La Société des Jacobins, t. III, p
3. Ce n'est que le 26 juin que le duc d'Orléans publia sarenon-
D'où vient donc la méprise des historiographes de Danton, qui font de lui le théoricien et le promoteur de la république en 1791 ?
Elle vient, je pense, de ce qu'ils ont pris pour une profession de foi républicaine les cris de colère qu'il poussa, avec le peuple, à la nouvelle de la fuite du roi.
Aux Jacobins, le 21, il tonna contre La Fayette, qui était présent, le traita de complice de la fuite du roi, rappela son rôle au 18 avril, son adhésion au bicamérisme de Siéyès S lui demanda de quel front il osait venir au club et le somma de donner sa démission de commandant de la garde nationale. La Fayette se déroba en quelques paroles insignifiantes et s'esquiva 2 .
ciation à ses droits éventuels au trône, c'est-à-dire quand il vit bien qu'on ne pensait pas à le faire roi. — Je ne crois pas que Danton songeât au duc d'Orléans. Quant à sa motion, quoique n'étant pas nettement républicaine, elle n'en parut pas moins factieuse, et La Fayette fît arrêter et conduire à la Force des citoyens « pour avoir répété dans les places publiques le môme raisonnement que Danton avait fait aux Jacobins » (Révolutions de Paris, no CU, p. 552).
1. L'abbé Siéyès, à la veille de la fuite à Varennes, avait fait une Déclaration publique où il demandait l'établissement de deux Chambres. Danton le dénonça violemment aux Jacobins, le -0 juin 1791, mais les questions de théorie gouvernementale l'intéressaient si peu qu'il n'opposa à l'abbé Siéyès que des raisons purement littéraires : « 11 y aura toujours, dit- il, unité de lieu, de temps et d'action, et la pièce restera. » (Société des Jacobins, t. II, p. 523, 530 ; Révolutions de Paris, n° Cil, p. 554.).
2. Œlsner. dans sa correspondance, dénonce à ce propos la vénalité de Danton. Il prétend que, ce jour-là, Danton voulait faire, à la barre de la Constituante, la même dénonciation contre La Fayette. Frochot l'en aurait empêché en le menaçant, s'il lo faisait, de révéler que lui, Danton, avait jadis reçu 30.000 livres de Talon, alors qu'il était au service de Mirabeau. On se demande alors pourquoi Frochot n'employa pas le même moyen pour empêcher Danton de parler aux Jacobins contre La Fayette. Ce
C'est plutôt contre La Fayette que contre la royauté que Danton essayait de tourner la colère du peuple, et il semblait suivre, lui aussi et à sa façon, la maxime monarchique que les conseillers du roi sont seuls responsables. Quand, dans cette journée du 21 juin, ses collègues du département se rendirent à la barre de la Constituante, appelés par un décret, il les rejoignit en route, escorté de quatre f usiniers, et, dans le jardin des Tuileries, s'associa aux menaces populaires contre La Fayette en criant de tous ses poumons : « Vous avez raison : vos chefs sont des traîtres et vous trompent î » Le peuple répondit : « Vive Danton ! Danton en triomphe î Vive notre père Danton * ! » Le bruit courut que quelques membres du département le dénoncèrent au Comité des recherches « comme étant à la tête d'une faction formidable et comme ayant tenté de s'emparer des hauteurs de Montmartre 2 ». On répandit aussi, comme on le fera en septembre 1792, que le dictateur demandé par Marat, c'était Danton, et Gorsas, dans son journal, crut devoir mettre Danton lui-même en garde contre les éloges compromettants de Y Ami du peuple 3 .
sont là des fables ridicules. (Voir Luzifer, p. 239.) La môme accusation se trouve dans les Mémoires de La Fayette, t. III, p. 83. On remarquera que je laisse de côté cette question de la vénalité. Il me semble, à première vue, Qu'elle a été suffisamment élucidée par MM. Bougeart et Robinet. Si, chemin faisant, il me vient & ce sujet quelque doute ou quelque aperçu nouveau, je reprendrai la question dans un article à part.