‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 37 sur 158 · Révolutions de France et de Brabant, t. IV, p. Mi · texte numérisé non relu

Révolutions de France et de Brabant, t. IV, p. Mi

L'affaire de Nancy avait mis le comble à l'impopularité du ministère. L'opinion parisienne en voulait surtout à Champion de Cicé, ministre de la Justice, à La Tour du Pin, ministre de la Guerre, et à Guignard de Saint-Priest, ministre de l'Intérieur. Le 22 octobre 1790, la section de Mauconseil arrêta de dénoncer les ministres à l'Assemblée nationale et communiqua son arrêté aux autres sections. Le 25, celle de la Bibliothèque arrêta de demander le renvoi de tous les ministres et le rappel de tous les ambassadeurs : elle communiqua son arrêté au roi, à l'Assemblée nationale et aux autres sections. Le 27, la section de Mauconseil apporta au maire de Paris l'adhésion de 14 sections à son arrêté du 22 ; elle demanda la réunion du Conseil général de la Commune pour connaître les dénonciations, les réunir et les remettre à l'Assemblée nationale. Enfin les 48 sections nomment des commissaires qui se réunissent à l'archevêché ; ils élisent Sergent président, Danton et Auchy secrétaires; ils rédigent une adresse, et, par deux fois, sollicitent le maire de venir présider la députa tion qui présentera cette adresse à l'Assemblée nationale. Bailly hésite ; il consulte le Conseil général de la Commune, lequel après un débat assez vif, arrête que te maire « présentera la députation à l'Assemblée nationale * ».

C'est ainsi que Bailly présenta à cette Assemblée « les députés des 48 sections composant la commune

1. Journal des municipalités, octobre et novembre 1790, pp. 55, 64, 70, 71, 107. Bibl. nat., Lc*/262, in-8.

de Paris 4 », et que Danton fut l'orateur de cette députation. C'est lui qui lut l'adresse, dont il était sans doute l'auteur, et où il précisa le rôle de Paris dans la Révolution en termes bien conformes à sa politique future :

« La commune de Paris, dit-il, plus à la portée qu'aucune autre commune d'apprécier la conduite des ministres, cette commune composée de citoyens qui appartiennent en quelque sorte aux 83 départements, jalouse de remplir au gré de tous les bons Français les devoirs de première sentinelle de la Constitution, s'empresse d'apporter un vœu cher à tous les ennemis du despotisme, un vœu qui se serait fait entendre de toutes les parties de la grande famille de l'État, si les sections de l'Empire avaient pu se réunir aussi promptement que celles de Paris. Ce vœu est le renvoi immédiat des ministres 2 . »

Cependant il ne demanda que le renvoi de Champion de Cicé, de Saint-Priest et de la Tour du Pin. Nous ne le suivrons pas dans l'énumération des griefs qu'il articula contre eux. Notons seulement que l'apparition de Danton à la barre produisit un grand effet, que l'abbé Maury l'interrompit violemment et que toute l'Assemblée fut émue. Mais sa voix de stentor domina le tumulte. «M. Danton, dit le Journal des Municipalités 3 , a surmonté, par la force de son organe,

1. Procès-verbal de la Constituante. — Voir le petit discours de Bailly dans le journal de Le Hodey, t. XVII, p. 368.

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