ET LES REBOISEMENTS. XXI
beNe et utile fontaine coulant toute Tannée avec des eaux d'une pureté extrême. Un seul hectare ainsi préparé donnerait une abondante source. Si on avait à sa disposition une petite vallée pierreuse dont le fond pût garder Veau , on y ferait voiturer une épaisseur suffisante de sable siliceux, tel que celui des environs de Paris, et on obtiendrait le résultat désiré. Du reste, le terrain ainsi ameubli serait très-fertile et devrait être planté d'arbres et d'arbustes fruitiers ou sauvages qui contribueraient à préserver le sol de Tévaporation active que produisent les vents qui balayent un terrain nu.
n reste maintenant deux choses à examiner, savoir les irrigations en grand et le reboisement complet. Ce ne sera que par une industrie coûteuse qu'on pourra tirer en partie nos grandes rivières de leur lit pour en répandre les eaux sur toutes les parties arrosables du bassin qu'elles peuvent féconder, et dont elles peuvent augmenter le produit jusqu'à une limite bien supérieure au rendement actuel. L'élève de nombreux bestiaux et la production de riches engrais résulteraient de ces dispendieux travaux, qui cependant aboutiraient en définitive à une rémunération abondante du capital employé. Plusieurs milliards ont été mis à la construction des chemins de fer avec un produit certainement moindre que celui des travaux météorologiques dont il est ici question. Mais pour les irrigations à grands canaux, pour l'établissement des lacs de distribution et de retenue, pour la construction des aqueducs et des barrages tels que ceux dont nous avons l'exemple en trois ou quatre endroits de la France, quelle que doive être la
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défXfiiM, il n'y a pas à hésiter, pas même à différer: ctstoi la nécessité, Timpérieuse nécessité qui commande.
ÏM wméië réclame , l'industrie et la science doivent ré|K;mJre à son appel, sans alléguer Timpossible.
Avant de passer au reboisement des grandes hanti;urH, disons qu'avec le système des grands canaux d'irrigation qui dériveraient une portion notable de nos {(raiids fleuves et de leurs affluents, on maîtriserait presque complètement les grandes inondations par des travaux faciles à ajouter aux grands déversoirs échelonnés de distance en distance. La belle carte de M. l'ingénieur en chef Dausse, chargé de la statistique des rivières de France, et lauréat de l'Académie des Sciences, me donne la certitude que l'hydraulique ne reculerait devant aucune sérieuse difficulté offerte dans ces gigantesques et productifs travaux. Le reboisement de toutes les collines sans exception , un approvisionnement d'eau abondante pour les populations de toutes les villes de France et la production de riches prairies naturelles seraient le résultat et la récompense de ces belles entreprises dont le succès est écrit dans les lignes de niveau que nous donnent les admirables travaux de nos officiers d'état-major.
Il reste enûn à faire le travail le plus difficile, le plus improductif, mais aussi le plus indispensable et le moins différable de tout ce qui se rapporte à la fertilisation du sol de la France, par l'aménagement des eaux d'après la nécessité bien reconnue de porter un prompt remède aux ravages des torrents et des pluies d'averses dans les pentes élevées qui couronnent les bassins de tous nos fleuves. U faudrait prendre à leur origine