‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 3)Chapitre 12 sur 49 · DE LA CONSTITUTION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE LA CONSTITUTION INTÉRIEURE

lation est complète^ et si de plus on admet que par un froid prolongé l'eau qui est entre les glaçons vienne à se solidifier et à reàsouder pour ainsi dire la surface, on comprendra que la lave, après s'être élevée à la hauteur convenable à son poids spécifique, se solidifie ensuite, ferme la communication entre Tintérieur et l'extérieur de notre globe, et ressoude l'enveloppe fracturée de la terre. Plusieurs volcans, parmi lesquels on peut citer, je pense, le Mowna-Roa des îles Sandwicb, semblent être une communication fluide avec le feu central, et la hauteur des plaines de lave du cratère intérieur serait bien curieuse à déterminer. Du haut de ses bords, qui forment un vaste cirque de 5ooo mètres d'élévation, on peut contempler un beau spécimen du feu central aboutissant à la surface du globe, et qui plus tard se changera en une plaine de lave solidifiée fermant la communication avec le noyau central et complétant l'enveloppe totale de la terre.

Il va sans dire que les tremblements de terre sont un accompagnement presque obligé de toute éruption volcanique. Il serait difficile d'admettre que le sol, en se brisant, le fit avec un tel calme et avec si peu de secousses, qu'il n'en résultât aucun déplacement de niveau; mais l'apparition d'un volcan n'est pas réciproquement la suite forcée d'un tremblement de terre, car on conçoit que le sol et les couches du terrain peuvent retomber à un état d'équilibre plus stable sans pour cela livrer passage au fluide igné sur lequel ils flottent.

On doit à M. de Humboidt d'avoir bien établi que le noyau central du globe réagit de l'intérieur à l'extérieur

DU GLOBB TERRESTnE. 69

pour pousser le fluide incandescent au travers des ouvertures que tout changement de forme doit déterminer. Ce fait important s'explique facilement par la pression des continents sur le noyau central, laquelle pression force le liquide intérieur à s'insinuer dans tout espace vide avec lequel il peut communiquer soit latéralement, soit de bas en haut. Cependant cette pression ne suffît point pour rendre compte de certaines éruptions des plus violentes, et dans lesquelles ce n'est pas la lave qui parait, mais une colonne de i8 à 20 kilomètres qui se fait jour au travers de l'atmosphère avec une force irrésistible, et dont la matière, évidemment de nature élastique et gazeuse, retombe en pluie fine de sable volcanique. C'est, pour ainsi dire, de la lave gazeuse qui s'échappe du sein entr'ouvert de la terre, et nous apporte un témoignage irrécusable de l'existence de la couche élastique que Laplace admet pour le noyau terrestre au-dessous de la couche liquide de lave qui s'épanche des cratères avec des paroxysmes bien moins intenses que ceux qui accompagnent la sortie du gaz plus central.

Pour bien établir l'ordre des trois substances qui composât l'ensemble du globe, nous mentionnerons d'abord l'enveloppe solide formant le sol universel de la terre, tant celui que nos continents nous montrent à ciel ouvert que celui qui est recouvert parles eaux des divers océans auxquels il sert de fond et dont il dessine les bassins. D'après la profondeur à laquelle toutes les matières connues de l'intérieur du globe seraient fondues et fluides, l'épaisseur de cette couche solide peut dépasser 60 kilomètres. C'est à peu près la hauteur de

Page 1