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du nouveau pair pour le roi de Prusse ('), Louis-Philippe lui semblait « le plus éminent des rois de l'Europe (2). »
Enfin, prodigieuse antithèse, le 24 février, tandis que Lamartine fait proclamer une république provisoire par les émeutiers qui envahissent le palais Bourbon, le royaliste V. Hugo, sur la place de la Bastille, en présence d'une foule d'honnêtes gens, proclame la royauté du comte de Paris et la régence de la duchesse d'Orléans (3). O poètes !
Quelques semaines plus tard, V. Hugo et tous les siens étaient devenus ardents impérialistes (4) ; pendant que Charles Hugo criait arrière ! à Barbes et aux « républicains de l'avant-veille », Auguste Vacquerie répudiait de toutes ses forces la Marseillaise, qu'il nommait « ce chant de massacre et de sang » ; le journal de V. Hugo, Y Événement, saluait de tous ses vœux et soutenait avec des frémissements de joie la candidature de Louis Bonaparte, futur sauveur de la France (5).
Abrégeons. V. Hugo fut impérialiste, conservateur, réactionnaire ; il vota avec ses collègues de la droite, tout le temps qu'il espéra un portefeuille dans le gouvernement de Louis-Napoléon. Mais sifflé par la droite pour un discours trop chaleureux en faveur du prince Président, et par contre, exclu du nouveau cabinet que
1. Victor Hugo avait offert Notre-Dame de Paris avec sa « sympathie » et son « admiration » au roi de Prusse ; et ses deux disciples favoris, MM. Paul Meurice et Auguste Vacquerie, avaient dédié leur Antigone à S. M. Prussienne, dont ils se déclaraient « les très humbles et très obéissants serviteurs. » (T. II, p. 66.)