‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 79 sur 158 · Arch. nat., Ci · texte numérisé non relu

Arch. nat., Ci

avec ses collègues devant l'Assemblée législative pour prêter le serment de maintenir la liberté et l'égalité, il prononça le discours suivant ' :

La nation française, lasse de despotisme, avait fait une révolution; mais, trop généreuse, elle a transigé avec les tyrans. L'expérience lui a prouvé qu'il n'est aucun retour à espérer des anciens oppresseurs du peuple : elle va rentrer dans ses droits... Mais, là où commence l'action de la justice, là doivent cesser les vengeances populaires. Je prends devant l'Assemblée nationale l'engagement de protéger les hommes qui sont dans son enceinte ; je marcherai à leur tête et je réponds d'eux. (Vifs applaudissements.)

Par cette promesse, le nouveau ministre de la justice répondait aux sentiments intimes de l'Assemblée, qui, en le nommant, n'avait certes pas été insensible à l'espérance de se protéger ainsi elle-même contre le peuple victorieux et furieux.

Le 19 août, Danton envoya aux tribunaux une longue et remarquable circulaire, qui est surtout une profession de foi politique :

Dans une place, disait-il, où j'arrive par le suffrage glorieux de la nation, où j'entre par la brèche du château des Tuileries, et lorsque le canon est devenu aussi la dernière raison du peuple, vous me trouverez constamment et invariablement le même président de cette section du Théâtre- Français, qui a tant contribué à la révolution du 14 juillet 1789, sous le nom de district des Gordeliers, et à la révolution du 10 août 1792, sous le nom de section de Marseille. Les tribunaux me trouveront le même homme., dont toutes les pensées n'ont eu pour objet que la liberté politique et

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