DE LA GONSTITDTIOIV INTÉRIEURE
et que par saite tout le système de ces lignes semblera marcher vers l'occident. C'est aussi très-expressément ce qui a lieu et qui jusqu'ici n'a point été expliqué. Pour éclaircir ce fait, il faut savoir qu'à Paris, en 1666, année de la fondation de TAcadémie des Sciences, l'aiguiile aimantée pointait juste au nord, et qu'ainsi elle indiquait exactement le sens du méridien. Il n'en fut pas de même les années suivantes. L'aiguille aimantée faussa sa direction polaire, et quelques années plus tard ce fut Londres, à l'occident de Paris, qui jouit du privilège de voir la boussole indiquer le vrai nord. Plus tard , ce fut l'Irlande , et de nos jours il faut franchir l'Atlantique et même pénétrer assez avant dans les États-Unis pour trouver l'aiguille nord et sud eomme elle était à Paris en 1666. Je crois me souvenir que c'est en quatorze cents ou quinze cents ans que les lignes magnétiques font le tour du globe, ce qui indiquerait que les continents feraient une révolution de plus que le noyau central en quinze cents ans environ. Ce seraitun tour de plus au bout de cinquante mille tours, ce qui n'a rien d'improbable. Ce résultat est-il d'accord avec le suraplatissement de la terre en Europe? C'est ce qu'il faudra calculer.
Avant d'aller plus loin dans le champ de ces conjectures, remarquons que cette constitution a fait de notre globe une vaste machine électrique par le frottement des continents solides sur le noyau fluide intérieur, et que dès lors nous avons en main une cause qui peutpétre rendra raison des aurores boréales et australes, si complètement inexpliquées jusqu'ici. Tout ce qu'on sait de ces brillants météores c'est qu'ils tirent leur origine
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de rélectricité en mouvement, et que par suite ils ilhiminenile ciel en agissant sur Taigullle aimantée, qu'ils tourmentent pendant toute la durée de leur apparition. C'est certes un phénomène bien extraordinaire que de voir un léger barreau aimanté, délicatement suspendu aous les voûtes de 1 Observatoire de Paris, trembler et s'agiter aux lueurs d'un météore qui n'illumine que le nord de la Suède. Ces. belles observations sont de M. Arago. Voici un fait dont j'ai été témoin. Un savant voyageur, M. Fiedler, lui parlait de ses voyages dans le Nord à la recherche des mines. « Avez-vous observé de belles aurores boréales? lui dit M. Arago. — Sans doute, lui répondit M. Fiedler, et au commencement de i8i5 j'en ai vu une d'un éclat éblouissant....— Arrêtez, lui dit M. Arago, ne me dites pas la date, je vais la trouver sur mon registre d'observations de l'aiguille aimantée. » Pendant la sortie de M. Arago, M. Fiedler me donna exactement la date de son aurore boréale, qui coïncidait avec le jour de la naissance de son premier fils. Sur ces entrefaites, M. Arago descendit avec son registre, et nous montra une perturbation très-grande de l'aiguille magnétique au jour précis indiqué par M. Fiedler, date qu'il avait, à la demande de M. Arago, inscrite sur mon portefeuille. Ici comme partout, c'est la même remarque : si nous ne savons pas, la postérité saura. Depuis Laplace, les mathématiciens, rebutés par les difficultés de l'entreprise, semblent avoir déserté le champ des spéculations relatives à la forme de la terre, à la stabilité des mers, à l'équilibre général ou plutôt à la constance des mouvements de rotation du globe sur lui-même. Un jeune mathématicien anglais, M. Hen-