Revue rétrospective, t. V, p
5. Révolutions de France et de Rrabant, n° 86. Danton dira au Tribunal révolutionnaire : « J'étais à la maison de mon beaupère ; on l'investit, on maltraita mon beau-père pour moi » {Notes de Topino-Lebrun, éd. Gliardoillet, p. 19).
Arcis-sur-Aube, co 29 juillet 1791.
Monsieur,
Je croirais manquer à mon patriotisme, si je ne vous prévenais que, le 26 courant, le factieux Danton, administrateur de Paris, est arrivé à Arcis. Le sieur Courtois, son ami, autre factieux, trésorier de notre district, a facilité son départ en allant le chercher à Paris. Danton est logé chez Courtois; les malles les plus précieuses sont déposées chez lui. Le surplus est chez le sieur Recordain, beau-père de Danton. On sait que Danton a quitté Paris parce qu'il est décrété l . Danton, à son arrivée à Arcis, a donné un banquet aux maire, municipaux, président du district, trésorier et autres factieux, pour avoir d'eux le passeport dont il avait besoin, passeport donné sous un autre nom. Les feuilles publiques apprennent que Danton est décrété. On en a même averti M. le commissaire du roi par une lettre particulière, pour qu'il eût à faire arrêter ledit Danton, ce qu'il n'a osé faire, parce que Danton est dans son pays natal, que les factieux ont gagné la populace qui, sous le nom de la liberté, fait journellement des sottises. Il faudrait beaucoup de monde pour faire cette capture. J'estime qu'un détachement de la troupe de Troyes serait très nécessaire. Il conviendrait de faire saisir les malles en dépôt chez Courtois et Recordain. Elles ne peuvent renfermer que des choses qu'il serait bon de connaître. Danton dit qu'on le demande à Paris : on pense qu'il prendra une autre route. Il est pour le moment à Arcis. Je souhaite que mon avertissement vous soit agréable. Je me repose sur votre discrétion : autrement ma vie est en danger.