‹ Études et documentsChapitre 4 sur 54 · avril 1576, 20 juin 1578, 21 novembre · texte numérisé non relu

avril 1576, 20 juin 1578, 21 novembre

SIÈGE UE CHARTRES

combattre pour le principe fondamental de l’État. Un prince hérétique ne pouvait monter sur le trône du roi très chrétien. Us n’en voulaient point à la personne du roi de Navarre ; ils s’empressèrent de le déclarer : « Quand le roy de Navarre seroit catholique recogneu pour tel des pairs de France, qui luy auroient faict le serment de fidélité, il n’auroit point en tout son royaume un peuple plus fidèle et plus obéissant que celui de Chartres. »

Le zèle de nos ligueurs ne fut pas toujours circonspect. M. de Réclainville, gouverneur, avait mis en liberté Louis de Hallot, sieur de Létourville, que son lieutenant de Tivernon avait fait prisonnier au château de la Choltière. Il s’ensuivit une véritable émeute, et le gouverneur fut obligé de quitter son poste. Il fut remplacé par Georges Babou, seigneur de la Bourdaisière, que le duc de Mayenne agréa par lettre du 11 octobre 1589 L

Celui-ci, pour entretenir l’ardeur guerrière des Chartrains, entreprit plusieurs expéditions dans le voisinage, et prit les villes de Nogent-le-Roi1 2 3 (24 avril 1590) et d’Épernon3 (12 mai), quand bientôt la levée du siège de Paris (septembre 1590) exposa la ville de Chartres aux attaques de l’armée royale.

Cette ville, en effet, capitale de la Beauce, avait assuré, pendant tout le siège, le ravitaillement de Paris et fait échouer ainsi l’attaque du Béarnais. Celui-ci, pour le succès de ses projets futurs, ne pouvait abandonner un point, stratégique d’une si haute importance. Après quelques expéditions secondaires, il dirigea toutes ses forces vers cette place, résolu à tous les sacrifices pour s’en emparer, ses avant-gardes pénétrèrent dans les faubourgs de la ville dans la nuit du 11 au 12 février.

Le récit que nous livrons à la publicité est l’œuvre du gouverneur même de la ville de Chartres, M. de la Bourdaisière.

Le malheur est rarement respecté. Les Chartrains, fiers d’un premier triomphe en 1568, ne voulurent jamais admettre qu’ils

1. La famille Babou était originaire de Bourges. Georges fut le deruier de sa maison. Il devint général de l’artillerie de France, et fut tué en duel en igiô, à Bordeaux, par le comte Barrault, lors du mariage de Louis XIII. Armes : « Écartelé au 1 et 4 d’argent au bras de gueules, sortant d’une nuée d’azur, tenant une poignée de vesce en rameau de trois pièces de sinople ; au 2 et 3 de sinople au pal d’argent, parti de gueules aussi au pal d’argeut. »

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