DE LA CONSTITUTION INTÉRIEUBB
nessy, me parait être entré dans la bonne voie de l'école française et avoir posé les bases de la solution de bien des problèmes aussi importants que nouveaux. Malheureusement le nombre de ceux qui peuvent apprécier des travaux d'un tel ordre est très-petit. Laplace, qui dédia à Napoléon sa célèbre Mécanique céleste^ en reçut une lettre de félicitations aussi noble que profondément pensée, et qui conGrme ce que je viens de dire.
De toutes les périodes naturelles, à savoir le mois lunaire, l'année solaire, les révolutions des planètes, aucune n'est fixe. Le jour seul est invariable; c'est la seule mesure exacte du temps. L'année est aujourd'hui plus courte de quelques secondes qu*au commencement de notre ère. Le mouvement de la lune est on ne peut plus irrégulier. C'est donc au jour qu'il faut tout rapporter. Or, physiquement parlant, peut-on admettre que la rotation de la terre, qui donne cette période, est tout à fait constante?
Oui, si l'on pense que dans les commotions du globe les masses qui retombent sont de très-petite importance par rapport au globe entier; autrement le mouvement de rotation de la terre serait accéléré, et le jour diminuerait dans sa durée. Or nous savons, sans crainte d'erreur aucune, que la durée du jour est restée invariable depuis la naissance de l'astronomie jusqu'à nous, car les anciens ont mesuré plusieurs périodes astronomiques avec le jour de leur époque, et comme ces durées se trouvent exactement les mêmes quand on les mesure avec notre jour du xix* siècle, il faut nécessairement en conclure que le jour est resté le même, puisqu'on se servant de cette mesure pour le même ob-
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jet, on trouve le même résultat. Cependant, à Tépoque des grandes catastrophes et des grandes chutes de matériaux de la surface du globe vers son centre, la rotation a dû être sensiblement accélérée. Il est facile du reste de calculer l'effet produit sur la durée du jour par un rapprochement du centre égal à lo, à 20, à 3o mètres pour toute l'écorce du globe. La communication du mouvement de la partie extérieure à la partie intérieure, en changeant les vitesses primitives, doit être aussi une cause de changement lent dans la forme du globe et dans la durée de sa révolution. Enfin, en admettant une vitesse plus grande des masses continentales, il devra résulter plusieurs effets curieux de réaction entre les continents et le noyau central , suivant que les continents passeront sur telle ou telle partie du noyau, accidentellement plus chaude ou plus élastique, plus légère ou plus compacte.
Il n'est guère personne qui ne sache que la terre tourne autour d'un axe passant par deux pôles ou pi-, vots qui sont fixes dans le ciel comme sur la terre. C'est ce qu'on voit quand on fait tourner un globe géographique ordinaire sur les supports qui le dirigent. Or ce cas de la fixité des pôles est en mécanique un cas ex^ ceptionnel. Un corps en rotation pourrait, comme la toupie, tourner en se balançant circulairement, et Taxe de rotation tournerait lui-même dans un cercle autour d'un axe fixe. Tout ce qui trouble la rotation d'un corps tournant produit cet effet du balancement en rond de l'axe du corps. Ainsi cet effet a dû se produire au mo« ment de la dernière catastrophe du globe, car il n'est guère possible d'admettre que la précipitation des ma-