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BÉNÉDICTION DES RAISINS

Par M. MÉTAIS

L’été de 1893 a été remarquable par son extrême sécheresse. Avec avidité, les savants ont consulté les âges passés; leurs études nombreuses sont intéressantes; ils ont tout lu, tout compulsé : journaux, gazettes., chroniques, mémoires, tout, saut les vieux livres de prières.

Nos ancêtres avaient une foi vive autant qu’éclairée; ils demandaient à Dieu sa protection toute puissante pour les biens de la terre, et à l’église ses plus touchantes bénédictions.

En retour, ils apportaient sur l’autel les prémices de leurs récoltes, les plus beaux fruits, etc. Ce pieux usage est conservé, même de nos jours, dans quelques églises; mais les âges eu perdirent peu à peu la signification et l’origine en j&t bientôt inconnue. J I en est ainsi de la bénédiction des raisins qui avait lieu, dans les siècles passés, le jour de la fête de saint Sixte, le 6 août.

Je l’ai trouvée pour la première fois dans les vieux livres liturgiques de la bibliothèque de Vendôme, dans les missels manuscrits 17 du xme siècle, fol. 173 v°; 16, du xve siècle, daté de 1457, fol. 214, et dans le missel impi'imé en 1536, dans l’enceinte même de l’abbaye, sous les yeux des doctes moines, conservateurs jaloux des usages d’autrefois,

Ouvrons ce dernier, à la deuxième partie consacrée aux fêtes des saints, au fol. 44, au 6 août, fête de saint Sixte II, pape; nous y lisons la rubrique suivante :

« Après les prières du canon, on bénit les raisins nouée veaux, si l’on en a trouvé de mûrs; on les comprime « et l’on donne ce vin nouveau au prêtre pour les ablutions « qui suivent la communion. Cette bénédiction a lieu <' après ces paroles du canon : luira quorum nos consorts Hum, non estimator merili, sed venir quesumus largi- « (or admitte. Per Chrislum... »

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