‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 64 sur 158 · Thermomètre du 16 mai p. 365. Voir l'interrogatoire de · texte numérisé non relu

Thermomètre du 16 mai p. 365. Voir l'interrogatoire de

Le 6 ou le 7 juillet, à la Commune, après que Desmousseaux s'est donné le plaisir d'annoncer la suspension de Petion et de Manuel, et, comme Petion vient d'annoncer qu'il va se rendre à l'Assemblée législative, Danton se lève « et, laissant à M. Desmousseaux des fonctions qu'il a paru n'avoir jamais remplies avec plus déplaisir, il s'écrie: Citoyens, accompagnons 31. le maire à V Assemblée nationale. Au même instant, tous les membres de la Commune sur qui la vertu persécutée a quelque empire se lèvent et servent d'escorte à M. Petion... 1 . »

Voilà tout ce que j'ai pu retrouver sur l'activité de Danton comme substitut du procureur de la Commune. C'est peu de chose. Si nous avions le registre des délibérations du Conseil général, peut-être pourrions-nous ajouter quelques faits à ceux que nous avons relatés. Mais, je le répète, l'assiduité de Manuel et de Desmousseaux ne laissa à Danton que l'honneur de sa fonction. C'est secrètement que s'exerça son influence sur Petion, sur Manuel et sur le Corps muni- Manuel dans le Courrier de Gorsas du 24 mai, p. 272. Cf. Moniteur, réimpr., t. XII, p. 397, 550. L'affaire des Lettres de Mirabeau n'était qu'un prétexte : on lui en voulait à cause de sa fameuse lettre a Louis XVI : Sire, je n'aime point les rois... ; dont on trouvera le texte dans les Révolutions de Paris, n° CXXXIV, p. 221.

1. Courrier de Gorsas du 8 juillet 1792, p. 115. Nous ne connaissons pas la date exacte de cette séance de la Commune.

cipal. C'est surtout aux Jacobins qu'il se montra. Déjà il avait été nommé vice-président de la Société le 1 er janvier 1792, et cette élection indique bien que les formalistes Amis de la Constitution ne tiennent plus l'orateur cordelier pour un méprisable démagogue. Mais on ne l'accepte pas complètement; il n'est pas un des orateurs préférés; on le trouve encore trop violent ; on semble regretter qu'il n'ait pas jeté toute sa gourme, et, le 4 mars 1792, il scandalise les Jacobins par une sortie violente contre la famille royale, qui avait envoyé une souscription en faveur des Suisses de Château-Vieux. « De quel front, dit-il, la famille royale ose-t-elle faire une telle aumône ? Comment oseriez-vous ratifier cette insolence ? » Robespierre rappela Danton aux convenances, tout en rendant hommage à son patriotisme, et la Société passa à Tordre du jour 1 .

A ce moment, là cour a peur de Danton. Est-il vrai que, quand Louis XVI se décida à former un ministère jacobin, il ait songé un instant à confier à Danton le portefeuille de l'intérieur ? C'est peu probable, mais le bruit en courut*.

C'est aussi l'époque où la calomnie s'acharna davantage après lui. Sans doute qu'on l'accusa, avec plus d'insistance que jadis, de vénalité, d'immoralité. Nous ne connaissons pas ces accusations, mais nous savons qu'elles ne furent pas sans effet, que Danton s'en vit

Page 1