'Académie. Naturellement, il se trompe toujours à son avantage ;