‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 40 sur 158 · Fréron, ap. Bougeart, p · texte numérisé non relu

Fréron, ap. Bougeart, p

ments de mes devoirs envers la patrie : la servir est une dette qui se renouvelle chaque jour et qui s'augmente a mesure que Ton trouve l'occasion de la mieux acquitter. J'ignore si je me fais illusion, mais j'ai l'honneur d'avancer que je ne tromperai pas les espérances de ceux qui ne m'ont point regardé comme incapable d'allier aux élans d'un patriotisme bouillant, sans lequel on ne peut concourir ni à la conquête ni à l'affermissement de la liberté, l'esprit de la modération nécessaire pour goûter les fruits de notre heureuse Révolution. Jaloux d'avoir toujours pour ennemis les derniers partisans du despotisme abattu, je n'aspire point a réduire au silence la calomnie : je n'ai d'autre ambition que de pouvoir ajouter à l'estime des citoyens qui m'ont rendu justice celle des hommes bien intentionnés, que de fausses préventions ne peuvent pas induire pour toujours en erreur. Quels que doivent être le flux et le reflux d'opinion sur ma vie publique, comme je suis convaincu qu'il importe a l'intérêt général que la surveillance sur les fonctionnaires du peuple soit sans borne et son exercice sans danger, même pour ceux qui se permettraient des inculpations aussi fausses que graves, ferme dans mes principes et dans ma conduite, je prends l'engagement de n'opposer à mes détracteurs que mes actions elles-mêmes et de ne me venger qu'en signalant de plus en plus mon attachement à la nation, à la loi et au roi et mon dévouement éternel au maintien de la Constitution. J'ai l'honneur d'être, avec respect, Monsieur le président, votre très humble et très obéissant serviteur.

Danton.

Paris, 1 er février 1791 «.

Cette lettre n'est-elle pas un chef-d'œuvre de tact politique ? Était-il possible de nier avec plus d'esprit qu'on fût démagogue et de repousser la calomnie sans la réveiller ? Mais l'attitude si convenable de

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