‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 3)Chapitre 25 sur 49 · DE LA PLUIE ET DBS INONDATIONS. II · texte numérisé non relu

DE LA PLUIE ET DBS INONDATIONS. II

déplacé; il était remonté jusqu'à la Baltique et au nord de rAllemagne, et il avait interrompu le décroissement régulier de la chaleur qui a lieu à mesure qu'on s'élève vers le pèle, à un tel point, que le nord de TAllemagne se trouvait momentanément plus chaud que le milieu de cette vaste contrée.

C'est sans doute cette circonstance qui a rendu les dernières années remarquablement sèches dans l'Angleterre du sud : le courant humide passait plus haut. Je n'ai pas besoin de dire que cet état de choses était exceptionnel et pour ainsi dire forcé. Ce n'est point le régime habituel du courant atlantico^uropéen , lequel passe d'ordinaire par le milieu de la France. Cette année une rechute s'est opérée. Le courant a repris son ancienne direction, et il est venu aborder la France par son milieu, reprenant ainsi son cours naturel. Mais il n'a point trouvé les voies préparées; il n'a point trouvé établis les déversements naturels vers le midi dont nous avons parlé plus haut. Il a rencontré un obstacle dans l'immobilité de l'air de la France, jusqu'à ce que le régime primitif des déversements naturels ait été reproduit. Cet air humide a donc dû s'entasser au-dessus de l'atmosphère du milieu de la France, et par suite il a été soulevé, dilaté, refroidi, et nous a donné des pluies désastreuses, n est évident que la surcharge de l'air a rétabli les anciens courants, et que sans doute les pluies de i856 ne se renouvelleront pas en 1867. On voit, parce qtii vient d'être dit, combien il est important de jeter un coup d'œil d'ensemble sur le globe entier, et combien il est nécessaire d'en connaître le régime normal et les ex ceptions qui viennent suspendre le cours régulier des

Page 1