‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 2)Chapitre 6 sur 21 · LES CLIMATS DU NORD · texte numérisé non relu

LES CLIMATS DU NORD

Pour désigner une conversation ennuyeuse , on dit souv^t qu'il n*y a été question que de la pliiie et du beau temps. En France, où Tinstinct, le génie de la sociabilité a pris un si noble développement , d'où vient cette espèce d'anathème contre la météorologie , cette ' I^iysique de la nature dont les lois régissent en défmiiÎTe les productions du sol , la multiplication des animaux utiles, enfin dont les influences reconnues ou occultes apportent à l'homme ou la souffrance ou la santé, sans compter l'agrément ou la tristesse? C'est le climat de chaque contrée qui permet ou qui arrête le développement de la race humaine , qui , joint à Tindustrie des' populations, pose les limites à la force numérique des habitants de chaque district météorologiqiie, et qui fait subsister quatre millions d'hommes dans la riche Belgique, dont le territoire n'est qu'une

(t) TtmpeU in Siheria; by S.-S. Hill, escit 2 vol. in-S». .London, 1854.

petite fraction du territoire de la France , tandis que la Sibérie peut à peine nourrir la moitié de ce nombre avec une étendue qui est vingt-six fois celle de notre pays. En suivant M. Hill dans sa traversée de Saint- Pétersbourg au Kamtchatka, nous ferons une étude de physique terrestre qui nous présentera le climat dominant l'homme , et la géographie forcément liée à la météorologie.

Le domaine de ces deux sciences s'est prodigieusement étendu depuis quelques années , grâce à l'initiative prise par M. de Humboldt, qui a su voir et enseigner à voir. La lecture des voyages exécutés par des observateurs compétents fournit un grand nombre de résultats que la théorie se propose ensuite d'expliquer, en sorte qu'on y étudie avec agrément les grandes lois de la nature dans leurs applications aux diverses con- . trées , en évitant l'aridité de la science abstraite. Je ne crains pas d'affirmer que de toutes les sciences descriptives la plus attrayante est la géographie , quand on y joint comme aujourd'hui des notions sur la population, l'industrie, la vie civile, les mœurs, les langues, les religions , les progrès ou le dépérissement des peuples. Il va sans dire que la climatologie de chaque contrée , — ainsi que sa constitution géologique , ses terrains , ses rivières , ses montagnes , — fait partie* de sa description en y comprenant même les restes fossiles des animaux qui ont précédé l'ère actuelle. Si l'on joint à ces données les cartes géographiques, les voyages, la discussion des relations diverses, l'histoire des découvertes des Eujropéens , qui n'ont point encore aujourd'hui exploré le globe entier, on trouvera un champ

aussi \'aste qu'attrayant pour cette science, que plunenrs personnes semblent regarder comme un jeu dt» mémoire pour les enfants, et qui ombrasse au contraire dans leurs applications presque toutes les lois que le génie de l'homme a pu arracher au secret do la nature.

Tandis que dans les contrées équatorialos la mo nbonde sous les feux d'un soleil sans ombre et avec les plaies périodiques, les climats du nord sont, suivant Tespression romaine , privés du feu et de Prau par la faiblesse des rayons d'un soleil oblique et par la congélation presque constante du fluide qui est la sévo do ht nature. Cependant ces hivers presque jM^rmanents no rendent point tout à fait désertes ces régions moins favorisées , et sans parler des phoques et des morses do k mer Glaciale qui entoure le pôle nord d'une étroite bande maritime, les deux grands océans, dans leur partie septentrionale, sont peuplés par la race gigantesque des baleines et des cachalots, dont la vie. suivant rofûnion de Buiïon , doit être de dix siècles et au delà . tandis que d'après l'image pittoresque de Lacépède . si r<m dressait une grande baleine à côté des tours do Notre-Dame de Paris , il faudrait hausser ces tours do cent pieds pour atteindre à 1 extrémité supérieure do l'immense habitant des mers polaires.

Les nombreuses expéditions envoyées par le commerce à la pèche de la baleine et la découverte récente du passage au nord nous ont fait connaître assez bien toute la mer Glaciale. De toutes les terres arctiques, la Sibérie , — quoique soumise au gouvernement régulier d'une nation européenne , la Russie , — est celle

84 tA StBÉKie ET LES CLT3fATS I»tT ?T0BD;

que les voyagpurs vî&itent le moins souvent et dont il noua arrive les relations les m oins fréquentes. M. Hill est probablement le dernier des rares voyageurs que Fin- Rlinct irrésistible de voir ce qu'on ne voil pas ordinairement a poussés au travers de tout le continent Bsialique (îu nord, en partant de Saint-Pétersbourg et de Moscou pour arriver de l'autre côté ^ à Okhotsk et à Pétropaulosk ^ sur les rivages de i océan Pacifique. En même temps qu'il a vu ce pays autrement que dans Iffi b*5telteries, il a noté plusieurs circonstances Importantes relatives aux espèces végétales et animales qui peuplent la Sibérie, et aux influences des saisons qui se réduisent à peu près k un dégel de quelques mois, mémo dans les parties qui, comparées à TEurope et i^i tuées à pareille latitude , sembleraient nourrir de nombreuses populations. Le nord de la Siliérie est trop voisin du pôle ^ le sud est perdu dans des montagnes qui en excluent les vents du midi , tandis que les vente chauds de l'ouest sont arrêtés par la chaîne de POural. Tout contribue ainsi k détériorer le climat de cette (riste région, dont la plus grande partie n'admet que des hordes errantes ^ aussi misérables que clair-isemëcs

méroDS les diversos contrées de l'ancien et du nouveau monde qui viennent aboutir vers le pôle arctique, Si , en quittant Paris ou Londres , on marche toujours directement au nord , on arrive bientôt aux rivages de la mer dite mer du Nord , et de là jusqu'au pôle on ne retrouve plus aucune terre. Cette partie de l'Europe est la seule qui ait autant de mer au-dessus d'elle. Au nord et à droite s'étendent la Norwége, la Suède , la Laponie et l'extrême Russie d'Europe, limitée aujourd'hui à la chaîne des monts Ourals, anciennement monts Riphées , qui se dirigent du sud au nord de la mer Caspienne à la mer Glaciale. Sur cette même mer Glaciale, une immense région , la Sibérie , ou Russie asiatique , verse par de vastes embouchures des fleuves nombreux qui vont prendre leur source à des latitudes moins élevées que celle de la Belgique. Une chaîne continue de montagnes , celle de l'Altaï et de ses prolongements vers Test, borne la Sibérie au sud et la sépare du territoire chinois ; enfin cette terre atteint à l'orient le détroit et la mer de Behring on se repliant par la grande presqu'île du Kamtchatka. Pour terminer le contour du monde arctique, on suivra l'Amérique russe, qui a aussi la mer Glaciale au-dessus d'elle, le Canada anglais, situé de même, enfin le Groenland , séparé do l'Amérique par un large bras de» mer, et que souvent on a compris dans la liste des contrées européennes. On peut remarquer que l'empire russe occupe bien plus d(; la moitié du contour entier de la terre , et que, comme on l'avait dit autrefois de l'empire espagnol , le soleil ne se couche jamais pour lui. L'empire britannique peut prétendre aujourd'hui à la même distinction ; mais ce

({ui est parliculier à l'empire russe , c*est la continuité (le son territoire,

Où le milieu du jour arrive d'un côté, Tandis que minuit sonne à l'autre extrémité,

ainsi qu'on l'écrivait récemment. La Sibérie, à peu près aussi vaste que l'Europe entière , fait à elle seule au moins la moitié de la portion nord des continents de l'ancien monde et du nouveau, situés à la même latitude qu'elle; mais pour toutes ces régions également boréales , les influences météorologiques établissent des climats bien divers , et dont l'étude offre de curieuses particularités.

Remarquons d'abord que pour toutes les latitudes ôî^ales à celles de l'Europe et même un peu plus méridionales, le vent dominant est le vent d'ouest, qui apporte à l'Europe l'air chaud de l'Atlantique du nord. Tout le monde sait aujourd'hui que les courants des mers équatoriales , qui poussent incessamment les eaux chaudes des tropiques contre les rives du Mexique, occasionnent un contre-courant dirigé des États-Unis vers l'Europe , (jui remplit d'eau tiède toute cette partie do l'Océan que traversent maintenant en peu de jours les puissants navires à vapeur de l'Union américaine, (le l'Angleterre et de la France.. L'air qui nous arrive constamment de l ouest est donc exceptionnellement chaud , et il donne à notre Europe ce climat unique qui permet do cultiver l'orge et quelques céréales jusqu'au cap Nord , tandis que le Groenland, privé de ces haleines bienfaisantes , ne dégèle jamais, quoiqu'il atteigne presque les latitudes du nord de l'Ecosse. Veuiron un autre

împle? La belle, riche et savante ville de Boston, K, États-Unis , est à la même latitude où les oliviers it cultivés en Espagne. Elle éprouve cependant des ers qui , sur les étangs et les petits lacs d'alentour, it pénétrer la glace à i mètre de profondeur. Plus à iiest et presque dans le voisinage, les cinq grands lacs léricains, véritables mers d'eau douce, gèlent proidément et portent l'hiver des chemins de fer improéSy comme ils portent des vaisseaux jHîndant Tété. .elle triste production que la glace auprès des vins des huiles d'olive que le beau climat de Bordeaux et l'Espagne fournit aux cultivateurs indolents 1 Eh bien, 3tivité intelligente du citoyen des États-Unis a transmé cette glace môme en une vraie récolte qui s'exrte dans l'Inde et dans les régions tropicales à un LZ sans doute bien supérieur à ce que les Asturies irent de leurs oliviers. Que ne peut l'industrie améaine? Un homme d'État du temps de l'Empire disait lisamment des habitants de Genève : « Quand vous yez un Genevois se jeter par la fenêtre , jetez-vous-y it de suite après lui , il y a encore cent pour cent à gner. » La république de trente millions d'âmes a- »lle sous le rapport utilitaire beaucoup à envier à la [Niblique de trente mille âmes (défalcation faite des nexes catholiques)? Tout en admirant ces prodiges navigation et de commerce , il va sans dire que je entends point comparer ces articles cV exportation emquetés dans la sciure de bois , les feuilles de maïs et ) canne à sucre, et des planches artistement jointes, ec ceux de nos vignobles, de nos mûriers, de nos bres fruitiers et de nos marais salants , que le monde

entier du pôle à Téquateur recherche et consomme , sans songer aux circonstances météorologiques auxquelles ils doivent leur existence. En faisant connaître à mes lecteurs mes cartes homalographiques, je mettrai sous leurs yeux le tableau des lignes d'égale chaleur et pour ainsi dire d'égal climat que M. de Humboldt a tracées sur le globe , en y joignant les limites des cultures qui en sont la suite. J'emprunte aux travaux de cet illustre savant cette remarque intéressante pour la France: c'est que vers le milieu de notre pays se trouve le point de plus beau climat du monde entier, en sorte que si vers l'orient du méridien de Paris, on choisit une localité déterminée , toute autre localité quelconque dans le monde entier, à pareille latitude , aura un climat moins favorable. La nature a donc fait beaucoup pour la France; il reste à la France à faire beaucoup pour elle-même! Aide-toi, le ciel f aidera. Marchons sous les auspices encourageants de la science et de l'industrie , mais surtout sous les auspices de l'activité I Tout le monde connaît les anathèmes de Napoléon contre le maladetto far niente.

Le courant atlantique d'eau chaude qui revient de Terre-Neuve à l'Angleterre pour redescendre vers les côtes d'Afrique, et reprendre ensuite le chemin des côtes du Mexique et revenir encore vers les côtes d'Europe (circuit qu'il accomplit environ en trois ans et demi), ce courant, disons-nous, envoie une branche dérivée qui longe la Norwége, et, dépassant le cap Nord , vase perdre dans la mer Glaciale. Ce courant que la carte de M. Duperrey, qui fait loi en cette matière, prolonge au-dessus de la Laponie , de la Russie d'Europe et de la

Sibérie jusqu'au détroit de Behring, que devient-il plus loin? Continue-t-il son circuit par les mers glaciales au- . dessus de l'Amérique russe, du Canada anglais, que depuis quelques mois nous savons être séparé de toute terre polaire, ou bien descend-il vers le sud par le détroit de Behring? C'est peut-être partiellement l'un et l'autre. Avant la découverte des Anglais sur la communication entre les eaux de la mer arctique américaine de l'est et les eaux de la mer à l'ouest, j'avais prié M. Jacobi de . Saint-Pétersbourg , l'inventeur de la galvanoplastie , et que l'Institut de France regrette de ne pas encore compter parmi ses membres , d'obtenir de son souverain que des tronçons d'arbres marqués convenablement fussent jetés à l'ouest de la communication cherchée pour être transportés à l'est au travers des glaces et même sous les glaces, et établir l'existence do cette communication , ce que ne peuvent faire les bouteilles flottantes ordinaires, beaucoup trop fragiles pour se frayer un chemin au travers des glaces ou au-dessous des champs de glaces polaires. L'essai reste à faire , et sans doute il sera mis en pratique maintenant par la marine anglaise ou par celle des États-Unis , devenues l'une et l'autre depuis quelques années liautement scientifiques [higJdy scienîific). Nous dirons en passant que la Russie semblait désignée pour cette tâche par des antécédents que la France ni l'Angleterre ne sauraient oublier, car il n'est pas un homme de science dans ces deux pays qui , tout en combattant nationcdement de tout son pouvoir l'empereur Nicolas, ne regrette de voir un ennemi dans le fondateur de l'observatoire de Poulkova et dans le protecteur scientifique de Struve, de Kuppfer et de Jacobi !

ri^n tm-

LA SIBÛIE ET LES OJMAT? DU >OcD.

des sources des mille aâlu-rits de cts icini-rLi^ri f-r'--.-.qui rivalisent avec le Misëi»!j:. lAziJiiLe. .«.TvLiiru. oa le Saint-Laurent, lesipie.'.-?? j^:.es ":.au:rS ï.;r-: -rerilîsées par leur conâ^^uràtion m-intu-riir? et > -r jrinô.élévation, où se trouve la liîiere :er:.le :.:. pi-rra/. nourrir tant d'habitants^ Je ne la v:.* l1 c'r.rz ". ?? p:; ■.lations urbaines ni chez les ininc»?s ;eMj".a:-î -ie cul:.- Tateursrusèes. tartares ou mon^'.li. «lii Le jeu: rie:-, compter La population des •iistriots «les minr^. .j-u: :•::.■ la principale nchesêe Je la S:Ler!e. et sans .'.^v.^^.^.-s • a dit que la Ruàsie en aI/aL-i-:rae:a:t Lien:!: '.a ï*:u. nineté. En réduisant docc â de^ix mi" 1: .-r.f a .: f '.Jis ! ! popolation de la Sibérie a\^z >?* ^ci-Tajl'hi ::ân.:ù.r. ^on sera encore, je pense. jIiiM: ai-i'>SîUs .pâu-:e-loos de la réalité: encore fauàra-:-:! a.:n*et*re. de:u> Tesploration de Gmelin et de ses comt^^-n.ns. mu \ r- grés que rien n'indique avoir eu lieu, surti.ut dej-uis !j diminution des produits de la c liasse aux rjurrirv-s. :•:: . comme au Canada, a coïncide avec lactlviiè d*:-?ir:' tive des cbasèeurs modernes.

n est donc bien établi que les vents d ouest . .jui ï«:::t les Tenta dominants p<jur toute rEur:r<^. âp;<rten: su: celte partie du monde la chaleur et IhuiLi'iite de 1 Atlantique du nord. La chaleur nous donne le climat ia-«.rable dont nous venons de parler, et l'humidité, qui ?e dépose à chaque barrière élevée iipje franchit le \enî . produit Tarrosement européen, l'un des plus a^.anta- : du globe après celui du bassin du Mississipi et du î, qu'on estime pouvoir nourrir aisément deux cnts millions d'habitants. L'Euro^>o en compte a (eu frà deux cent cinquante millions.

Le même contre-courant d'eau chaude qui remplît le bassin de l'Atlantique du nord se produit également dans le Pacifique septentrional , mais il remonte beaucoup moins haut, d'après la configuration des côtes d'Asie et d'Amérique. Cependant , à la faveur du vent d'ouest, il donne à l'Orégon et à la Californie un cHmat qui rivalise avec celui de l'Europe, et il entretient dans la Colombie une végétation forestière sans pareille dans le monde entier. Ce vent d'ouest verse sur rAmérigue anglaise ces prodigieuses masses d'eau qui alimentent les fleuves qui vont à la mer Glaciale et les lacs sans nombre et presque sans limites qui couvrent cette partie du globe. Ce courant d'air, passant au-dessous de l'Amérique et de la Sibérie orientale , laisse ces deux régions sous l'influence prédominante du vent de nordest, qui est d'une froideur désastreuse, et, pendant le calme, sous l'influence non moins révère du rayonnement vers les espaces célestes. D'après une remarque de M. Hill , dans les froids intenses de 40 à 5o degrés Réaumur, c'est le vent de la mer Glaciale qui tempère un peu cet épouvantable climat.

Au début du voyage de M. Hill , nous sommes à Nîjney-Novogorod , entre Moscou et la frontière de Sibérie, sur le Volga, cette grande artère de la Russie, comme le Danube est celle de l'Europe au sud-est. Nous pottvons ainsi faire connaissance non -seulement avec ks populations sibériennes qu'attire la foire de Nijney, mais avec la plupart des races de l'Europe et de l'Asie. Chaque année , au milieu d'août , Nijney devient un point dB réunion pour trois cent mille étrangers, arrivant par eaux, par des bêtes de trait, par des caravanes

de cliamc turiers d< mines ci ( et la soie chevaux ( avec les Perse. To jamais di Les vais£ meaux de tures ou chevaux ; Bés rhive calités vc grès de t tetransj ^ions (

de toutef ^'idolâtre

jurs reli

X^ ^-olga^

JJ& di

3=»as

^ lA StBÉAlE rr LES CLlllAlS Ht? ^TDAD.

OoiIt le Volga, rOiiral au sud , avec la Neva, îa ïhsm H la Pelchora au nord , représenlent à peu prè^ tout et qoe rechange entre ralmosphére de [a mer et TatiDfr iiphère de la terre fourni i d'eau excédante à cHie parlii du continent. Dans les produits commerciaux que wroil la navigation du Voïga , nous avons oublié ceoi à h mer Noire » qui passent par un petit trajet du Du au Volga, Aussi les Grecs et les Turcs sont à la foin de NôTogorod en aussi g^rande quantité que les autifs nations limitrop»!ies de la Bossie,

■Te ferai graee ao lecteur de la petite point© de sitirt que l'auteur se permet sur Teau béuite de l'église nisii et sur la tiénédiction des e^ux du Volga et de i'Oka. if jMjisson des rivières bénies, le thé fait avec leurs etui, le bol mémo de punch qui admettait Teau sacré», otaient^ suivant cet hér^tit^ue, tout à fait sanctifiés. !r5uivant lui j les agriculteurs et les marchands russes comptent un ï>eu trop sur les bénédictions clén^altt pour remplir leur bourse. J'avoue que j'aime mieuï l«î voir fonder leurs espérances sur ces béntkbctîoos qw iiur le brigandage. La foire a lieu vers la fin d'ftoùti

lA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NORD. 9^

des cafés (VauieuT emploie le mot français), lesquels pouvaient presque rappeler les étiiblisscmcnts et les promenades du môme genre des Champs-Elysées de Paris , et nous entrâmes dans un de ces cafés , où nous 'ûmes attirés par la musique. Nous trouvâmes au pronier étage une immense salle élégamment approvisionlée de tout ce qui peut être attrayant pour un étranger. Ilontrairement àTusagede pareils étiiblissements, où Ton /oit un grand nombre de petites tables disposées autour ie la pièce , il régnait ici tout autour une seule et même table étroite et longue avec des bancs des deux cotés. H y avait de plus deux rangs de bancs en étages , continus au mur, Fun plus élevé que l'autre. Sur le banc supérieur étaient assis plusieurs petits groupes de ùcilcs musiciennes (i). Ces groupes séparés jouaient de la harpe et d'autres instruments à cordes; toutes ces artistes portaient le costume de leurs nombreuses contrées natales. Ainsi sous le même toit étaient réunis la beauté et le talent de la Grèce , de l'Italie , de l'Allemagne , de la Hollande, de la Russie méridionale et des autres parties de l'Europe (l'auteur évite de nommer la France et TAngleterre), en un mot de toutes les contrées de la chrétienté , car le privilège dont jouissent les hommes de transformer leurs filles en mécaniques portatives destinées à amuser le monde entier est réser\ é oclnsivement aux seuLs pars chrétiens. Par suite, tous les étrangers qui étaient dans ce café étaient des hommes non-seulement d'Europe , mais en grand nom- Ci) En anglais, le mot galant de belles {Jair) ne désigne que le sexe féminin, sans préjudice pour ou contre la beauté.

g6 LA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NORD.

bre de toutes les nations du monde, la Chine exceptée. »

Un peu plus haut, M. Hill mentionne un directeur français qui avait amené cinq cents belles artistes de l'Europe occidentale (probablement'de France et d'Angleterre) , habiles dans tous les arts qui servent à la récréation des hommes entre les heures des affaires et celles du sommeil.

Le thé, ce thé supérieur de Russie connu à Paris, où il est rare , sous le nom de thé de caravane, est un immense objet de commerce à Nijney-Novogorod, où il est apporté par les Tartarcs qui le prennent dans la Chine. M. Hill pense que ce n'est point l'air de la mer qui, commp on le croit communément, ôte au thé une partie de sa qualité, ainsi que cela a lieu pour le thé que les Anglais et les Américains vont chercher en Chine au moyen d'une immense navigation. C'est, selon M. Hill, à la qualité vraiment supérieure du thé des provinces du nord de la Chine, où les Tartares s'approvisionnent, qu'il faut attribuer l'excellence du thé russe. Au^reste, le thé des caravanes est enveloppé avec un soin extràne dans des feuilles d'étain et recouvert de peaux de IxBuf. Je ne trouve dans M. Hill aucune mention de l'opinion bien connue et corroborée par le témoignage de l'expédition scientifique envoyée en Sibérie par le gou▼e^ nement russe dans le siècle dernier : à savoir que le thé fait avec l'eau provenant de la glace fondue jouit d'un arôme supérieur. Si le fait est vrai , comme il n'est guère permis d'en douter, les gourmets de Paris, hommes et femmes , qui ont facilement de la glace tout temps , peuvent se procurer ce précieux avantage,

• L* riTi-?« i* L*t;:i -Arif i z-.z[z.-. i--.: : . . i. . i.. .?. Tc«t «Tiir i* 1 T-i^. .1 :'i-: I t:."ï j;- i.-i-.'i-:: :r^>-'. . .• : .-

freat ««i.r« i'ei'* <r:r\- z.z.^ e: £■= -'iit :*.-i.: : -.■•.-.-. -:

phs iifrcAUc» : ftcru* Prj^:j=:f* "viLT riTTri-r::. . -.: '« viHittt fat le HêBif. II ûg: ^ :->rrTfr 1* z.-^ ri^ -'. ::v '. «. -'.> . . wmwm fe« qai famé: rlle ^r^zlU ^r.ûi ic : .;.-.■.-. "...> v..- -

d'iir. Onla pr^frK aussi p-jar fiire iu 7'-::ch. t: .-u:'.fM ■!■§ pretepdeni qu'elle ccit mieui ]f> allr-u::*.». s i't-;:t dcffBÎcfc partie aUri le pourrait proveî.ir lu ce que Vt-jv. . «pt, abandcnoe certains se!* r.'jisib!e> à Ij c:::». : i, et en gênerai se pu ride do pîusit'urs ^-.rr' ne on le remarque dnns Ij cristiVàxiù.M: J; s et de plusieurs sels en dissvl-.:tion. ;

. i;zû. r -i —.-..■=- T.* \oni..

— - - — ■ -■ \:j.-'-'7rr' Li Bufc'U-.

— ■■ ^- • -- • ■ -"^ .- .. M liï- inonde

--:■- . Mj-iiî sef }«n»-

- - ' -■ - •< aTivee au

■-- ■ — . "...-•:. ^ -^'t^ e; dans la

=-' • ■■-..-.. ;2jj^ riif'rrt- na-

- ■ -i : - 'T Amérique .

- ." - -;:• lî r:«;e nord-

■ -. r .. •- '. IV. :-.":*:tii>wnce

-:- .rrvi:\: lii-.iijt de la

r--. - ■ ..--':- .' • >:.• je? mers

■r "..-:- .. .:- !•'— -'^ .'-.'Z^irie Id

r. .. : " - -i .. îi :;?=.- t'iir-.'peenne

■-.-"" . - :-.n;-»ii >ir»t dcmine.

.. - r— -:. -"V :.:-::: r.. ..■.•Ti> dTiabi-

.- -... -r ^\- r....!' »is. -îS Polonais

- - •- - .• :•■ n.i.ii.iii?^ iv.ns compter

■^ , -.:' ■^ -.--^^ -- 'it>: i:minante.

- .- . ..— i..r-i- : s ^.h'.*^ Â-zi-ee par les

.-' - »-.--. .. .... : : :■ Ti.i:x.zizit m parles

...r- - :.-:':2K ? .a^>:'ijs c-ts rivières qui

..-•: ..:-.: .* <.: :■: i^-.-.-.'iScïi; leur? sources

>. : ..:.-:> .i.r .:'- .\.zl'..-^ -!•: '-.«e >oie de corn-

. . :. . . '.r* .: :'- 1'*."-^ :^ i..:>^ :orrie et rappelle

.^•i- ..::.:.: -.:.-. :t"5- :'--.:S ."t^ È:als-Unis, mais

■. :. ^. . .'I - ■■j.>.'-r >ur une bien moindre

., . .- :■: ::-.;. .Tf r.:2« nssidanl surtout, comme T -..:■;-: V ':'..... iir.s li Grande-Russie et dans la K.oa'..-":> ..■-,.: -- ?r:isu:: que les provinces moins fa-

•is^ît'S. - -.■. S.i-cr.c i*ar exemple. — ont dans c^tle

lA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NORD. 99

infériorité môme un titre particulier à la sollicitude du gouyernement impérial. Malheureusement ce grand empire ne paraît pas, comme les États-Unis, savoir coloniser à rintérieur et conquérir par une augmentation utile de population, sans sortir de son territoire, pluf de millions de sujets que n'en peuvent donner les empiétements de territoire sur les contrées mal peuplées de l'Asie centrale. Quelques petites localités de la Sibérie ont été pourvues d'habitants à grands frais; mais, passé la ville d'Irkoutsk , capitale de la Sibérie orientale avec une population de dix-huit mille âmes , et celle d'Iakoutsk, bien plus au nord, sur l'immense fleuve de la Lena , avec cinq mille âmes , les Russes sont à l'orient du continent asiatique à peu près aussi rares que les Anglais et les Français. Dix mille exilés «niron, la plupaït malfaiteurs et malfaisants y sont envoyés annuellement en Sibérie, mais ils n'ont encore peuplé que de rares villages dans un pays d'ailleurs très-rebelle à la culture, et ils n'ont pas la permission d'exercer des métiers ou de faire le commerce. Les exilés politiques sont traités avec quelques égards. Les SuDoïèdes et les Koriacks sur la mer Glaciale , les Tongooses, les Iakoutes et les Tchoutchis, joints à quelques Tartares, composent des populations nomades vivant die quelques bestiaux, de chasse et de pèche. Dans leurs œyances superstitieuses , soumis à leurs chamans ou sorciers, ils ne s'élèvent pas même jusqu'à l'idolâtrie. Quelques-uns sont cependant chrétiens , au moins nominalement; mais toutes les relations modernes s'accordent àamfinner les rapports de Gmelin , savoir que c'est par politique pure qu'ils se laissent associer à la religion

T. . ..ni.-.

'■.}: : .lion :'.^: .!vï! a::

LA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NOllD. 10 r

pbétie s'est fidèlement réalisée , quoique Ton n'ait pas encore découvert de gisement industriellement important de ce précieux minéral. On a aussi mis récemment en circulation quelques diamants provenant , disait-on . de l'Algérie; mais, pour moi du moins, l'existence do cette gemme dans nos possessions musulmanes n'est pas encore complètement hors de doute : c'est, comme on sait , une espèce de ciment naturel rougeâtre qui indique la présence du diamant , et je n'ai point encore vu de ee ciment, dit cascalJio, provenant des provinces françaises de l'Afrique.

L'aspect de la Sibérie est parfaitement réi^lier : ce sont des terrains élevés et montagneux dans le sud , ({ui ont une pente uniforme vers le nord ot versent d'abondantes eaux dans la mer Glaciale. Ces eaux y arrivent par l'air, comme partout ailleurs; mais on ne sait pas bien encore d'où viennent les courants d'air qui les amènent sous forme de neige et rarement de pluie, à moins que Ton ne soit dans la courte saison chaude de ce pays. Tout le monde s'accorde à exclure les vents du sud, venant de l'Asie centrale , les vents d'ouest, arrêtés juir les contre-forts de l'Oural, et enfin les vents d'est, qui seraient en opposition avec le courant général , cjui , dans ces latitudes, marche en sens contraire, c'est-àdire venant de l'ouest et allant vers l'est. En admettant le courant chaud de M. Duperrey, qui court dans la mer Glaciale tout le long et au nord de la Sibérie , ce seraient les vents polaires remontant vers le sud qui déposeraient l'eau de l'Obi, du Ienisseï, de la Lena, de la Kolyma. M. Hill établit très-bien que presque toujours le vent du nord en Sibérie élève la température , que la pureté

du ciel et son état de calme ordinaire font descendre à des degrés désastreux. Ce problème de Tapprovisionnement d'eau des grandes rivières sibériennes m'a longtemps occupé sans succès. En voici , je pense, la solution : c'est le degré très-faible d'évaporation que subit la neige , qui tombe pendant une saison froide de huit à neuf mois environ , le dégel n'arrivant pour la Lena , par exemple , que vers le commencement de mai. Toute l'eau qui tombe se conserve donc presque entièrement sans déperdition , tandis que, dans nos climats, presque toute l'eau tombée se réévapore et retourne dans Tatxïiosphère par un jeu continuel de précipitation et de réabsorption. De plus , cette eau tombée ne sert à entretenir les courants immenses des rivières de Sibérie que dans les premiers mois de la fonte des neiges , où le sol dégèle seulement à une médiocre profondeur. D'épouvantables inondations et la formation d'immenses fondrières signalent la saison de la foute des neiges. A l'automne , plusieurs grands cours d'eau tarissent , et tous éprouvent une notable diminution. On peut dire qu'en Sibérie le régime torrentiel domine. C'est ce qu'ont bien constaté les rares navigateurs russes qui ont exploré, par ordre de leur gouvernement, la mer Glaciale de Sibérie. La cause et l'efifet sont donc ici parfaitement en rapport : — peu de perte par l'évaporation et emploi de presque toute la neige tombée pour entretenir, seulement pendant quelques mois, les grandes rivières, lesquelles , vu le peu de pente qu'elles ont en arrivant dans le voisinage de la mer, débitent ou dépensent très-peu d'eau. Elles paraissent donc d'une étendue immense, comme le Rhin et la Meuse dans les Pays-Bas. Tout le

monde sait que , si Ton donnait à la Saône la vitesse du Rhône, elle se réduirait presque à un ruisseau, et la Seine entière à Paris ne suffirait pas à la dépense d'un jet d'eau de 3oo pieds de hauteur, jaillissant par une ouverture de i pied de diamètre, d'après les calculs inûiillibles de Mariette , si légèrement critiqués par Voltaire , qui s'extasie en plusieurs endroits sur la vanité de la science , qui ^occupe de savoir combien il passe iteaii sous un' pont. Ces notions cependant sont celles qni servent de fondement à la théorie de Tarrosement naturel et de l'irrigation artificielle des diverses contrées. Partout on peut dire comme dans le midi de la France et dans l'Espagne : Tant vaut Peau, tant vaut Ui terre. Heureuses les contrées que la nature arrose ellemôme sans exiger le travail de l'homme I Sous ce rapport, l'admirable vallée du Mississipi et du Missouri , qui, du temps de nos pères, appartenait encore à la France , est celle qui présente sur le globe entier la plus uuverselle et la plus énergique fertilité , et cela est dû à Teau qui passe sous les ponts (quand il y en a) , en dépit de Voltaire et de toutes ses plaisanteries sur les gens qni semblent avoir pour mission de calculer cette eau , toèflrpeu poétique et encore moins dramatique. Nous ne ferons qu'indiquer l'itinéraire de M. Hill ; vAre but est surtout de nous arrêter avec lui aux staions les plus favorablement situées pour étudier le faat de la Sibérie. Sauf un petit nombre d'accidents (traîneaux accrochés ou môme retournés sens dessus Vous, d'officiers do police de mauvaise humeur ou WB, le voyage de M. Hill a été très-heureux. Ayant ^ lo désir et l'espoir de traverser la Sibérie de

l'ouest à Test pour arriver à Okhotsk et à Pétropaulosk, sur l'océan Pacifique, l'auteur des Travels in Siberia obtint , non sans quelque peine , les passe-ports nécessaires. Une de ses stations fut à Irkoutsk , près du lac Baïkal , d'où il se rendit aux frontières de la Chine. Il suivit ensuite , de Irkoutsk à Iakoutsk , le cours de la Lena, et courut, pour ainsi dire à travers champs, de cette dernière ville à Okhotsk; mais alors des fondrières, des passages de rivières à gué , des abstinences forcées, enfin des rencontres d'ours rendirent cette dernière partie du voyage très-pénible et même dangereuse. Parvenu enfin sur l'océan Pacifique, M. Hill se trouva sur la grande route du monde entier, et revint en Europe, rapportant beaucoup d'observations sur la nature et sur les mœurs des races qui habitent la Sibérie.

Ce qui appelle d'abord l'attention, c'est le froid intense qui désole cette contrée immense , même dans les parties les plus méridionales. Un journal tenu à Irkoutsk, ms l'hiver de 1847 à 1848, a constaté un froid habiel de i5 à 16 degrés du thermomètre Réaumur pour iécembre , janvier, février et mars. En avril et au commencement de mai , le thermomètre fut rarement audessus de la glace fondante ; plusieurs fois la température où le mercure gèle fut dépassée, et le thermomètre à mercure ne donnait plus d'indications. On sait d'ailleurs que l'esprit-de-vin ne gèle jamais , et par suite on

• fait usage du thermomètre à alcool en Sibérie. On se sert de certains calorifères pour échauffer les appartements

-tta^illes, mais, dans la campagne , les rares habitants dépravent le niveau do leurs habitations au-dessous du sol pouVy trouver une température un peu moins basse.

L4 SIBÉRIE BT LES CLIMATS DU NORD. Io5

à peu près comme dans l'Inde anglaise on creuse aussi des demeures souterraines pour éviter l'excès do la chaleur. Virgile nous peint très-exactement les peuplades du Nord vivant sous terre à l'abri des sévérités du climat :

Ipsis in defossis specubus sccura sub altà Otia agunt terra.

Mais ces loisirs n'ont rien de poétique. Le voyageur an > glais , comme tous ses devanciers , nous peint les Tongouses , les Iakoutes , les Tartares sibériens , les Tchoutchis , comme étant d'une saleté repoussante et vivant , au fond de ces trous recouverts de planches et de branchages, dans une malpropreté pire que celle des plus immondes animaux domestiques. Le thé semble une boisson meilleure que l'eau-de-vie pour combattre les effets du froid. C'est aussi ce qui fut observé par le capitaine Ross dans son voyage près du pôle sud. Tout l'équipage se trouva très-bien de la substitution du thé aux boissons alcooliques. Les voyageurs en Sibérie remarquent , du reste , que le thé les tient éveillés, ce qui est un grand avantage, car un profond sommeil où l'organisation ne réparerait pas par un travail continuel les pertes de chaleur que fait le corps dans une atmosphère froide à 3o , à 40 degrés Réaumur, ce sommeil , disonsnous, pourrait devenir mortel. Une curieuse dissertation sur les avantages que procure la glace en s'accumulant comme un masque sur la figure, au moyen de l'eau fournie par la respiration , prouve la condition violente de l'homme respirant un air si froid. M. Hill pense aussi que le froid très-intense amène le calme dans l'air. Il prend la cause pour l'effet. C'est le calme de l'air et sa

transparence qui permettent le rayonnement de la chaleur dans l'espace, et produisent un froid intense qui n'est point mitigé par le contact réitéré de l'air avec les corps terrestres. L'auteur observe très-bien qu'on soufre plus d'un froid de 20 degrés , quand il y a du vent , qu'on ne soufre d'un froid de 35 degrés dans le calme ; en efifet , dans le premier cas , le renouvellement continuel du contact de l'air avec le corps enlève bien plus de chaleur que ne le fait l'air en repos, même quand le froid est plus intense. C'est ce qu'on éprouve à Paris comme en Sibérie. Le calme de l'air pendant l'hiver qui vient de finir a singulièrement diminué les souffrances du froid. Le peuple dit , surtout hors des villes : P<w de vent, pas de froid.

Un chapitre spécial des Travels in Siberia est consacré à des spéculations relatives au climat de la Sibérie. L'auteur est à Iakoutsk , presque sous le cercle polaire. Pendant l'été , le thermomètre de Réaumur monte à 16 et 17 degrés. Il y règne une chaleur intense, due à la présence continuelle du soleil sur l'horizon. Même à cette époque de l'année , le sol ne peut , dans certaines parties , dégeler qu'à une petite profondeur. M. Hill a vu cependant un puits, profond de 55 pieds anglais, dans lequel l'eau ne gelait jamais; mais le terrain d'Iakoutsk est tellement bas et tellement imbibé d'eau par sa propre nature et par les débordements de la Lena , que le froid ne peut y pénétrer et s'y maintenir. Le voyageur anglais indique le froid de 5o degrés Réaumur comme un terme atteint à Iakoutsk , et c'est beaucoup plus que l'extrême froid qu'ont éprouvé les navigateurs qui ont

■ erné dans les mers au nord de l'Amérique. Au lieu

de chercher l'explication naturelle de ce fait dans la position non maritime d'Iakoutsk, position qui, comme on sait, exagère toujours le climat et tend à le rendre excessifs c'est-à-dire sujet à de plus grandes variations de chaud et de froid, M. Hill admet une théorie beaucoup plus savante , où il fait intervenir l'épaisseur de la croûte solide de la terre , qui , suivant lui , pourrait être moindre dans certaines localités. 11 y a longtemps qu'il est prouvé que l'épaisseur des continents est telle , qu'il ne peut passer annuellement au travers qu'une très-petite fraction de degré de chaleur, tandis qu'ici il s'agit de rendre raison d'une anomalie de plusieurs degrés. Cette cause ne peut donc être invoquée.

Puisqu'il vient d'être question des terrains en perpétueUe congélation à une petite profondeur, je dirai que tout flanc de montagne abrité du soleil , où la neige peut s'accumuler l'hiver pour ne fondre que tard dans l'été ou rautomne , me semble réunir toutes les conditions pour être constamment gelé à quelques centimètres de la surface. En effet , la glace et la neige accumulées sur le terrain ne laisseront pénétrer la chaleur dans le sol qu'après la fusion totale de la couche solide, tandis qu'en hiver rien n'empêchera le froid de pénétrer au travers de la neige , dont la température peut s'abaisser indéfiniment. Des localités placées dans ces conditions ne doivmt pas être rares dans les pays de montagnes , et je pense en avoir découvert une dans l'Auvergne , sur le chemin du mont Dore au lac Pavin , près d'un petit village appelé, je crois, Vassivière. La température trèsbasse des sources indiquait qu'elles coulaient au travers d'un sable volcanique ou granitique en glissant sur un

Io8 LA SIBÉRIE ET LE3 CLIMATS DU NORD.

fond glacé. Je n'eus pas le temps de faire creuser dans le voisinage. Un explorateur muni d'un fleuret ou sonde de mineur ferait sans peine cette curieuse découverte. Il est du reste évident ici que toute la question repose sur le temps plus ou moins long où la neige ne couvrira pas le sol, car tant que celle-ci existera, le sol qu'elle défend de la chaleur de l'air et du soleil restera gelé , et s'il ne s'écoule que peu de jours entre le moment où l'ancienne neige aura disparu et le moment où il en tombera de nouvelle , le sol , qui n'aura pas eu le temps de dégeler à une grande profondeur, sera nécessairement , à une profondeur un peu plus grande , dans un état de perpétuelle congélation. Pour imiter expérimentalement cet effet naturel , je plaçai un thermomètre habillé d'une épaisse couche de glace, pendant des temps égaux , tantôt dans une enceinte chaude , tantôt dans une enceinte froide , et je trouvai que la moyenne des températures du thermomètre était au-dessous de la moyenne des deux températures des enceintes qu'il avait occupées successivement, parce que , pendant son séjour dans l'enceinte chaude , la fusion de la glace empêchait la pénétration de la chaleur. Si cette moyenne eût été au-dessous de zéro, le thermomètre fût resté lui-même au-dessous du terme de la congélation. Dans la nature , la succession de l'hiver et de l'été représente l'effet des deux enceintes , l'une chaude , l'autre froide, de mon expérience.

Après Iakoutsk, il est un autre point de la Sibérie bien digne de fixer l'attention des voyageurs : c'est la région qui avoisine le lac Baïkal. M. Hill a trouvé ce lac gelé, et il l'a traversé surfine couche de glace si transparente,

qu'il était impossible de ne pas croire qu'on glissait sur l'eau elle-même. Cette observation curieuse avait déjà été faite. La surface supérieure de la glace était en même temps d'un poli parfait, et avec des chaussures ordinaires il était impossible de s'y tenir debout. Cette belle pièce d'eau pure est située dans l'extrême sud de la Sibérie , à la latitude de l'Angleterre. Co lac a 600 kilomètres de long et 90 dans sa plus grande largeur. Il est à 5oo mètres au-dessus du niveau de la mer, et, suivant les naturels du pays , c'est une vraie mer qui communique avec l'Océan par des conduits souterrains. On y trouve des phoques et une sorte d'esturgeon, comme dans la mer Glaciale, et même des éponges. M. Ilill parle aussi de coraux et d'autres productions marines que le Baïkal rejette sur ses rives pendant de violentes tempêtes. Ce lac , comme tous les lacs d'eau douce , est traversé par une ou plutôt par plusieurs rivières. Les doux principales sont l'Angara , qui conserve son nom à la sortie du lac, et la Selenga, beaucoup plus forte, qui arrive au travers des montagnes , et en franchissant une immense distance, de l'intérieur du territoire de la Chine. L'Angara , au sortir du Baïkal , est une rivière très-rapide et qui ne gèle jamais. On prétend (ju'on y i)êohait autrefois des coquilles perlières. Comme beaucouf) de» personnes se demandent , en voyant crénormes moules de rivières à une grande distance de la mer, comment ces coquillages ont pu y naître ou y être apportés, je vais indicpier comment la nature a fait, pour les éponges et pour les phoques du Baïkal , ces curieuses acclimatations. La pisciculture ou l'acclimatation des poissons n'est-elle pas maintenant à l'ordre du jour?

no LA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NORD.

Reportons-nous à la catastrophe qui, abîmant les anciens continents et relevant le fond des mers pour en faire de nouvelles terres, laissa le bassin du Baïkal rempli d'eau de mer avec ses phoques, ses éponges, ses moules marines. Peu à peu , ce lac , recevant cent soixante-dix rivières de six cents sources diverses et déversant son trop-plein par l'Angara inférieure, commença à se dessaler. Peu à peu les phoques marins s'habituèrent à ce changement de régime et devinrent phoques d'eau douce. Je n'ai pas besoin de dire que s'fl y avait une communication souterraine des eaux du Ba'ilial avec la mer, ce canal, où l'eau coulerait avec une vitesse de 70 mètres par seconde , aurait bientôt vidé le lac, quelque mince que fût à l'origine le conduit que l'on supposerait. Les phoques pourraient bien s'écouler dans la mer ; mais remonter un courant d'une vitesse triple de celle d'un cheval de course , c'est aussi impossible à un phoque qu'il l'est à un ballon de marcher contre le vent. Les baleines et les dauphins font de 10 à II mètres par seconde dans l'eau au repos; il y a loin de là à faire plus de 70 mètres en s'appuyant sur un courant rétrograde (i). On peut croire que c'est

(i) Aa commencement du siècle dernier, rexistence dot phoques dans le lac Baïkal faisait déjà rétonnement d'Anderson, magistrat de Hambourg, savant illustre et homme d'État distingué : « Ceci me paraissant fort extraordinaire, je pris le parti , pour m'assurer de la vérité du fait, de m*frdresser à M. Heidenreich.... Il me confirma la Téritéde la narration , en ajoutant qu'il avait vu ces animaux sur le liea même, qu'ils ressemblaient en tout à ceux delà Baltique, sinon qu'ils étaient un peu plus petits; que le lac étant gelé.

par dessalement progressif que sont restées dans les rivières, en s'acclimatant , plusieurs coquilles maritimes qui sont devenues peu à peu coquilles d'eau douce. Voici donc un nouveau système d'acclimatation avec changement de milieu. Mettez, par exemple, des huîtres au bord de la mer dans un parc susceptible de recevoir un filet d'eau douce , et voyez si peu à peu vous pouvez faire vivre ces mollusques dans de l'eau en partie dessalée, et enfin si eux ou leurs descendants pourront vivre dans Teau pure. Alors on pécherait des huîtres entre les ponts de Paris comme à Cancale , à Marennes et à Ostende. Au train dont va le monde depuis un demi-siècle, peut -on prévoir ce que seront les sociétés humaines dans un ou deux siècles d'ici?

Cest encore dans les parages du lac Baïkal que se trouve la station de Kiachta ou Kiakhta , par laquelle la Russie communique avec la Chine. C'est la seule porte

ib savaient droitement conserver par-ci par-là des ouvertores dans la glace pour en sortir et pour y rentrer selon leurs heioins.... J*ai souvent réfléchi comment il a été possible que ees animaux et les gros esturgeons qu'on y trouve aussi loient entrés dans ce lac. » Anderson imagine que les pbofuei et les autres animaux et poissons marins ont remonté te leniflM», la Tongouska , l'Angara, et sont venus , en chan^ geint brusquement de milieu, vivre dans le plus pur de tous ki lacs du monde. Au moins il n'admet pas ce qui est mécaliqaement impossible. Cette impossibilité n'a pas frappé le HgeM. Hill, auquel j'ai encore à reprocher une prétendue rwréfkction de l'air par le froid ( raréfaction of the air hjT the eoïd) qu'il donne comme la cause d'un effet de perspective aérienne observé sur le lac Batkal.

de communication officielle entre les deux grandes na tions. Par là, la Russie reçoit le thé du Céleste-Empire en grains et en briques , le sucre chinois , le coton di Nankin, le tabac (i) et une sorte de soie épaisse. A h fête de la pleine lune de février, M. Hill eut le bonheui d'assister aux réjouissances chinoises avec le commandant russe de la frontière, mais il n'était pas moins curieux de faire connaissance avec la population mongole soumise à l'empire de la Russie et professant la religion de Bouddha, dont on sait que le Dalaï-Lama, résidant au Tibet , à Llassa , est le représentant immortel. C'est un des plus curieux épisodes du voyage de M. Hill que sa visite à un khomba-lama ou grand prêtre bouddhiste, qui, sur le territoire russe, dans les environs du lac Baïkal , est le chef de la religion de deux cent mille bouriats de race mongole , sur lesquels les missionnaires protestants et les Bibles n'ont rien gagné du tout. Ce khomba-lama et les autres de même rang, quoique inférieurs au grand lama du Tibet, jouissent comme leur supérieur du privilège de l'immortalité. A la vérité, on les voit mourir comme les autres hommes; mais c'est une complète illusion, une étrange erreur! Leur âme passe dans le corps d'un nouveau-né , et leur existence continue. Le seul embarras est de trouver Tenfant qui est pourvu de l'àme du défunt lama. C'est le collège des lamas qui procède à cette reconnaissance et qui , pendant la minorité du jeune enfant , administre

(i) Plusieurs autorités sibériennes semblent établir que l'usage du tabac en poudre, dit en France tahac à. priser, est d'origine chinoise.

LA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NOBD. 1l3

laserie. N'allez pas croire au moins que cet enfant de une âme toute développée , comme il semble- ^nvenable de Tadmettre : cette âme , en prenant rps d'enfant , s*est rapetissée au niveau de sa noudemeure. On jurerait, à voir le petit grand lama, 'est un enfant au moral comme au physique. Quelis aussi , quand il y a un lama puissant , on relit que l'âme du khomha-Uima a passé dans son , tandis que Fâme de ce lama devenu tout à coup

lama, délogée brusquement, est allée se caser le corps d'un nouveau-né quelconque dont on ne liète aucunement. Tout le monde , du reste , s'ac-

à rendre justice à la pureté de mœurs , à la douies lamas ; il n'y a dans leur religion aucune trace 'ocité. Ceux de Russie, outre le service des temsont employés comme médecins. Ils réussissent lans les soins qu'ils prennent des malades, et sans

leur ascendant moral vient en aide aux médica-

missionnaires protestants ayant complètement é auprès des adorateurs de Bouddha, on craignit silement de voir surgir en M. Ilill un nouvel apô- « voyageur rassura tout le monde et prit congé nmortel, avec lequel il avait tant bien que mal gé quelques phrases. L'opinion de M. Hill est que iddhisme est une religion en rapport avec les inmces qui la pratiquent^ et qui ne concevraient pas it des religions de l'Europe. Sans vouloir faire ici osélytisme , je ne puis adopter ni cette opinion , chiffres qu'on cite à l'appui. Le bouddhisme, sui- Bassell, cité par M. Hill , est la religion qui compte

Il4 LA SIBÉRIE ET LES CLIMATS DU NORD.

le plus do croyants : il en porte le nombre à trois c^t seize millions en comprenant toutes les sectes. Le môme auteur admet deux cent cinquante-deux millions de chrétiens de toutes les communions, cent vingt millions de musulmans^ cent onze millions de bramines avec quatre millions de juifs. Les autres hommes sont idolâtres ou sans religion régulière , au nombre de cent trente-quatre millions. J'ai sous les yeux les nombres peu concordants de Malte-Brun, de Pinkerton, de Balbi. Ce dernier admet deux cent soixante millions de chrétiens : c'est la plus forte évaluation; mais comment peut-on restreindre à ce nombre les chrétiens de toutes les sectes, puisque l'Europe seule donne deux cent cinquante millions d'âmes , dont bien peu professent une religion autre que le christianisme, et que de plus la race anglaise réunit vingt- huit millions d'àmes dans l'Amérique du Nord, et la race espagnole vingt-deux millions dans l'Amérique du Sud , lesquels sont presque tous chrétiens? 11. y- a encore près de deux millions de chrétiens on Sibérlo, L'Auslralie fait de rapides progrès entre les mains de ia ractï an^liiise , et dans l' Arménie,

LA SIBÉRIE ET LES GUMATS DU NORD. Il5

r ne pas être injuste envers les musulmans, dont He contient un assez grand nombre dans sa partie intale et méridionale , où elle confine à la Tartarie Turkestan , il faut convenir que l'abstinence des t des liqueurs fermentées et enivrantes donne aux ides musulmanes une grande supériorité sur toutes très races sibériennes , qui sont non moins adoni rivrognerie que les sauvages de l'Amérique , et lesquelles l'abus des boissons alcooliques est une de dépeuplement tout aussi efficace. On se ferait ement une idée de toutes les substances dont les ens retirent de l'alcool ; le blé , les racines des s, le lait aigri, le pain fermenté dans l'eau, la les fruits sauvages , tout se change pour eux en et aboutit à une ivresse continue et abrutissante, l un Sibérien musulman veut se faire chrétien , )religionnaires lui disent : C'est par servilité que stasies ou par amour de l'ivrognerie. — La plupart aps c'est pour ces deux motifs à la fois. Les proiu christianisme en Sibérie s'expliquent moins urs par les efforts des missionnaires que par le ge de la race russe avec les indigènes. Les miset les ukases n'ont rien produit sur les tribus er- ; les alliances ont tout fait. Il y a bien là de quoi réfléchir les hommes d'État, rois et philosophes, at la prétention de conduire le genre humain : mini qui judicatis terramï ressante par son climat et ses populations, la 3 mérite aussi d'être étudiée à un autre point de l'il nous suffira d'indiquer en finissant : nous vouarler des ressources qu'elle pourrait ofifrir à l'in-

■.il"' i l'ir*'

SIBCBIE rr LES CUSATS DC .^OED. 117

EDce. indépendamment de îa qo^tion a>gi* lans amcnne mer. les baleines ne sont aos^l ? . et le bétîment de l'État qui fait le «erricv tsk et Pétro(»iik«k avait le contznoel s{)ev*s içrajKÎs ï-i-afflears. qm lançaient des je*le ceux des b^sm? de Versailles ou de e s i»|ucs.

plus ëtonndntes branches de commerce «:j celle «le l'ivoire fc^le de Sibérie, que nc:^e jiii.:;a'ici â d«éein. Iakoutsk est le cenl^^' neror I . Cette \ille , àtuée sur la Lena . n«: n rcLe p<'.jire. c«nmumi:[ue arec les côtes ce i^iale. C>st La. cc^mme dans les iles que fonr:t» éé-.Q embtjuch'ire et encore dans celles qui 6 au nord-est . que se trouvent en abondance

d'animaux dont l'ivoire est aus^i frais qu^léphants actuels de ITnde. Nos billes de biisouvent faite? avec les défendes d'animaux Dpctrains de l'homme, et si . par les prestiges CD ranimait les objets, la bille d'ivoire deei ies clubs modernes reproduirait non un éle- ;is bien un mammouth ou un mastodonte.

ps a-.-ant notre arrivée â Iakoutsk . dit M. Hiii. :ens. monter sur des canaux, vinrent à borJ

qui trùu^ -ra'eDt peu harmooieax les noms des «unes de-r-. M nK:»:nnaitr« que je n'ai pas abuse as^e*. J'aurii? pu effrayer le lecteur avec Tcher- "schaya , P.. Ui.hcLt-mischoujskaya, Mabokemt»-

et autres stuiiocs que M. Hill a scrupuleusement iees.

i la IHjïHiiiia — f|nR tùim *^ puiam nous «ànQner ee fiùt de ta caufe qtii

icaeinitT^iil,. Qudcptfs-cms <k9 indig^iief n^niîi mii>rmifr«ni t^ue la pi&rtie^ tizt|kéEiâëal>le de km?

4iiliqpw, itt tatfB é» ta cùte de Sibérie. %jnt le sd

^^mblff en ^trg imlTCrgiDeD^ composé. >

-LA SaÉBn R LIS OXMAIS DC !iOAI>. 1 19

•u de ces cadams doat il aidait vendu Les detenàes . oxinii Teis l'emboochare de la Lena . et ? em^^in d» mtes mutilés de rimmenàe animal. Les ^ns *i'i v.juâ- Hge en avaient pris la chair pi^or aomrir [eurs chiens. Lbb omSy les loups, les renards en avaient disp**rrse !e< 4ftns sanglants sur le sol ^lacé. et. suivant L exprès- Bon d'un géologue M. Bockland . secnblaient s^cre (ifgalés de cette friandise antédiluvienne. iZe mammi.'ith jmrail une longue crinière : on n'a retrouvé ni U cr*: ci^>e JM b queue. H arait 9 pieds 4 pouces anglais de haateur ^ 16 pieds 4 pouces de longueur, ^ans compter les dés. qui , mesurées dans leur courbure, avaient une longuenr de 9 j pieds. Ces deux défenses ^lesaient en- MMe 36o livres anglaises . et la tête =eule pesait plus ÉB 400 livres; la peau faisait la char;ze de dix hommes . rt on a ramassé 36 livres de poli que les bètes camas- ■èies avaient dispersé en dévorant l'animal. Ces préàBa restes sont maintenant au Musée impérial de Saintfétersbourg.

Depuis cette époque, on a. dit-on. fait de nouvelles découvertes du même genre , et il est bien à regretter qn'à tout prix on n'ait pas sauvé ces objets uniques et qae la nature ne peut reproduire. Je me souviens d'avoir eitendu dire dans le salon de M. Cuvier que Ton avait quelques soupçons que certains blocs de glace conteaâent de pareils animaux . et qu'ils étaient surveillés pv les pécheurs et les chasseurs iakoutes . tongouses cl koriacks, qui fréquentent les bords de la mer Glaciale viMsins des iles Liachov. H y a quelque temps. M. Démidof f correspondant de l'Académie des Sciences, qui a déjà exécuté un si brillant voyage dans la Rusëie

méridionale , avait annoncé l'intention de faire une excursion en Sibérie , où il possède de riches mines entre l'Oural et l'Obi. Il s'était même assuré pour collaborateurs plusieurs jeunes gens également recommandable» par leur aptitude scientifique et leur activité. Cet utile projet paraît ajourné. En attendant, on ne peut trop recommander la conscr\^ation des débris antédilu\iens, car chaque perte de ce genre , on ne saurait trop le redire, est irréparable. Si les autorités de la ville de Iakoutsk avaient en dépôt une somme destinée à celui ((ui découvrirait une do ces précieuses dépouilles Ino^^ toiles d'animaux antédilmlens , cette récompense pro- 1 mise stimulerait le zèle pour la recherche et pour 11conservation de ces débris. Or aucune somme destinée ^ à des prix académiques ne pourrait être mieux employée i pour la science. L'organisation intérieure de ces ani- ; maux nous dévoilerait peut-être la nature de l'atrao- 1 sphère où ils vivaient , de même que les plantes et les ' arbustes trouvés dans leur estomac ont appris quelque ! chose de la flore de ces temps reculés , fort différente , du reste de ce qu'elle est maintenant dans ces contrées. Le voyage de M. Démidof nous eût sans doute appris tout cela , et son activité , son amour de la science nous permettent encore d'espérer qu'il réalisera en temps utile ses projets d'exploration en Sibérie. L'exemple de cette région lointaine nous a servi à prouver combieBi malgré de récentes recherches , les climats du Nord soulèvent encore de questions imparfaitement étudiées. C'est à résoudre ces questions , à les éclairer du moins, (lue l'activité des voyageurs scientifiques doit s'employer de plus en plus.

LA SIBEME ET LE? f.LlX.iTT l\ M?:-. lî

La conolusiori .g+fcer&lr à '.rr:r..-r i.u? f.::z.:H- ::l duit, c'est que rê»rLtfi:j:r .::::".:--r. S ■::.--: ;:: =. fait entre îe* rêrln^r^j-i:::...-^? ^: ^-?s :-i- .:> :■!=':améliore ^Diiemeni -rs î:.l:r-iîi ci Ni: ,. «Ir: ^::î.::i^ est produit T/jn-vr'iirZ.^^ :^: .^-^ ■:•:::.-:.:? iLa:.- : la mer qui rtnk'jnt^-nt vrr? .t i.-.:: :c'^ ..-i.? . .- t;J Atlantique que Câ&è l'>jé^r. Pc::::: -t. rr. - . ;-r: :la direction ces v«i*j§ ^ei^rî-x. T-i r- :■".::■-:.■ >:: .continents la chale-r e: 1 l -:i. -.:

[4us fivors^ies. L^ s«:*: ■:=: f^

échan.^ éidl-is imi -i» L-i-r^r j-:^: î«=-rr.jpr:->r 'r f:.i: do \*jrd et ia cLi>-.r eu Miii. £:::-> .i z:l-> v.rr.z'* et la zone ^ci^ic. ii y a ^jr; -.e;::^: •? .\ .t^jl : : >- :.Vn anIrenMfnt e&Coce que le? ^^ar :;..-= -.s î-^Ji.*T. 0:. duis ce o'jmmerc*: 'je CLale:;: e: L^ ::..:, à êr:-:>e.TA:r4 et de ferliJié . la SÀ.rrz'i*: t^ \^^::i i :;c.;te fiâit . e; ." .-n peat eo conclure -yj* s^ :L.ut*> ...-s rep.iis du £.:î^? étaient isj:.îées. ctmme .>=t ie l::! de :As'>. i] y en aoraii une granîie pâfîie ÏLCcjKri.'j ie ni-rrir les nomtouses f^4»ulct::LS œ.-.- >:-•?? i c^use des alîcmaîivts de cuûlTiàT eicersivtf ti «i-r :': :'.'L iLM'.erdbie qui ser.-ient b 5U.;<? -i^ cet i=-. 'ecier::.

tout entier dans «:* fci: : q-V.!:- l- js::::.;-;- : -s ij.\

PiFLlENCE

Page 1