‹ Études et documentsChapitre 5 sur 54 · Entre Maintenon et Rambouillet · texte numérisé non relu

Entre Maintenon et Rambouillet

CARNET DE LA SABRETACHE

avaient été réellement vaincus en 1591. On parla bientôt de trahison. L’historien Souchet s’est fait l’écho de ces bruits : « Les habitants se voyoient comme abandonnés de leur gouverneur, qui ne sembloit demander autre chose que capituler avec l’ennemy pour se tirer du perd, et les laisser, comme on dict, en l’embasche h » 11 attribue aussi à la trahison le manque de poudre : « Il arriva encore par la malice de ceux qui avaient charge de la pouldre, que les soldats n’en pouvoient avoir, faisant courir le bruit qu’il n’y en avoit plus, pour obliger les habitants à se rendre, combien qu’il y en avoit encore plus de huit milliers, qui n’avoient veu lune ne soleil de longtemps. Ce qui se recogneust après la reddition de la ville, laquelle en fit présent de grande quantité à sa Majesté1 2. » Et après l’entrée de Henri IV, il écrit encore : « Le baron de Biron mena les gens de pied à la brèche, pour la garder, lesquels se mocquoient avec raison de la poltronnerie du gouverneur et de ses garnisons, voyant qu’on leur avoit quitté à si bon marché une si forte place, qu’ils confessoient ingénuement qu’ils n’eussent peu prendre 3. »

La Bourdaisière ne pouvait ignorer ces graves accusations ; il devait à son honneur de ne pas les laisser sans réponse.

Pour rendre sa réfutation victorieuse, il n’avait qu’à faire l’historique succinct mais exact de toutes les circonstances du siège. Mieux que tout autre, il pouvait connaître les faits. Son rapport est donc une pièce officielle de la plus haute importance. La simple lecture suffira pour en montrer la haute autorité. Pas de déclamations, les accusations tombent d’elles-mêmes devant la limpidité du récit.

Chose étrange, tous les historiens semblent avoir ignoré ce document; du moins les chroniqueurs chartrains n’en ont pas eu connaissance.

Il est actuellement conservé en double exemplaire, l’un dans le mss. français 5986 de la Bibliothèque nationale , du folio 244 au folio 284, sans titre ni nom d’auteur, à la suite d’une histoire de

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