Victor Hugo avant fSjo, p
royalistes du jeune V. Hugo, qui « avait eu des hymnes pour toutes les douleurs, des chants pour toutes les joies de la famille de Bourbon (') » ; et auquel, dès 1822, la duchesse de Berri avait fait obtenir une pension de 1,000 francs : joli début pour un enfant de vingt ans. Louis XVIII, l'année suivante, lui accordait une nouvelle pension de 2,000 francs ; aussi avec quel enthousiasme chantait-il en ces temps-là :
Oh ! que la royauté, peuples, est grande et belle !
Avec quelle conviction il s'écriait, la main sur le cœur, en 1829 : € Le roi ne doit attendre de Victor Hugo que des preuves de fidélité, de loyauté et de dévouement (2) ! »
A peine Charles X est-il tombé, en 1830, que V. Hugo chante, avec le même feu sacré, les « braves », les « fils des géants », qui ont chassé Charles X. Puis, tout en gardant à sa boutonnière le ruban attaché par Charles X, et dans sa bourse la pension octroyée par Louis XVIII, V. Hugo déclare « infâme » le gouvernement de la Restauration ; mais, comme le napoléonisme eut alors un regain de popularité, V. Hugo chante aussi l'Empereur (3).
Patience ! Le roi des Français aura bientôt son tour. Louis-Philippe nomme le poète officier de la Légion d'honneur ; la duchesse d'Orléans dit à l'auteur de Notre-Dame de Paris : « J'ai visité votre Notre-Dame» ; le duc et la duchesse d'Orléans lui envoient une magni-