‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 2)Chapitre 5 sur 21 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

ri TABLES TOURNANTES.

fllr n'pond sous l'influence intelligente des doigts imposés. - N'y a-t-il donc rien de surnaturel dans ce? ôvohilioiis? Non. — N'y a-t-il rien de nouveau, de curieux, (rintéressant? Il y a beaucoup de tout cela, et nous sommes encore loin de connaître tous les détails rio la transmission des effets de la volonté du chef de la chaîne dite rm/f^/iétif/ur à la table qui obéit à tous les or(lr(»s. — Que faut-il faire pour le progrès de cette branche de connaissances? Il faut bien obsen^er tout ce qui i)eut se rapporter au cas où, en apparence, la table semble se mouvoir sans contact immédiat, et si, par iwpossiblr, on pouvait soulever et maintenir en l'air une table ou un corps en repos, on pourrait se flatter d'avoir fait la première de toutes les découvertes du siècle. Ne\vton est immortel pour avoir reconnu la pesanteur universelle. Celui qui, sans action mécanique, saurait soustraire un corps à cette pesanteur aurait plus fait encore : il est vrai qu'alors tout croulerait dans la nature; mais qu'importe? Je déclare, malgré tout ce (pi'on peut attendre de la science nouvelle , que je suis pleinement rassuré sur le sort futur des lois de l'uni-

surpris et péniblement affecté de voir des esprits do premier ordre se faire un jeu de défendre tous les préjugés que nos pères avaient secoués avec tant de supériorité. Faut-il que je me confesse vaincu? Soit : je crois à la fois aux démons frappeurs et encaqués dans le bois, aux esprits fluidiques, à l'clme de l'univers, fort à l'étroit dans une planche, à l'éther, à l'électricité, au magnétisme , à tout ce qu'on voudra ; je renonce à toutes les notions scientifiques exactes ; enfin je passe dans le camp ennemi avec armes et bagages. Mais voilà un grand embarras ; dans lequel de ces camps vais-je passer, puisqu'il y a autant de camps que d'auteurs différents? Me voilà en péril d'être tiré à quatre systèmes, ce qui est pis que d'être tiré à quatre chevaux !

Pour parler sérieusement, je dois une mention particulière à l'ouvrage intitulé : Quœrc et inventes, comme tableau fidèle d'expériences exposées dans leur native simplicité. On y verra des esprits ou médiums sans gène qui écrivent en toutes lettres sous un tiroir renversé , et des coups frappés si vigoureusement , que la trace du marteau reste perceptible après le choc. Les réponses mal faites et le merveilleux avortant y sont manifestes. Quant à l'essai de théorie que contient l'ouvrage , elle ne semble pas encore amenée à maturité.

L'auteur d'un autre écrit intitulé : Comment P esprit vient aux tables, lequel , avec raison , n'admet pas les esprits agissants , me semble avoir négligé dans ses explications les effets acoustiques, et avoir trop donné à l'influence morale, dont je reconnais avec lui l'énergique coopération. Il a produit par l'influence morale seule les effets ordinaires du magnétisme et des mani-

(rslalioMH. CoM là un imporlant résultat. On reconnail ICI l;i MH^iiu' piiissiMUT qui, en médecine, produit des luiijirlrs jivcr riinîij^ination jmur auxiliaire i,. L'autpur ilii livre ru ([iH'slion me reproche de lui avoir emprunté ■»a lliroric, qui n'admet pas de causes surnaturelles, et, r^uivaiit son (expression , f/r m'en être noblement fait une I liiius.siirr il tnnn /)ic(i (•?) ! .!(î pourrais bien relever dans lr:i pilles qu'il me consacre quelque chose de peu graneux , ri. nu^'uie, le dirai-je, d'un peu hargneux; je pouirais rel(»ver aussi de sinjj;ulières théories dynami- (pies, mais j'aime mieux reconnaître pleinement le mérile de quelques-unes des vues de M. A. Morin sans .irrepter le reproche du plaij;iat. Il me semble que tous ceux (pli n'admelleut pas les es])rits comme cause des mouvements des tahles doivent se rencontrer en ce qui louche, au c(M('' principal de la question. Je n'hésite donc, pas, sans rancune comme sans amitié, à finir par une? cilalion de M. Morin , en reproduisant quelques lij;nes (ruu(e prolessiou de foi où, après avoir reconnu les ellels ohteuus sur l(»s labh^s et avec les sons, il conliuu(^ ainsi en lermes un peu crus :

«' Si' ne crois pas que les tahles tournent, marchent

TABLES TOUR>-.\NTES. 55

r> Je ne crois pas qu'après avoir eu l'esprit de se débarrasser des entraves du corps humain, une Ame soit assez bête pour se fourrer dans un morceau de bois, et manifester sa présence par des exercices d'équilibre aussi absurdes qu'indignes de la supériorité que s'arroge à juste titre l'intelligence sur la matière.

» Je ne crois pas que si vous avez des parents morts ou des amis qui vous sont chers, — on supposant même qu'ils veuillent ou puissent communiquer avec vous, — ils aient choisi un aussi pauvre moyen de vous parler; car si vous employez le jour à vos affaires personnelles, ils ont au moins la nuit pour vous souffler leurs pensées à l'oreille, ou même pour vous apparaître.

» Les fantômes qui peuplaient les campagnes de nos pères , les revenants qui hantaient les ruines des vieux châteaux, s'ils n'étaient pas plus vrais que ceux des tables, savaient au moins imposer un certain respect.

» Les esprits de notre siècle, si tristement affublés de noyer, d'acajou ou de palissandre , n'inspirent que /lu mépris , et feraient désespérer à jamais d'élever une barrière contre la démagogie de l'ignorance superstitieuse et l'oligarchie détestable de ceux qui voudraient alimenter la superstition pour l'exploiter à leur profit , si l'excès môme du ridicule des esprits ne devait pas leur donner le dernier coup! »

Ces paroles sont rudes : di/nts est hic sermo l Serontelles entendues? Dans tous les cas , la stérilité des vieux prestiges rajeunis en dégoûtera le public à la longue , et les reléguera où ils étaient avant la crise actuelle. Les gens à imagination se trouveront avoir perdu leur temps à courir après des chimères , et les esprits sérieux

]>onrraient bien ?^'oir pf*H'i ]^ leur à démontrer la vanilé des espérances nouvellos, en les jugeant au point de vue des méthcMles rigoureuses d'invesligation qui ont déterminé les progrès de toutes les sciences ayant pour base lobsen'atioD des faits.

là GALVANOPLASTIE SANS LES ARTS ET DANS LA NATURE.

Quod Jieri ferrOf liquidove polest electro.

Virgile.

Les produits de raimantation et da fluide électrique.

( Traduction libr.-. )

Tout le monde connaît dans les Mille et Une Nuits ce roi et son grave conseil qui s'évertuent à pousser à bout la puissance d'une fée complaisante en lui demandant des choses de plus en plus merveilleuses. On peut dire qu*il en est de même de l'industrie humaine avec l'électricité. Cet agent mystérieux, ce génie de la foudre, que les Orientaux regardent, je ne sais pourquoi, comme un génie de très-petite taille, semble avoir outre-passé pour les exigences de l'esprit humain toutes les bornes de là condescendance et même avoir dans chaque occasion donné plus qu'on ne lui demandait.

Dans l'école milésienne de Thaïes, cinq ou six siècles avant notre ère, on savait qu'un morceau d'ambre jaune appelé électron, étant frotté, attirait les corps légers comme l'aimant attire le fer, et depuis Thaïes jusqu'à Descartes , cent théories de ce phénomène furent mises au jour. C'était une assertion de la part du

maître, une croyance aveugle de la part des auditeurs. // Va dit lui-même, a^ros «fa. Tout était fini.

Vers le milieu du xvii* siècle, Otto de Guéricke, l'inventeur de la machine pneumatique, fit aussi une machine électrique au moyen d'un globe de soufre fondu gros comme la tète d'un enfant et monté sur un tour. Ce globe, en tournant, frottait sur un coussin élastique et s'électrisait au point de donner des étincelles pétillantes. Depuis cette époque , on interrogea la nature par l'expérience , et , laissant de côté les stériles théories qui avaient depuis plus de deux mille ans entravé et énervé l'esprit humain , on renonça à deviner les causes des phénomènes , on chercha à constater ce qui était pour en conclure ce qui faisait.

Voyons donc quelles furent les réponses de Tagent électrique, quelle que soit d'ailleurs son essence, aux questions de la science expérimentale.

La foudre est-elle l'électricité? Oui , car avec les batteries électriques de nos cabinets on foudroie les animaux comme ils sont foudroyés par l'action des nuages orageux ; oui , car on peut soutirer l'électricité des nuages, de l'air et du sol pour l'employer comme celle des batteries artificielles. Enfin ces notions conduisent Franklin à l'utile invention du paratonnerre.

Il ôte au ciel la foudre et le sceptre aux tyrans,

comme on le disait dans le langage prétentieux de la iin du dernier siècle. Le physicien Charles fait plusieurs fois taire des orages en envoyant un cerf- volant à fil métallique qui fait écouler en silence le fluide foudroyant. On peut voir au Conservatoire des Arts et Métiers le

ÉLECTRICITÉ OUVRIÈRE. Gl

tabouret vernissé qui supportait le fil du cerf-volant. Ce support en bois est pour ainsi dire grillé par la matière de la foudre qui ruisselait à l'entour en cascade de feu. Je passe mille obsenations des plus curieuses. En voyant l'électricité agir si fortement sur les animaux, sur les plantes et sur Thomme, on lui demande des effets physiologiques : on en obtient par centaines. Sans compter le choc de la bouteille de Leyde et le piquant des étincelles , on reconnaît que toute l'organisation animale pour la sensibilité, le mouvement, les fonctions digestives, les sécrétions , la nutrition, le développement des organes, est sous l'empire de l'électricité de l'être vivant. Et pour ng point faire d'allusions en l'air à vingt volumes qui contiendraient à peine ce que nous savons sur l'électricité organique, je citerai les faits suivants que l'on commence presque à oublier. Lorsque Volta eut inventé l'appareil qui produit sans fin de l'électricité et que Ton appelle pile de Volta , Aldini , neveu de Galvani , lequel avait aperçu les premiers faits qui menèrent Volta à sa grande découverte, essaya l'action de la pile voltaïque sur des animaux tués et sur des hommes suppliciés ou qui avaient succombé à des accidents. Il obtint de remarquables effets. Plus tard , Aldini étant venu à Paris, on répéta en grand plusieurs de ses expériences à l'école vétérinaire d'Alfort près Paris. Là on \it la tète d'un bœuf, détachée du corps et placée sur une table d'amphithéâtre , excitée par le courant électrique, ouvrir les yeux et les rouler en fureur, enfler ses naseaux , secouer ses oreille» comme- si ? animal eût été vivant et se fût préparé au combat. Sur une autre table , les ruades d'un cheval

tué faillirent blesser les assistants et brisèrent les appareils placés auprès de l'animal mort. Plus tard , en Angleterre, des physiologistes achetèrent d'un criminel condamné à mort son propre cadavre (marché usité dans ce pays) pour vérifier les théories électro-animales, et aussi dans l'intention charitable de rappeler le pendu à la vie et de le moraliser ensuite. Le résultat fut terrifiant. Le cadavre ne revint pas à la vie, mais une respiration violente et convulsive fut reproduite , les yeux se rouvrirent, les lèvres s'agitèrent, et la face de l'assassin, n'obéissant plus à aucun instinct directeur, présenta" des aspects de physionomie si étranges, que l'un des assistants s'évanouit d'horreur et resta pendant plusieurs jours frappé d'une véritable obsession morale. LesFusely, les Kean, les Talma, dans leur mimique de criminels de théâtre , n'étaient rien auprès de cette nature désordonnée.

La foudre , l'électricité , mettent parfois le feu aux édifices et aux substances combustibles qui se trouvent sur leur passage. On a donc demandé à l'agent électrique do produire de la chaleur. Voici, entre mille, l'expérience capitale qui a répondu à ces recherches. Soudez des fils métalliques aux deux extrémités d'une pile et rapprochez les deux bouts de ces fils en sorte que l'électricité passe en courant continu d'un fil à l'autre. Alors, si dans la flamme qui entoure ces fils réunis on place un corps quelconque des plus difficiles à fondre, il se résout, en très-peu de temps, en gouttes " Mes. Les métaux réfractaires, les minéraux précédera, infusibles, les terres, les cailloux, rien ne résiste à n d'un tel foyer.

ÉLECTRiorré oi-vrière. 63

la vive et fugitive lumière des éclairs et des étin- \ électriques, on a été conduit à chercher dans récité une illumination constante et utilisable. La «ition précédente, légèrement modifiée, a fourni qu'on n'aurait osé l'espérer. En terminant les fils es aux deux extrémités de la pile par des tiges de 3on, les deux charbons ainsi rapprochés sont entrés une violente ignition; il s'est produit une lumière i insupportable à l'œil que la lumière du soleil , et •bien qualifiée par la désignation d* éclat solaire. ', le monde sait qu'après avoir essayé d'éclairer des âques par cette lumière électrique, on a été obligé renoncer à cause de sa trop grande vivacité, qui blesles yeux. Par ce moyen , on a illuminé la nuit de es ateliers en plein air comme dans le jour, et lu, en cas d'urgence, les travaux possibles sans inlittence. On a pu très-commodément remplacer la ière solaire dans les jours couverts et dans les loca- ( les moins susceptibles d'insolation. Les expériences microscope, autrefois dit exclusivement microscope ire, se sont produites à toute heure et dans tout lo- Plusieurs de nos lecteurs ont été sans doute témoini^ séances curieuses et variées où notre hal)ile opticien loscq fait passer en revue à une nombreuse société quantité immense de faits de chimie, de physique. )tique , d'histoire naturelle , de structure animale et fttale, et même de météorologie et d'astronomie, ime on aurait pu le faire sur l'écran d'un amphithéâtre nôtres closes, et recevant par un réflecteur la lure même d'un soleil brillant, fous sommes encore loin d'en avoir fini avec les mer-

U4 ÉLECTRICITÉ OUVRiisRK.

veilles de la pile voltaïque. Les corps légera-'A en mouvement dans l'antiquité par Ji.^ aucdn. La pBe peut-elle donner du mouvement? Avec Vappareîl ds Vol ta on a dirigé des bateaux. M. Jacobi, sur laNént, avait obtenu d'un appareil électrique une force de i^ sieurs chevaux. Un industriel des environs de SwaiseYf en Angleterre , navigue sur un lac avec un moteur »■ core plus puissant; mais c'est surtout pour des fora» d'une moyenne grandeur que rien ne peut égaler la précision , la régularité, et pour ainsi dire le travail intelligent de l'électricité. Les ateliers de précision de notre excellent artiste M. Froment, qui a si bien souten l'honneur français à l'exposition de Londres en i85i, marchent et s'arrêtent d'eux-mêmes à l'heure fixée d'avance par le directeur du travail ou par un visiteur quelconque. C'est à crier au prodige. Dans une autre sphère des hautes sciences appliquées, on voit, à l'établissement de M. Ville, fonctionner les moteurs électriques comme des auxiliaires ordinaires. Le laboratoire de M. Ville est un modèle des plus grandioses pour l'application de la mécanique, de la physique et delà chimio à l'élude deâ êtres organisés. Ces travaux lui

^■^r^yv.erais de Midas en Asie ou de l'île d'Elbe en Europe? ^Mii. Mais avec un morceau de for aimanté nous vou- ^Inons avoir de Télectricité. En voilà ! Voilà des étincelles, voilà du feu , voilà des courants éloctri([uos, chimiques, physiologiques, télégraphiques, et le tout extrait d'un morceau d'acier aimanté qui avant 1820 semblait occupé par Tarent le plus inerte que l'on pût imaginer : le magnétisme. Maintenant la pierre d'aimant j)0urrait reprendre son antique nom de pierre d'Hercule, 'HpxttXsicç

On a dit encore au courant électrique : Ne pourriezvous pas voyager en courrier, de Paris à Marseille par exemple, sur des fils métalliques? La réponse a été qu'avant qu'on eût fini de prononcer le mot de Marseille, le courant était déjà arrivé à l'extrémité de la France. Il aurait pu faire dans le môme temps doux ou trois fois le tour du monde. Pour avoir l'idée d'une merveille , il suffit de nommer le télégraphe électrique.

Notez que chacune de ces branches de la science de l'électricité est une science, un art, une industrie tout entière. Mesurez à l'utilité seule des sociétés modernes les propriétés de l'agent électrique , à combien de millions les estimerez-vous? Je ne puis assez citer ces belles paroles de Napoléon I", membre de l'Institut, et de ce titre faisant précéder même ses titres militaires : « Les souverains qui m'ont précédé n'ont jamais pu comprendre que dans les siècles modernes le pouvoir de la science fait partie de la science du pouvoir. » Quelle leçon d'économie sociale !

Avons-nous fini avec le domaine de l'électricité travailleuse? Oh! pas encore. La physique reconnaît que

., savoir la galvanopliîslie. Ces arts , que Pou jette leupU: ]X)ur lui apprendre à respeeter la philoso- , sont éminemment ci\ilisaleurs. Sans doute la ie, la littérature, les arts de l'imagination ont beaufait pour l'ennoblissement de la race humaine en mt rintcUigence ; mais si Ion veut être juste , on inaitra que les sciences, qui rendent T homme domiir de la nature, n'ont pas fait moins pour le bienmoral que pour le bien-iHre physique. Les besoins «d, l'intelligence ensuite. Primo im'ere, deinda tophari. Par une heureuse réaction d'ailleurs , la Wphic expérimentale, en augmentant le bien-être riel, permet un nouveau développement des facul- •tionnelles. A ce point de vue, l'industrie puissante leuplcs modernes (»st un énergicpie agent intellec- L'industrie, les arts et la métaphysicpie sont unis la société comme le corps et làmc dans l'homme. la, dira-ton, est-il besoin de connaître les prodes arts et de l'industrie j)our jouir de leurs ré- B? La Bruyère a dit (pie dans les arts mécaniques nvait se dispenser de connaître les procédés fonataux, i)Ourvu qu'on sût se servir ^X^^-'à j)roduits ps. — «Nous ne sommes pas humiliés, dit-il, de ne Oiinaître l'artilice par lequel un ouvrier souvent çdtelligent fabrique la montre qui nous donne si ipdément l'heure à chaque instant du jour, préciit parce que nous savons que cet instrument, fire admirable, est d'un manœuvre peu élevé dans Ile métaphysique. » — Si le premier inventeur eût ibeau raisonnement, le genre humain, clair-semé ^erre, en serait encore à manger des glands et à

G8 ÉLECTRICTTË OITV'BIÈRE.

ïléternTdos racines crues en guerroyant contre k sauva>^('s du plus bas étage et la famine , encoi re<lou table, au lieu do songer à faire avec Télé la jîalvanoplastie , qui dato du milieu du présent et qui pour la Russie , l'Angleterre , la Francf États-Unis d'Amérique forme un des titres à k naissiincc de Thumanité prise collectivement.

Nous avons dit que le courant électrique d( de Volta entraîne avec lui des matières qu'il d( venant se répandre à la surface d'un corps su il arrive et dans lequel il pénètre , en abandon matières métalliques qu'il portait avec lui. M. de Saint-Pétersbourg , eut l'idée ou plutôt le génie de faire entraîner à l'électricité des i comme le cuivre, l'argent, l'or, contenus dans ehinii(iue, et de les faire déposer à grande épais une placiue sculptée ou gravée artistement prendre une empreinte lidèle, un vrai moulag lique. C'est ce qu'on faisait autrefois dans les i (le la fonte des statues , des bas-reliefs , des cloc bombes , des boulets , des balles , et de tous 1

ité de déposer sur un modèle en creux ou en relief couche de métal qui paisiblement, sans feu, sans iCm, sans altération du modèle, prit l'empreinte fidèle .'objet, et de plus formât une masse métallique solide 36 épaisseur considérable et susceptible de repro- 78 par contre-épreuve et en métal aussi solide que du .al fondu la gra^ire , le relief et toutes les finesses Btiques du modèle. Par ce procédé, une planche irée, une médaille , une coupe de Benvenuto Cellini, •«produisent sans autre agent que l'électricité et le ps. Les bronzes antiques ont pour grand mérite leur »reté et le peu d'épaisseur de la couche métallique t Textérieur saillant est la sculpture. Ce mérite est ore plus grand pour les sculptures metallico-électri- 18 de M. Jacobi , produites par l'électricité prenant nétal dans un bain chimique pour le déposer à l'ineur ou à l'extérieur d'un moule quelconque. Ici on exempt de tous les embarras de l'ajustage des pièces l'enveloppe pour les reliefs très-accidentés, comme tous les dangers et accidents du feu. Ce nom de vanoplastie indique la production électrique d'un >tal solide, au moyen de parties déposées paisiblement r l'agent voltaïque. C'est, en un mot, la sculpture, modelage ou moulage électrique.

Presque à la même époque M. Spencer, en Angleterre, ^tenait des résultats moins complets, mais de la même iture. M. Bocquillon, en France , et plus tard M. Maûot, en Amérique, faisaient aussi faire des progrès à t galvanoplastie. L'histoire rétrospective de la science «trouve encore quelques essais de Volta et de Brugna- *lli, qui pouvaient être regardés comme l'aurore du

\i ^foaoor tir !' ■::* ?* rtirJ' :

■ 1''^ i;» Il -TU

ELECniCJTE OOEIERE. 7I

•rnemeot scul]«t€s en ronde bos&e avec ue fabuleuse pc»ur ceux qui n'auraient vécu qu'a- •. Qu'on a(t(K>rte a M. C<:«b]entz un mc«cele en •là Ire. en terre giaist-. ces anr.oiriesa hr^res l'empreinte d'un cachet ou U.ux autre olvot 1 artiiiciei. et il en tirera \e ihi-^imil métalautant de bc-nheur que ce si m j 'licite cu^ riere. en passant que fiar ces mèaîes |n:iie»iés. des s fruit* et même des pièces Gàîîatvmie et des ns d'histoire naturelle ont eîë . qu'on me f»asst' jn. ffiC'unii/îsé* en métal. Au ministère de îa n a uci'uis jicu inslitV.e un atelier pf'ur la nn .^iVflRfipîastique dt-s p]r.nc;.es ce la cùtw • IKiur en rêJuire le prix et en même temps -endrt' ;•l>c^ibles àes corrections et additions : I enlevé au burin la partie défectueuse d'une ahanoplastique. on fient facilement la repros le bain mét<illique et la graver de nouveau. À que la carte des environs ce Londres et de nitit-n Indintii^Vf qui monte à trois millions st cfintinuellement mise a jour par ce procéda t empiC've à New-York en Amérique, ns maintenant notre grand hôtel des Monnaies s le ^J1ien«iide atelier de M. Hulot. Là des pili> artislement et scientifiquement établies, travée ur.e intensité et une rapidité me^^■eilleuses. du cuivre daussi bonne ijualité que les profontes de pn^mier ordre. C'est f^r cent mille 'il fiiui Compter le prix de ce le belle installait les [«rciduits sont des objets d'art qui ont avec avantage à l'ExjiCiSition de Londres. C

sont des médailles reproduites en toutes sortes de métaux et même d'alliages. Ce sont des timbres-postes fabriqués par dizaines de millions en un petit nombre de semaines. Ce sont des cartes à jouer d'un relief étonnant , des reproductions galvanoplasliques do statuettes d'un fini précieux , à côté des gravures électriques des billets de banque dès lors incontrcfaisables. Plusieurs planches gravées , d'un art sans égal , reproduisent toutes les tailles, toutes les finesses de la gravure primitive, que celle-ci soit sur cuivre ou sur acier, et cela sans la moindre crainte d'endommager l'original, souvent unique , dont la galvanoplastie opère la reproduction. Quant à la quantité de science d'observation mécanique, métallurgique, physique et chimique emmagasinée dans cet atelier scientifique et artistique de M. Ilulot, il faudrait un volume pour en donner une idée , sans compter les procédés exclusifs , fruits d'une observation persévérante, qui n'ont point encore été présentés à l'Académie des Sciences et mis dans le domaine commun de la pratique industrielle. La remarque faite dans cet atelier, qu'à une température trop basse le dépôt métallique se ralentissait fort , avait conduit à employer une étuve pour accélérer le travail et obvier aux inconvénients de la saison froide. C'est le même procédé qui depuis a si bien réussi à M. Mathiot en Amérique , et dont les journaux américains ont fait un si grand éloge , ignorant que ce procédé était déjà «» usage en France.

La galvanoplastie est donc à la fois une science, uiart, une industrie. Elle est à la sculpture et à la g* vure ce que la photographie est à la peinture. Poiff

suppléer par le dessin à la moindre épreuve photu2raphique, il faudrait des années entières et un art audessus de Vhumanité. De même , pour reproduire autrement que par la galvanoplastie une statuette ou un basrelief avec la précision et la fidélité de lagent électrique. il faudrait plus que le talent d'un artiste de premier ordre.

Terminons par la gah'anoplastie de la nature, et l'un verra les forces naturelles travailler avec un art riv»! des opérations industrielles.

D'abord le globe entier, avec son atmosphère magnetique, ses continents solides, son noyau intérieur en liision ignée, et les réactions électriques qui en sont la guite, est une véritable machine ou pile électrique. ayant des courants diriges de Test à l'ouest . ainsi qutf l'indique son action sur Taiguille des boussoles, qu'il dirige nord et sud. Ces courants circulent incessamment aous le sol et traversent toutes les matières dont la croûte de la terre est composée, en se frayant unr route dont la direction et surtout la quantité de fluidu dépendent de Tétat et de la décomposition du sol. Q*s courants électriques, quelque faibles qu'ils puissent être, entraînent à la longue les parties métalliques du sol , ei les charrient jusqu'au premier obstacle ou affaiblissement qu'ils rencontrent. Là ils les abandonnent, et là 88 forme un vrai dépôt ou filon métallique. Ce dépôt I lieu principalement dans les grandes fissures ou cns \ du sol remplies par les débris qui sv sont eni en tombant au fond ou par la lave qui y a remonte

en foisonnant du noyau intérieur. Ce sont ces dépôts

que le mineur exploite par des galeries souterraines

conduites au milieu de la partie du sol imprégnée de substances métalliques , soit à l'état natif et pur comme Tor et le mercure , soit à l'état oxydé ou terreux comme le fer, le cuivre, le zinc, etc. Une belle expérience, due primitivement, je pense, à M. Cross, met cette analogie dans tout son jour. On place sur une plateforme une grande masse de terre glaise humide , à laquelle on mélange des particules métalliques quelconques dans un état très-divisé et sous forme terreuse d'oxyde métallique. On partage la terre glaise en deux au moyen d'un instrument tranchant, comme la lame d'un grand couteau ou d'un sabre; on rapproché ensuite jusqu'au contact ces deux portions momentanément séparées. Alors, en faisant passer l'électricité au travers de la masse totale , il se fait dans la fente , dont les parois ont été rapprochées, un dépôt métallique, un petit filon en miniature qui nous donne le secret des dépôts métalliques de la nature opérés dans les vastes crevasses des terrains primitifs et secondaires. Tout le monde sait que M. Becquerel a traité par l'électricité des terrains argentifères de France et des pays étrangers ; et la question de l'extraction électrique du métal précieux par un courant voltaïque qui l'entraîne est complètement résolue au point de vue scientifique. Il reste à considérer le point de vue économique. Je me souviens parfaitement d'avoir vu d'énormes lingots formés d'argent retiré ainsi de terres métallifères. Cet argent était d'une pureté absolue. La nature a donc sa galvanoplastie intérieure comme elle a, suivant un cristallographe ancien, sa géométrie souterraine. Natiira gcometriam excrcet in visceribus terrœ.

ÉLEcrniciTÉ OUVRIÈRE. 75

n n'est pas très-facile de se figurer comment cet agent si peu matériel , savoir le courant électrique , peut entraîner les particules métalliques pour les abandonner quand un obstacle ou un affaiblissement quelconque lui ôte la force de les porter plus loin. C'est ainsi qu'un torrent qui roule avec ses eaux des pierres et des sables infertiles les dépose dans la plaine où sa fougue vient expirer. C'est ainsi qu'en trouvant un obstacle à franchir, un loup qui emporte un mouton ou un lion qui emporte un bœuf sont forcés de lâcher leur proie. De quelque manière que la chose se fasse , on observe dans les expériences de physique de nombreux transports de matière qui suivent le courant électrique. Ainsi, en faisant communiquer deux vases à demi pleins d'eau par un simple fil mouillé et conduisant l'électricité par ce fil, on voit l'un des vases se remplir aux dépens de l'autre , qui se vide par une action mystérieuse. On peut encore transporter la salure d'un vase dans un autre, et môme faire passer au travers d'une substance, sans qu'il s'exerce aucune action , un corps qui , s'il n'était conduit par l'électricité, réagirait violemment sur cette substance. Tout l'admirable mécanisme de la nutrition , des sécrétions , de la digestion dans les corps vivants , est fondé sur des transports électriques , et cela est tellement vrai , que, dans les animaux dont les nerfs allant à l'estomac ont été coupés , on rétablit la digestion en remplaçant la portion do nerf qui manque par un fil ou une lame métallique qui rétablit la communication électrique. On a dit depuis que la puissance créatrice montrait principalement sa grandeur dans les plus petits objets do la nature. Pour ceux qui savent observer, quoi de plus

76 ÉLECTRICITÉ OU\*RIÈRE.

merveilleux que ces actions silencieuses qui vont à leur but sans effort, sans résistance, sans choc, qui font naître, développent, nourrissent, préservent l'être vivant, tandis que, quand l'homme veut commander aux éléments en les opposant les uns aux autres, le feu, l'eau, le vent, la vapeur, les marteaux, les leviers sifflent, grondent, bruissent de mille manières, et retentissent inharmonieusement , toujours prêts à se soustraire à l'empire de l'intelligence , qui semble les faire obéir malgré eux !

Si Ton implante dans la terre, à une certaine distance l'une de l'autre, deux larges plaques métalliques unies par un long fil métallique porté dans l'air , ce fil est parcouru par un courant presque continuel. S'il existe dans le sol des courants emportant avec eux des principes quelconques , on peut espérer qu'ils se déposeront sur la plaque métallique où ils entrent ; c'est ce qu'on n'a point encore expérimenté. Comme les courants du globe terrestre vont de l'est à l'ouest , c'est dans cette direction qu'il faudrait établir les deux plaques conductrices de l'électricité. Par suite , on pourrait présumer que les dépôts métalliques de la nature ont dû principalement se faire le long des chaînes de montagnes ou des fissures du sol dirigées du nord au sud , et qui barraient le passage aux courants électriques dirigés de l'est à l'ouest. Telle est en effet la chaîne aurifère de l'Oural, qui sépare l'Europe de l'Asie. Avec un peu de bonne volonté, on pourrait en dire autant des montagnes de la Californie et de l'Australie; mais les observations nous manquent encore ^our conclure rien de précis sur ces grands phénomè-

nés. En attendant, répétons toujours qu'il faut savoir ignorer, au moins provisoirement.

Dans la galvanoplastie de la nature, on se demande d'où peuvent provenir ces métaux, cet or natif que contiennent les terrains et les filons en masses considérables. On cite des pépites d'or d'une valeur de plus de cent mille francs ; la nature a-t-elle produit par une espèce de création le métal précieux? Non. Matériellement , rien ne nait ni ne périt. Toutes les grandes forces de la nature , les forces mécaniques , les forces physiques , les forces chimiques et les forces végétale^: ou physiologiques, qui dominent le monde entier, ne peuvent ni détruire ni créer un gramme de substance ; mais ces forces peuvent rendre mobiles , réunir , condenser des particules métalliques disséminées dans le sol et les galvanoplastiscr en un morceau d*or pur ou pépite. Reste à constater l'existence de l'or dans le terrain , et spécialement dans les environs de Paris : c'est ce qu'a fait M. Sage , professeur de chimie à la Monnaie. Les arbres, les arbustes et notamment la vigne prennent dans le sol des sucs nutritifs qui s'incorporent à leur tige et à leur écorce. En brûlant des sarments do vigne, toute la partie charbonneuse disparaît, et il ne reste qu'un petit résidu de cendres. En rassemblant une quantité suffisante de ces cendres , que Ton traite ensuite par les réactifs chimiques, on en tire une petite quantité d'or. Cet or existait donc dans le sol qui nourrissait les plantes. Par ce procédé, M. Sage en avait réuni assez pour en faire frapper quatre ou cinq pièces de ao francs. On remarquera que cette belle expérience scientifique n'était , comme opération industrielle . au-

cunement avantageuse. Je crois me souvenir que le prix de fabrication , en comptant tout , s'élevait pour chaque pièce à 100 ou i25 francs. Ainsi la dépense était quatre ou cinq fois la valeur produite. Ceci rappelle un axiome qui a cours dans l'Amérique espagnole : « Le premier qui exploite une mine d'argent y perd sa fortune ; si c'est une mine d'or, il meurt à l'hôpital. »

La galvanoplastie , née d'hier parmi les sciences électriques , va de jour en jour augmentant son domaine théorique et pratique. La science, complète aujourd'hui, cesse de l'être demain. Qu'auraient dit tous les artistes d'avant 1840, si on leur eût montré une statue de bronze obtenue à froid et avec des finesses de modelé incroyables? Us n'y auraient pas cru. C'est ce qui est arrivé pour les premières médailles galvanoplastiques : on refusait net d'y voir autre chose que des pièces coulées au feu. Dans cet exposé de. quelques effets de l'électricité , nous n'avons pas même indiqué les aurores boréales et les courants électriques du soleil et de la lune , qui sont sensibles à l'aiguille aimantée. D'autres phénomènes d'électricité ont aussi été observés sur les planètes. Ainsi notre tableau est bien incomplet encore, et pourtant, il y a deux siècles, le nom môme de cette vaste science, à la fois rationnelle et industrielle, n'existait pas! Veut-on entrevoir pourquoi le domaine de l'électricité est si vaste? C'est que, par ses propriétés mécaniques, physiques, chimiques et physiologiques , l'agent électrique règne en réalité sur la nature entière.

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