‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 35 sur 158 · Voir Bibl. nat., Lb 10 /1373, in · texte numérisé non relu

Voir Bibl. nat., Lb 10 /1373, in

blée constituante le 21 mai 1790, sanctionné par le roi le 27 juin.

Il y avait désormais un conseil général de la Commune, formé de 96 notables, de 48 membres du corps municipal et du maire, tous élus. Il y avait aussi un procureur de la Commune et deux substituts.

Ce Conseil élisait, parmi les 48 membres du corps municipal, 16 administrateurs, qui, réunis au maire, formaient le bureau.

Ce qui irritait les patriotes avancés, c'était que la nouvelle Commune se trouvait placé par la loi sous l'inspection et l'autorité du département de Paris.

C'étaitaussi et surtout que la loi nouvelle supprimait les soixantes districts, ces soixante clubs démocratiques, et cela au grand profit, à la grande joie des La Fayette et des Bailly.

Les districts étaient remplacés par 48 sections, purement électorales et judiciaires, sauf qu'elles nommaient chacune 46 commissaires, pour excercer dans chaque arrondissement des fonctions de police conjointement avec le commissaire de police. Elles n'étaient point permanentes : toutefois, 50 citoyens actifs pouvaient demander la convocation d'une section, et 8 sections pouvaient demander la convocation générale de toutes les autres.

De là vint la mauvaise humeur du district des Cordeliers, qui s'opposa autant qu'il put à l'application de la loi nouvelle et entama un conflit obstiné avec le conseil de ville, par ses arrêtés des 28 juin,

1 er , 2 et 3 juillet 1790, tous inspirés ou signés par Danton x .

Mais la suppression des districts n'eut pas les conséquences fâcheuses que redoutaient lesCordeliers et Danton. Quant à la permanence des sections, il arriva qu'en fait l'exception prévue par la loi devint la règle, et c'est précisément des sections que partit le mouvement démocratique qui amena la chute du trône. La tribune cordelière ne fut même pas renversée par la loi qui supprimait les districts. Aussitôt après cette suppression, Danton et ses amis fondèrent la célèbre Société populaire qui s'appela Club des Cordeliers, Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen 2 .

Ce club siégea d'abord dans le couvent de l'église des Cordeliers. Mais la municipalité l'en chassa le 21 mai 1791. Il s'installa alors dans la salle du Musée, rue Dauphine 3 . Ses membres célèbres, outre Danton,

1. Voir Bibl. nat., Lb*°/1373, recueil factice in-8, et Robiquet, Le personnel municipal» p. 320. (On sait que M. Robiquet a rendu jj grand service d'imprimer de nombreux extraits du registre du Conseil de ville.) Voir aussi la Bibliographie de M. Tourneux, 1 IL à l'article Districts.

2 - Voir le Journal du club des Cordeliers, Société des Amis des Droits de l'homme et du citoyen, par Senties et Momoro, 28 juinaoût 1791, Paris, Imp. de Momoro, dix numéros in-8. Bibl. nat., Lc f /2510. — Voir aussi L'Observateur du club des Cordeliers et de la section du Théâtre- Français, Paris, imp. de Momoro, ^91, in-8. Bibl. nat., Lc»/2489.

3. Après avoir quitté le couvent des Cordeliers, le club résida un instant au Jeu de Paume du sieur Bergeron. Mais, dès le 18 mai 1791, il avait loué au sieur Metzinger la salle dite du Musée, rue Dauphine (depuis rue Thion ville, n° 105). On trouvera le bail dans les papiers de Fournier l'Américain (Arch. nat., F 7 , 6304). Les Cordeliers y siégèrent jusqu'à la fermeture de leur c tob, dont nous ignorons la date précise, mais qui ne dut pas

furent Legendre, Marat, Fournier l'Américain, Hébert, Fabre d'Eglantine, Desfieux, Vincent, Anacharsis Cloots, etc. La politique de ce club fut de surveiller minutieusement et de dénoncer les actes des ministres, du département, de la commune, et il symbolisa cette surveillance par un œil gravé en tête de ses arrêtés. Plus démocrates que les Jacobins, les Cordeliers se battirent contre le trône et l'autel, contre la politique constitutionnelle. Ce sont eux qui popularisèrent la devise : Liberté, égalité, fraternité.

Et cependant, il y avait alors si peu de partis tranchés, comme nous l'entendons, que tous les chefs du club des Cordeliers étaient également membres de la Société des Amis de la Constitution. Danton siégea aux Jacobins Saint-Honoré dès le mois de septembre 1790; il fut même, à cette époque, un des commissaires nommés pour faire cesser le schisme de la Société des Amis de la Constitution et du Club de 1789 1 .

être de beaucoup postérieure à l'exécution des Héberlistes. Ajoutons qu'il y eut aussi, en novembre 1790, un « club civique » qui s'assembla dans le même local que les assemblées du district des Cordeliers (Robiquet, Le personnel municipal, p. 549). Ne serait-ce pas le club môme des Cordeliers, en quête d'un local avant d'avoir obtenu provisoirement l'église du couvent ?

\. Camille Desmoulins, Révolutions de France et de Brabanl, t. IV, p. 4 269. La première mention d'un discours de Danton aux Jacobins se trouve dans le Lendemain du 2 avril 1791, à la date du 30 mars. Voir mon recueil, La Société des Jacobins, t. II, p. 221. D'après M. Robinet {Danton homme d'Etat, p. 74), Danton, à. cette époque, aurait aussi fait partie du Club des Bons- Enfants. — Depuis que cette étude a été écrite, M. A. Mathiez, dans son opuscule sur les Origines des cultes révolutionnaires (Paris, 190i, in-8), nous a appris (p. 47) que Danton faisait aussi

DANTON AUX CORDELIEIIS ET AU DÉPARTEMENT i 33

D'après la loi municipale du 21 mai 1790, le maire, le procureur et les substituts (levaient être nommés avant les autres membres de la municipalité.

L'élection du maire eut lieu le 2 août. Bailly fut élu par 12.550 voix. Danton n'eut que 49 voix. Mais il n'était certainement pas candidat. D'autre part, un fait significatif montre bien que, si Bailly était dépopularisé dans la masse de la population, le suffrage censitaire lui était fidèle, même dans les quartiers où dominait la politique avancée : ainsi, dans la section du Théâtre-Français, l'ancien district des Cordeliers, Bailly obtint 478 voix sur 580 votants 1 .

Dans l'élection pour la place de procureur de la Commune, Boullemer de la Martinière fut élu par 3.452 voix sur 6.920 votants. Mais nous ne savons pas combien de suffrages se portèrent sur le nom de Danton. Il semble avoir été plus sérieusement candidat aux postes de premier et second substitut. Dansle premier de ces deux scrutins (5 août), il obtint 193 voix; dans le second (9 août), 197. C'était peu. Gahier de Ger-

partie de la Société du Jeu de Paume de Versailles. Dans la fête commémorative que célébra cette Société, le 20 juin 1790, et dont le procès-verbal existe, on voit que Danton « eut le bonheur de porter le premier toast », et qu'il dit « que, le patriotisme ne devant avoir d'autres bornes que l'Univers, il proposait de boire a sa santé, à la Liberté, au bonheur de l'Univers entier ». 1. Robiquet, Le personnel municipal, p. 338 et 339.

Auiard, Études. — IV. 8

ville fut élu premier substitut par 2.961 voix ; Duport- Dutertre second substitut, par 2.332 4 .

Mais, quelques jours plus tard, Danton fut un des trois notables élus par la section du Théâtre-Français 2 .

Il ne siégea cependant pas à la Commune constitutionnelle.

Par une sorte de souvenir de la dokimasia des Athéniens, le législateur avait décidé que les élus de chaque section seraient ensuite soumis à la censure des autres sections, qui les accepteraient ou les rejetteraient 3 .

Une campagne très vive et très habile fut menée contre Danton. On fit valoir contre lui le décret de prise de corps sous le coup duquel il se trouvait toujours. Plusieurs sections demandèrent même au Comité de constitution si Danton était vraiment éligible *. On le représenta sans doute aux électeurs censitaires comme un démagogue brouillon *, comme Tagent soudoyé et perfide du duc d'Orléans, et les

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