ERREURS DE LA DIPLOMATIE EN ORIENT ET DANS LES BALKANS
RÉSUMÉ DE CETTE PÉRIODE
La Triple-Entente, qui a échappé au désastre par la Marne et FYser, commence l'effort qui doit mettre l'usine de guerre en état de fournir le matériel nécessaire. Mais elle ne se rend pas encore compte de ce que doit être cet effort, et que la guerre devient une guerre d'usure et de matériel.
L'Allemagne, dont le plan primitif a échoué, et qui se trouve à court de matériel, malgré ses prévisions, met en jeu sa formidable usine. Elle lutte sur les deux fronts, et prépare en secret une nouvelle offensive, qui sera finalement dirigée contre la Russie.
Il y a équilibre momentané entre les forces adverses. Mais la supériorité initiale des Allemands leur a donné le privilège de l'invasion et leur a acquis la Belgique, les départements français du Nord et de l'Est, et une avance en Pologne. Par contre, TAllemagne est bloquée maritimement, et l'Autriche a perdu la Galicie.
Pendant cette période, la Turquie prend parti pour l'Allemagne. La Triple-Entente aurait dû le prévoir, depuis que le Gœben et le Breslau s'étaient réfugiés à Constantinople, et par le seul fait qu'Enver Pacha était dictateur. La diplomatie alliée a continué à négocier, et reste aveuglée sur les dispositions de la Grèce, de la Bulgarie et de la Roumanie. Il lui semble que l'intervention de la Turquie en faveur des impériaux doit déterminer par un contre-coup naturel le concours des Balkaniques aux Alliés. Elle oublie que le traité de Buckarest a fait de la Bulgarie une ennemie irréconciliable de la Serbie, de la Grèce et de la Roumanie, et qu'il y a trois rois allemands dans les Balkans. La diplomatie impériale, plus active et moins scrupuleuse, use largement de l'or et des promesses, et prépare les défections et les trahisons.
La victoire des Serbes sur les Autrichiens, en décembre 1914, aurait dû amener les forces alliées à Salonique. L'armée serbe était l'avant-garde sur la route de Vienne. Les Balkaniques auraient suivi, de gré ou de force, la marche des Alliés. L'attaque des Dardanelles poursuivait un objectif très important, l'ouverture des détroits et la liaison avec la Russie. Elle pouvait se combiner avec le débarquement à Salonique. Elle a été mal engagée militairement et diplomatiquement.
L'échec des Alliés en Orient en 1915 a prolongé la guerre. On a donné comme excuse que les fronts principaux d'Occident et de Russie absorbaient tout ce qui était disponible en matériel. L'erreur commune a été de ne pas comprendre que le front principal était alors Constantinople et les Balkans, et que la prise de Constantinople et la défaite de la Turquie entraînaient les Balkaniques et auraient empêché la grande offensive allemande contre la Russie, puisque celle-ci aurait été ravitaillée facilement.
Janvier igi5.