LA FIDÉLITÉ DE L’UNIVERSITÉ LAVAL
Il me semble que tout a été dit de ce que l'on devait dire ce soir. Et vraiment l’amabilité de M. le Président qui m’invite à ajouter d’autres paroles à celles que vous avez entendues, surpasse toute mesure.
On demande un mot au Recteur de l’Université Laval.
Voulez-vous donc savoir si l’Université Laval est prête à travailler toujours au profit de toutes les causes supérieures, nationales ou religieuses, qui vont ont préoccupés aujourd’hui ? Voulez-vous savoir si l’Université mêle ses espérances aux vôtres, et ce qui est
Allocution prononcée au banquet de la Société Saint- Jean-Baptiste de Québec, au Château Frontenac, mercredi, 24 juin 1925, jour de notre fête nationale.
ÉTUDES
mieux que des espérances, sa volonté à la vôtre ? Voulez-vous savoir si l’Université acclame avec vous ces héroïques Jésuites qui furent ici, il y a trois siècles, des pionniers de la civilisation ? et qui continuent d’être parmi nous les collaborateurs les plus précieux de nos grandes activités religieuses et sociales ?
Messieurs, vous savez bien que sur tous ces sujets nos esprits pensent comme les vôtres ; vous savez qu’à vos généreuses ambitions nous joignons les nôtres, qui s’indentifient avec les vôtres. Et vous savez aussi que l’acclamation qui monte aujourd’hui vers l’illustre Compagnie de Jésus, trouve dans nos cœurs un écho qui se charge des plus fraternelles amitiés.
L’Université Laval, depuis qu’elle existe, n’a jamais voulu qu’une chose : travailler au bien public, au bien commun de la patrie, créer parmi nous des élites qui soient des forces bienfaisantes, préparer des vies professionnelles qui soient égales aux plus hautes responsabilités sociales. Ce qu’elle a voulu, ce qu’elle veut encore en développant ses Facultés, en établissant à grands frais des Écoles nouvelles, c’est mettre si possible plus de science et
plus de lumière dans la vie de notre peuple, c’est faire rayonner ici, d’un éclat de plus en plus vif, ces puissances spirituelles de notre race qui permettront à celle-ci d'être au Canada, en Amérique, ce qu’elle fut en Europe, inspiratrice d’idéal et ouvrière de tous les progrès.
Voilà ce que veut l’Université Laval, et quel est son rôle supérieur. Elle ne veut pas apparaître devant le peuple, devant notre peuple, comme une institution étrangère à ses intérêts. Elle veut être plutôt, dans notre Province de Québec, dans notre pays, un centre d’action sociale et bienfaisante : disons mieux, l’un des sanctuaires, l’un des lieux sacrés où le peuple canadien tout entier retrouvera toujours tous les éléments essentiels de sa grandeur. Et elle ne demande en retour que d’être comprise par ceux-là qu’elle veut servir; elle ne demande que la sympathie et les appuis nécssaires à l’accomplissement de sa tâche difficile, mais véritablement nationale.
On a exalté avec raison l’héroïsme merveilleux de ces apôtres qui, en 1625, apportaient ici le message de la Compagnie de Jésus ; on a
ÉTUDES
acclamé à bon droit ces martyrs invincibles, qui ont fécondé de leur sang les sillons de l’apostolat canadien, et que Rome hier plaçait sur les autels.
N’oublions jamais que de si héroïques devanciers, que de si sublimes actions, que de si hautes et si nobles origines nous créent à tous des devoirs de fidélité : et des devoirs de fidélité qui devront toujours se confondre avec des sacrifices,
L’Université Laval, le Séminaire de Québec qui l’a fondée, et qui a mis dans cette fondation non seulement ses ressources d’argent, mais le capital inappréciable de ses hommes, l’Université Laval et le Séminaire de Québec n’ont pas d’autre ambition fervente que de continuer, pour notre jeunesse et pour notre race, l’œuvre commencée, leur œuvre séculaire de fidélité et de sacrifices.
Je vous remercie de m’avoir invité à placer ce soir sur l’autel de la patrie, et sur l’autel sacré de nos bienheureux martyrs, cette expression de nos sentiments. Qu’elle y soit déposée comme une modeste offrande faite à toute la nation par notre Université et par la piété des fils de Monseigneur de Laval.