DB LA CONSTITUTION INTÉRIEURE
toujours prête à s'échapper dès que certaines causes mécaniques amèneraient dans Tenveloppe supérieure des fentes, des ouvertures, de dislocations qui lui livreraient passage?
Telles sont les questions que, depuis iin demi-siècle à peine, une science encore au berceau , la géologie, est parvenue à poser nettement. Avant de procéder à des recherches fructueuses, Tesprit humain a besoin de savoir ce qu'il doit rechercher. C'est un adage confirmé par Texpérience, qu'une question bien posée est plus qu'à moitié résolue. C'est un grand progrès pour la science de pouvoir formuler ce qu'on ne sait pas. Pour fixer les idées, je commencerai par établir que tous les corps de la nature se montrent à nous sous l'un des trois états suivants: solide, liquide ou fluide élastique. Le premier état est bien connu : les roches, les terrains, le bois, la pierre, le fer, enfin tous les corps durs vivants ou inorganiques nous en offrent des exemples. L'état liquide n'est pas moins connu : les océans qui recouvrent la plus grande partie de la terre d'une eau salée; les fleuves, les lacs, les sources, les ruisseaux; enfin divers produits moins répandus dans la nature, comme le mercure, l'huile, le sang et les fluides animaux, le vin, l'alcool, Téther, toutes ces substances sont des types ou'des exemples de l'état fluide. Quant au troisième état, l'état de fluidité élastique, nous en avons des types dans l'air que nous respirons, dans le gaz d'éclairage, dans le gaz hydrogène, dont on se sert pour remplir les aérostats, et enfin dans le gaz plus lourd qui, au fond de la célèbre grotte du Chien, près de Naples, et en mille autres endrois du
DU GLOBE TERRESTftE. Sj
globe , asphyxie les animaux qui s'y trouvent plongés. La vapeur d'eau est encore un fluide élastique ou gaz que développe la chaleur, et dont Tirrésistible énergie unit, chose rare dans les moteurs, la vitesse à la force.
Tous ces fluides élastiques, ces gaz, sont caractérisés par une légèreté telle, qu'étant enfermés dans des vases de grande capacité, ils n'en augmentent que très-peu le poids. Us sont donc peu compactes, peu condensés, ou, pour parler le langage précis de la physique, ils ont un poids spécifique fort petit. Ce serait néanmoins une grande erreur de croire que la légèreté fût un attribut constant de l'état élastique. En renfermant des liquides dans des enveloppes de fer ou dans d'épais tubes de verre, et en les chauffant fortement, au risque des plus dangereuses explosions, M. Gagniard de laTour, Membre de l'Institut^ est parvenu à les gazéfier dans un petit volume, et leur a donné ainsi une grande compacité, jointe à une élasticité formidable. L'eau, Tal- ^, Téther, ont subi cette étonnante modification , et si l'on imagine les matières terrestres ainsi gazéifiées par le feu centrai du globe, on n'aura aucune répugnance à imaginer que de tels fluides joignent à un poids égal à cinq ou six fois le poids de l'eau une force éWstique suffisante pour porter le poids des couches terrestres, de là surface jusqu'au centre.
le ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit plus haut de l'origine astronomique de la terre. La cosmogonie mécanique de Laplace nous montre la terre et les planètes se conglomérant à l'état de fluidité élastique, formant des masses arrondies qui tournent sur f^lles-mèmes et conservent dans leur intérieur le feu.