Robiquet, p. 345 et
2. Cette section élut Jolly, Stoupe et Danton. {Ibid., p. 366.)
3. Cette censure des sections eut lieu du 8 au 15 septembre 1790. Voir l'imprimé intitulé : Municipalité de Paris. Conseil de ville. Extrait du registre du Conseil de ville du 7 septembre 1790. Imp. Lottin, s. d., in-4 de 2 pages (Collection de M. Etienne Charavay).
4. Voir la lettre de la section de l'Observatoire à ce sujet. — Tuetey, Répertoire, t. I, n° 3568, et t. II, n° 1832.
5. Depuis longtemps les pamphlets le désignaient comme un « crapuleux personnage, bouillant et emporté, et l'un des enragés à la solde des Jacobins ». {La Société des Jacobins, t. I, p. 101.)
accusations de vénalité durent se donner carrière, d'autant plus qu'on le disait mal entouré, peu scrupuleux dans le choix de ses relations.
Le résultat fut que, seul des 96 notables élus, il fut rejeté par les sections, dont cinq seulement se prononcèrent pour lui x .
La campagne de diflamation menée contre Danton avait influencé même les électeurs de la section du Théâtre-Français. Aussitôt convoqués pour procéder à une nouvelle élection, ils ne songèrent même pas à le réélire et le remplacèrent, le 17 septembre, par Garran de Coulon, que les 47 autres sections admirent par délibérations des 21 et 22 septembre.
Cette défaveur ne fut que passagère, et Danton eut l'esprit de ne pas s'en irriter. Les intrigues injurieuses de ses ennemis eurent au contraire l'effet de lui inspirer une attitude plus calme. On venait
1. Quelles furent ces cinq sections ? Dans le procès- verbal de la séance du Conseil de ville du 18 septembre 1790, nous lisons : « Danton, de la section du Théâtre-Français, a été rejeté à la majorité de 42 sections contre cinq. » Suit la liste des 42 sections qui votèrent contre Danton (Robiquet, p. 373). Si on la compare à la liste des 48 sections, on voit qu'il y aurait eu non pas cinq, mais six sections qui auraient voté pour Danton, à savoir : Postes, Fontaine-Montmorency, Mauconseil, Poissonnière, Invalides, Luxembourg. Mais, dans la liste des 42 sections opposantes, celle de la Fontaine-de-Grenelle est mentionnée deux fois, par erreur. Peut-être la seconde fois, a-t-on fait confusion avec la Fontaine-Montmorency. En ce cas, les cinq sections favorables à Danton seraient les Postes, Mauconseil, Poissonnière, Invalides, Luxembourg. — Quoique les textes que donne M. Robiquet soient très exactement transcrits, nous avons voulu recourir à l'original, qui se trouve à la Bibliothèque nationale. Il nous a été répondu que ce manuscrit avait été prêté au dehors.
d'apprendre à Paris le massacre de Nancy. Loin d'exciter l'indignation populaire, ce prétendu démagogue fit prendre au bataillon des Cordeliers l'arrêté suivant :
« Quelque opinion que nous ayons de la valeur des gardes nationales qui ont eu part à la malheureuse affaire de Nancy, nous ne pouvons manifester d'autre sentiment que la douleur 1 .»
Camille Desmoulins déclare cet arrêté «comparable aux plus beaux monuments que l'antiquité nous ait transmis en ce genre » et il trouve « qu'il fait infiniment honneur à M. Danton ». « C'est la réponse du chancelier L'Hospital à l'éloge qu'on lui demandait de la Saint-Barthélémy : Excidat Ma dies œvo 2 . » Sans aller jusqu'au lyrisme de Camille, avouons que c'est là une preuve que Danton savait déjà modérer sa fougue.
A la suite de son échec électoral, il se fit presque oublier pendant deux mois, ne donna aucun prétexte à de nouvelles attaques et prit le temps de retremper sa popularité. Il la retrempa si bien que, lelO novembre 1790, lui qui ne faisait pas partie de la municipalité, il trouva moyen de paraître à la barre de l'Assemblée comme orateur d'une députation de la Commune de Paris, pour demander le renvoi des ministres.
1. Cet arrêté ne nous est connu que par la citation qu'en fait Camille Desmoulins dans ses Révolutions de France et de Brabant, t. IV, p. 171. Il est sans date. Mais l'affaire de Nancy fut connue à Paris dans les premiers jours de septembre 1790.