IV
DISLOCATIONS MiCANIQUES DE L*écORCB T£fiRESTRE.
La théorie de la formation des chaînes de montagnes ne pré- idée fondamenuie sente pas dans son histoire des phases moins singulières que celle p^UcSJÎL, des roches éruptives. '^^^'
Déjà Descartes avait donné une nouvelle preuve de son admirable pénétration d'esprit, en rattachant les dislocations de la voûte terrestre au refroidissement et à la contraction de la masse interne ^
Stenon, s'appuyant sur des observations précises qu'il fit en stenon prouve Toscane, crut pouvoir conclure, dès 1669, que les terrains stra- ««Wipari^lS^ns tifiés ont perdu leur horizontalité première, probablement sous d'ap^S^b^rl'influence des vapeurs souterraines^. Il publia son travail après avoir passé deux années à Paris en relation avec Descartes ^, dont ' ^^79le système avait évidemment produit sur lui une profonde impression.
. Cependant la belle conception du philosophe français sur l'origine des aspérités du globe, malgré l'appui que Stenon lui avait
^ • Les fentes s augmentant, les parties externes n*ont pu se soutenir plus longtemps, et la voûte se crevant tout d*un coup, Ta fait tomber en grandes pièces sur la superficie du corps c; mais pour ce que cette superficie, qui n*était pas assez large pour recevoir toutes les pièces de ce corps en la même situation qu'elles avaient auparavant, il a fallu que quelques-unes soient tombées de côté et se soient appuyées les unes contre les autres. » (S 4a « p. 3a a de Tédition précitée des œuvres de Desmarest.) La figure annexée représente bien clairement l*idée de Descartes.
' L*ouvrage publié par ce savant Danois, à la fois anatomiste et géologue, sous le litre de. De solido intra solidum natanditer contento, dissertatio prodromut, dans une étendue de 76 pages seulement, constitue Tnn des travaux géologiques les plus remarquables, par la justesse et Timportance des observations qui y sont consignées , par renchaÎDement et la rigueur des raisonnements , la précision du style et la forme en quelque sorte géométrique que lui a donnée son auteur, ainsi que Ta très -bien remarqué M. le docteur Bertrand de Saint -Germain. Déjà depuis longtemps M. Élie de Beaumont a signalé à Tattention les principales conclusions de Stenon dans les Annales des sciences naturelles, t. XXV, 1 83a. Stenon distingue aussi les roches volcaniques et les roches stratifiées, et, parmi ces dernières, les couches anciennes des couches récentes.
' De 1664 à 1666.
prêté, fut pendant longtemps méconnue, cédant la place à des hypothèses que Ton reconnaît aujourd'hui n'avoir aucun fondement. Leibnitz lui-même, bien que se fondant sur les idées et les observations de ces deux grands hommes, aima mieux attribuer la mise à sec des anciens fonds de mer à l'infiltration d'une partie de l'eau dans des abîmes qu'il supposait dus à d'anciennes boursouflures de la masse primitivement fondue.
Buffon, tout en faisant aussi une grande part à la chaleur primitive, ne fut pas plus heureux que Leibnitz dans les deux hypothèses opposées et contraires qu'il émit successivement sur la formation des montagnes ^ Celle idée reste Cc u'cst réellement que plus d'un siècle après, que Hutton, pendant Jamcs Hall et Saussure ramenèrent par de nouvelles voies à l'idée juï^? ^' si féconde de Descartes ^. Cependant elle restait un peu vague, ""^ Î^^Huit^?"'' indécise et comme voilée par l'école de Werner, lorsque Léopold de Léopold de Bach jg g^^^jj ^^ ]yj glie dc Beaumont lui donnèrent définitivement
et
d^*^^*^*^ une importance fondamentale, en la précisant, l'appuyant et la la mettent développant par des observations nombreuses et exactes '.
hors de doute. r\ i r • i i i
Un reconnut en outre que la formation des sources thermales
' Soit dans la mer, par le mouvement et le sédiment des eaux (Théorie de la terre), soit par le feu, à Fépoque où le globe était encore incandescent, et, par conséquent, bien avant qu^il y eût des mers et des êtres vivants. (Epoques de la nature, qui, on le sait, parurent environ trente ans après le premier ouvrage.)
* Cependant on doit des observations fort justes à Robert Hooke, à propos des tremblements de terre, 1706; à Lazzaro-Moro , 17^0; à Fichtel, Ueber die Karparthen, 1791; à Heim, Geologische Besckreibung des Thàringerwalds , III* partie. Ce dernier observateur était déjà entré dans beaucoup de considérations ingénieuses sur la possibilité du soulèvement des chaînes de montagnes, au moyen des basaltes et des porphyres, sur les sublimations des minéraux et des métaux dans les roches, ainsi que sur les altérations produites dans diverses roches par les éruptions ignées, comme nous Tavons dit plus haut, page 17.
' La superposition du granit et du porphyre aux terrains de transition des environs de Christiania, que Haussmann avait déjà observée en i8o5, et le soulèvement lent et graduel du sol de la Suède furent des arguments irrésistibles de Léopold de Buch. Parmi les plus anciennes observations de même nature, il faut encore citer celles du comte Marzari-Pencati, qui avait accompagné Fauj as-Saint- Fond en Italie, et qui déjà alors Tavait rendu attentif à ta superposition de roches réputées primitives à des terrains stratifiés, particulièrement dans leTyrol méridional (181g).
et gazeuses^ ainsi que celle des gîtes métallifères, se rattache aux systèmes de cassures que présente Técorce terrestre, même dans les régions qui ne sont pas traversées par des roches éruptives^