‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiquesChapitre 9 sur 13 · ET LES REBOISEMENTS. XIX · texte numérisé non relu

ET LES REBOISEMENTS. XIX

puissante et fortement oi^:anisée. Les fléaux sont pour elle des avertissements. Elle étudie la cause du mal et s'efforce d'y porter remède. Les inondations de i856 ont suggéré de rendre successives les arrivées des crues des divers affluents d'une rivière principale, et d'autres travaux pour la préservation des villes ont diminué les dangers des inondations à venir; mais ce ne sera que quand des travaux de reboisement exécutés en grand auront ôté à nos rivières leur régime torrentiel que nous serons délivrés du danger de ces amassements subits d'eaux pluviales qui ont tant fait de mal en i856 dans le bassin de la Loire.

Les Chinois, ce peuple exceptionnel en tout, semblent être les seuls parmi les peuples permanents qui aient entretenu la fertilité de leur sol par des plantations, des irrigations, des engrais, des cultures non épuisantes. Les Grecs nous offrent une conduite opposée. Déjà, du temps d'Alexandre , trois cents ans avant notre ère, Aristote remarquait que les royaumes d'Argos et de Mycènes, desséchés et dénudés par un trop long séjour d'habitants trop nombreux, avaient perdu leur force et leur fertilité. Athènes et son territoire lui paraissent de son temps en plein rapport et en pleine vigueur, tandis qu'à l'époque de la guerre de Troie, l'Attique était encore marécageuse et improductive. Il prédit pour cette contrée la défertilisation et la dépopulation qu'elle a subies depuis, et auxquelles on ne remédiera , à partir de nos jours , qu'au prix de longs et persévérants travaux , que sans doute le vingtième siècle qui s'approche ne verra pas même terminer. Mais revenons à la France^.

Page 1