‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiquesChapitre 10 sur 13 · XX SUR LA SÉCHERESSE, LES IRRIGATIONS · texte numérisé non relu

XX SUR LA SÉCHERESSE, LES IRRIGATIONS

Dans rétat actuel du régime de nos rivières, il ne faut pas espérer de contenir leurs eaux dans les grandes crises de pluie qui peuvent survenir de temps en temps à l'époque des rechutes du courant d'air chaud et humide de l'Atlantique, alors que ce courant, qui d'année en année est remonté vers le nord, retombe tout à coup sur la France. Une telle rechute a eu lieu en i856 et dix ans auparavant. Plus tard, par les reboisements on se rendra maître des eaux à leur origine, et on verra renaître les fontaines naturelles que le déboisement a supprimées. Ainsi , peu à peu , une irrigation artificielle reproduira la végétation , qui sera ensuite elle-même la cause d'une irrigation naturelle par les fontaines et les ruisseaux permanents que ce reboisement aura fait renaître.

» Avant d'aller plus loin et dans la circonstance actuelle d'une sécheresse outrée, je ne puis m'empêcher de reproduire la théorie des fontaines artificielles de notre grand et modeste Palissy, confirmée de tout point par l'observation de ce qui a lieu dans la nature. Les terrains sablonneux, qui se prêtent le moins à l'existence des sources naturelles parce que l'eau s'infiltre au travers de leur contexture spongieuse pour ne plus reparaître au jour, sont précisément ceux qui se prêtent le mieux aux fontaines artificielles. Il suffit pour cela de rendre à une certaine profondeur le terrain imperméable par un pavage, une couche de terre glaise, ou mieux encore par un lit de bitume.

Le remaniement de la terre sablonneuse dans les environs de Paris ne serait pas très-coûteux, et le prix de revient serait largement compensé par l'agrément d'une

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