‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 3 sur 158 · Cf. Dutens, Mémoires d'un voyageur qui se repose, pass · texte numérisé non relu

Cf. Dutens, Mémoires d'un voyageur qui se repose, pass

Coileau, ces poètes grammairiens, émaillaient leurs lettres de lapsus grossiers et n'avaient aucun respect pour les règles de l'orthographe, pourtant si larges alors et si élastiques l . C'est que dans l'ancienne éducation les fautes contre la langue française semblaient vénielles : car le latin était tout, principalement aux approches de la Révolution. Les hérésies orthographiques de 1793 ne me semblent donc pas particulières aux républicains. On peut voir aux Archives que les grands seigneurs de Coblentz ne figuraient pas les mots plus exactement que les patriotes. Et même pour les hommes qui avaient été au collège vers 1780, ce fut un ennui, un crève-cœur, lorsque, sous la Restauration, l'orthographe devint un des signes d'une bonne éducation. Plusieurs se remirent à l'école : les manuscrits de Merlin et de Thionville d'avant 1815 sont émaillées de fautes de ce genre qui disparaissent brusquement sous le règne de Louis XVIII 2 .

Donc, en 1789, à mal mettre l'orthographe on ne passait pas pour ignorant, et il est sûr que tous les Constituants, sauf peut-être le père Gérard, avaient été au collège. A quatorze ans, Mirabeau est un excellent élève du pensionnat militaire de l'abbé Choquart, à Paris. Il étonne ses camarades par sa passion pour les langues anciennes, et, dit son fils, « nous avons mille preuves de son infatigable ténacité à cet

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