‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 67 sur 158 · La Société des Jacobins^ t. IV, p · texte numérisé non relu

La Société des Jacobins^ t. IV, p

du pouvoir exécutif, une pétition, et, quand la volonté souveraine sera ainsi mathématiquement démontrée, quel sera le constitutionnel qui voudra y opposer ses froids raisonnements? Je demande donc que, jusqu'à cette époque, on se conforme en tout à la loi ; que les fédérés ajoutent aux serments qu'elle ordonne celui de ne pas se séparer jusqu'à ce que le vœu ait été manifesté au peuple des 83 départements par une pétition qui le contienne et qu'ils aient reçu, par la même voie, la réponse du souverain *.

Ce programme de révolution légale n'était qu'une chimère, la chimère des hommes d'Etat. Au Champde-Mars, le 14 juillet 1792, on se contenta d'accueillir Louis XVI avec froideur. On le soupçonnait, on se doutait de sa trahison : mais il fallait qu'un coup de théâtre fît éclater l'évidence de cette trahison pour qu'un mouvement décolère nationale se formâtcontre le roi. Ce coup de théâtre, ce sera le manifeste de Brunswick. Danton le prévoit, il se prépare à en diriger les conséquences, il organise d'avance la révolution du 10 août, dont il n'est pas l'auteur, mais où il joua un rôle considérable. C'est ce rôle, tour à tour exagéré et méconnu, qu'il s'agit de mettre eu lumière.

Avril 1893.

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