‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 3)Chapitre 11 sur 49 · DE LA CONSTITUTION INTÉRIECAE · texte numérisé non relu

DE LA CONSTITUTION INTÉRIECAE

ont été entendus, et ils n^ont pas moins exercé la sagacité des physiciens , qui se croient obligés de tout expliquer dans la nature. Le flottement des continents sur un noyau fondu et liquide nous en donnera nne très-plausible raison. Si, dans les mers glacées du pôle, où flottent ce qu'on appelle si justement des champs de glace, un courant inférieur passe sans entraîner les blocs à demi soudés qui hérissent la surface de la mer polaire, alors ce courant qui passe au-dessous, entraînant avec lui des masses submergées, les fait heurter contre les blocs supérieurs et produit d*efiroyables retentissements, de véritables explosions de chocs réitérés, qui doivent avoir leurs analogues dans les déplacements du fluide intérieur du globe entraînant avec lui des débris de continents submergés, qui heurtent aussi en dessous la masse qui porte nos villes et nos campagnes comme le fond déprimé du bassin des mers. Mais de toutes les manifestations du feu central, la plus indubitable, c'est l'action des volcans, dont la terre est à la lettre criblée, du moins quand on met en ligne de compte, non-seulement ceux qui ont fait éruption depuis les âges historiques, mais encore ceux dont TexistencB est mise hors de doute parles produits ordinaires des volcans, savoir des épanchements de lave, des basaltes, des sables volcaniques et toutes les roches dont Torigine ignée n'est pas douteuse. Bien plus, dans les couches relevées de hautes montagnes, on reconnaît des laves qui, dans une période antérieure à la nôtre, avaient pénétré au travers de l'écorce d'alors de notre globe, et qui depuis ont été soulevées, disloquées, inclinées avec les couches qu'elles avaient

pénétrées antérieurement. Mais, dira-t-on, en admettant une rupture dans une plaine continentale, une crevasse, une fente dans le terrain et qui pénètre au travers^ comment les matériaux en fusion du noyau central nous arriveront-ils?

D*abord je remarquerai que la disposition des volcans sur le globe est précisément d'accord avec cette idée de fissure longitudinale s'étendant en longue ligne droite ou sinueuse. Tous les volcans du monde sont ainsi alignés par séries nombreuses qui suivent les lignes de brisement de la croûte du globe, soit le long du faite, soit le long de l'enfoncement qui constitue la rupture des couches primitives. Tels sont les volcans d'Auvergne, prolongés le long de l'arête saillante de la France centrale du nord au sud. Telle est surtout la formidable ligne volcanique qui suit les sommets de la Cordillère américaine de l'ouest, le long des côtes occidentales, depuis la Californie jusqu'au Chili, en passant par le Mexique et le Pérou. Partout une longue ligne de rupture a produit une longue ligne de bouches volcaniques. On conçoit facilement qu'au moment où le sol se brise, le fluide intérieur, n'ayant plus à supporter les 60 kilomètres de terre qui pesaient sur lui, s'élève et s'élance dans l'ouverture faite, et cela exactement comme l'eau s'élève et s'élance entre les glaçons d'un lac dont on brise la croûte solide; mais, après avoir un peu dépassé le niveau et vomi un peu de matière liquide, qui est de la lave, le fluide central, plus lourd et plus compacte que les continents qui flottent sur lui, rentre dans l'ouverture et s'y tient au-dessous du niveau de la glace en vertu de son excès de pesanteur. L'assimi-

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