‹ Études et leçons sur la récolution françaiseChapitre 91 sur 158 · Moniteur, réimpr., t. XIV, p · texte numérisé non relu

Moniteur, réimpr., t. XIV, p

Faire plébisciter la République, n'était-ce pas tout remettre en question, risquer l'anarchie, la guerre civile ? Danton le sentit, et il prononça le discours suivant :

On semble méconnaître la conséquence du principe que tous avez sagement établi, savoir: que la Constitution serait présentée en masse, en totalité, à l'acceptation du peuple. Si ce principe a été consacré comme le seul conservateur de la liberté, si seul il peut maintenir l'harmonie et nous préserver de tout jugement précipité et peu réfléchi, pourquoi veut-on s'en écarter aujourd'hui ? Parce que, dit on, si vous me connaissez dès à présent le vœu du peuple sur la question de la République, vous risquez de faire un long travail sur une base frêle et chimérique ; objection spécieuse, mais futile ! Songez que la République est déjà sanctionnée par le peuple, par l'armée, par le génie de la liberté qui réprouve tous les rois. (Il s'élève des applaudissements unanimes dans V Assemblée et dans les tribunes.)

Si donc il n'est pas permis de mettre en doute que la France veut être et sera éternellement République, ne nous occupons plus que de faire une Constitution qui soit la conséquence de ce principe; et quand vous l'aurez décrétée, quand par la solennité de ses discussions vous aurez, pour ainsi dire, décrété l'opinion publique, vous aurez une acceptation rapide, et la concordance de toutes les parties de votre gouvernement en garantira la stabilité. (On applaudit.) Attachons-nous à ce principe, que les lois, telles qu'elles soient, doivent être exécutées par provision, comme lois absolues, sous peine d'une anarchie perpétuelle et de la dissolution de la République. C'est d'après ces vérités, les seules conservatrices de l'union avec laquelle nous pouvons être invincibles, que je demande la question préalable sur Ta proposition faite par Camboa '.

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