Arch. nat., AF iv
de l'an XIII, p. 106, la note suivante : « La décoration des membres de cette Légion consiste dans une étoile à cinq rayons doubles, émaillée de bleu. Le centre de l'étoile, entouré d'une couronne de chêne et de laurier, présente d'un côté la tête de l'Empereur, avec cette légende : Napoléon, empereur des Français ; et de l'autre, l'aigle française tenant la foudre, avec cette légende: Honneur et patrie. Elle est en or pour les grands officiers, les commandants et les officiers, et s'appelle la Grande Aigle, et en argent pour les légionnaires, et s'appelle la Petite Aigle. On la porte à une des boutonnières de l'habit, et attachée à un ruban moiré rouge. Les membres de la Légion d'honneur portent toujours leur décoration. L'Empereur seul porte indistinctement l'une ou l'autre. » Par un autre décret (lOpluviôse an XIII), Napoléon institua la « grande décoration ou grand-cordon de la Légion d'honneur », pour une élite de grands officiers, dont le nombre ne pourrait excéder soixante.
Par une mesure non moins illégale, et sans même prendre la peine de libeller un décret, Napoléon avait modifié, dès 1804, ce serment républicain, conçu en termes terroristes, qui donnait à la Légion d'honneur l'aspect d'une institution révolutionnaire. Il en retrancha la promesse de combattre toute entreprise tendant à reproduire les titres et qualités qui étaient l'attribut du régime féodal, et on voit par là qu'il songeait dès lors à établir une nouvelle noblesse.
Le conseiller d'État Rœderer avait protesté, au nom du premier Consul, devant le Corps législatif, contre
l'idée de rétablir une noblesse. Cette protestation n'empêcha pas Napoléon de songer à créer une noblesse, dès qu'il fut empereur, et la première idée qui se manifesta dans ses conseils, ce fut de tirer cette noblesse de la Légion d'honneur, en rendant les titres de cette Légion héréditaires. C'est ce que le sénateur Sémonville proposa, dans ua curieux et détaillé mémoire inédit *. Napoléon n'adopta pas ce projet. Mais il introduisit l'hérédité dans la Légion d'honneur par le décret du 1 er mars 1808, concernant les titres, dont les articles 11 et 12 sont ainsi conçus: « Les membres de la Légion d'honneur et ceux qui, à l'avenir, obtiendront cette distinction porteront le titre de chevalier. Ce titre sera transmissible à la descendance directe et légitime, naturelle ou adoptive, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, de celui qui en aura été revêtu, en se retirant devant l'archi-chancelier de l'Empire, afin d'obtenir à cet eflet nos lettres patentes, et en justifiant d'un revenu net de trois mille francs au moins ».
C'est ainsi que dans la pratique les promesses faites aux républicains du Tribunat et du Corps législatif, au sujet de la Légion d'honneur, furent à peu près toutes violées, et que la plupart des craintes des objections de l'opposition se trouvèrent justifiées par l'événement
Cependant les souvenirs les plus révolutionnaires de la Révolution, si on peut dire, furent invoqués lors