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ue Neptune. Donc, comme curiosité, sauf Tauxioligé d'une belle et bonne tempête, la grande rochaine n'offrira rien d'extraordinaire aux trains ir du 8 mars arrivant pour la marée du 9. Notez sera cependant infiniment plus instructif et plus que que de passer une ou deux soirées au café spectacle.
une vieille rancune contre ces grandes marées, isieurs amateurs, sur mes annonces du mascaret, lés à Dieppe ou au Havre et ont été surpris de ir rien d'extraordinaire.
(onsieur, me disait aigrement une jeune personne
inze à soixante ans, votre mascaret a manqué à
>ourg où je suis allée pour le voir I — Madame, il
de mascaret qu'en rivière, et vous ne deviez pas
vous attendre à en trouver à Cherbourg que vous
)us attendriez à voir jouer Phèdre ou le Cid si
entriez au Vaudeville. — Âh ! »
nsi, c'est vers l'embouchure des fleuves et de cer*
^ fleuves comme la Seine, la Dordogne , le Gange,
'us, l'Amazone ; c'est dans la Saveme ou Severn, en
leterre, et au mont Saint«Miehel, en France, que le
caret est beau et même redoutable. On cite cette
odote pour le mascaret ou bore de la Saveme : Un
«rai un peu outrecuidant veut traverser le fleuve au
ment où Ton attend le flot. Il force le batelier à le
'indre à bord et à partir. Le mascaret les accoste au
' Hieu du trajet et tout le monde manque de périr. L'a*
* iial eflf^yé demande au batelier s'il ne se noie per*
^)9&e dans cette traversée. « Is not hst any bodjr
*W^ (mot à mot ne se perd-il aucun corps ici?) -~
No bodvy sir, (mot à mot pas un corps, monsieur;, car à la dernière grande marée mon frère s'est noyé et nous avons retrouvé son corps à la bs^se mer suivante. »
J'ai poursuivi pendant un quart de siècle le mascaret de la Seine pour en pénétrer la cause, qui est le retard qu'éprouve la vague primitive en arrivant dans une eau moins profonde, retard qui fait que les vagues subséquentes atteignent et dépassent les premières vagues et retombent en cascade destructive par-dessus ces premières. Maintenant que le public y a pris goût^ je suis harcelé par le maudit mascaret. C'est ce qui me force à écrire ces lignes, qui sans doute paraîtront une redite à bien des lecteurs. L'année dernière, une lettre de Rouen me fit savoilr que c'était à Caudebec et un peu au-dessous que le mascaret faisait ses ravages. Le territoire de la petite ville de Villequier, à 20 Ueues de l'Océan, était à moitié emporté par ce redoutable fléau. En effet, je fus témoin dans une des marées d'automne d'un violent assaut livré à la terre par le flot déracinant. Depuis cette époque on a essayé de protéger le littoral contre le mascaret, et M. Ëmmery, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a organisé des digues en pierre dont je ne connais pas le résultat et qui pourraient bien être balayas ce mois-ci, comme cela n*est malheureusement arrivé que trop souvent^ C'est donc sur Yvetot et sur Caudebec et Villequier qu'il eût fallu organiser des trains de plaisir pour avoir quelque chance d'un bel effet de mer. C'est là qu'il faut que les peintres et les photographes se dirigent. Voici ma réponse à une nuée de lettres sur le mascaret, qui est devenu pour moi un vrai cauchemar. Quand nos aïeux faisaient
ET MHTÉOROLOGIE. 1^5
n pacte avec le diable, ils avaient beaucoup de peine se mettre en relation avec le démon, mais ensuite ils vaient encore plus de peine à se débarrasser de son •bsession ; ainsi, le mascaret que j*ai poursuivi si long* emps , me poursuit à son tour, sans que je puisse Vé* iter.
Le mascaret, ou barre, ou pororoca, ou bore, ou tloty i'est pas une marée , c'est une cascade produite par le etard du flux arrivant, lequel ne monte pas graduelleœnt comme la marée le long des côtes. Ce n'est qu'à 'embouchure des fleuves ou sur les rivières à eau peu irofonde, comme à Bombay et au mont Saint-Michel, {ue cet effet se produit. Le vent de mer, qui augmente A hauteur de la marée, diminue la force du mascaret, puisqu'il pousse l'eau .devant lui et s'oppose au retard qui en produit l'accumulation et la cascade. Bien plus, le mascaret du 9 mars a des chances d'insuccès (style Béologique ), car il y aura beaucoup d'eau dans la rivièrft entre Caudebec et Villequier, et la marée montante sera moins arrêtée qu'elle ne l'est dans l'automne où les eaux du fleuve sont basses. C'est donc au mois de septembre prochain, à la nouvelle lune, avec une marée de 1 16 de<grés, que le spectacle sera probablement très-beau. A la vérité, il y aura ï degré de moins de hauteur ( environ la longueur d'une des -lignes de cet ouvrage), mais le retard sera bien plus grand dans les basses eaux et la cascade beaucoup plus prononcée. En automne dernier, ce ne sont pas les plus fortes marées qui ont été les plus destructives. Si je n'avais pas été pris à l'improviste par les réclamations du public pour ce présent article, j'aurais su de notre excellent ingénieur, M. Em^
^^ ASTIONOMIE
«tfrx , ,1^ àl A est de SI latte avec FOcéan. J'ai déjà i^: ^c» > mmi$ine des travaux publics lui a accordé ^VAX» frftaic$ pcwr la protection de Villequier, dont le }<^^; vmtoèi)^ «uit menacé d'une destruction com-
^.''oc:. ^uf convenances individuelles, la route que je^r.-tt; $9s:\i>^ ]^ amateurs do mascaret de la pleine "^xw rrvvhji:iie i{Qi veulent économiser le temps d'a- Ktxi, Vt fitipxe ff^ttite et enfin la dépense :
IVi» V $ mus au soir, a 6 heures, par le train <%; \:jt ie Piinj^ au Hivre. voos serez, suivant le livre ,>«i cVca:» ce ier. à io*i* à Tvetot (où il n'y a ,iU3$ ôe rofis^ . Vv>tt$ tixxivefet une auberge dans l'en- ^\^T:i> :=kHa»^ oe si station. Tous sera à ii kilomètres ,v OjtvskS^Nev c< iî ny a plus de chapeaux), et le ^xKxtrvji^s sutin un M oomibus à trois chevaux \v^4^ ttv;;ni a ctfïmnatioQ avant Tarrivée de TOcéan. U' ^^r, eo«>iNitt mdfescan^ au datr de lune. Le lende- ;ua::t »ii;:aL >ct&> in« fliuA-ttiTArr à Villequier, et le x\\tv Àxr cKt ic" YvHK^ sera de retour à Paris.
v\*ittat<» oa sent ea pieùie ssvxy^, je conseillerai aux \;\i:ai. itiwftfCTS i ^l'er ^oir W 9 au soir, au clair de la ^soiK' lun^v . jirrxxee dn lloi à Villequier. Ce sera un \\tu ^^HVuSe. $t le Iro^^em de la rivière et le vent siv^ mvY (t\Y vri ne $\?(>|>iMettt pft» à son développement vHt )^iijUKi. S.'u^^ftkTA^^vHKi de k chanson de Bérange^
t v^ vkMutvHVif^ um tw KV qu» WMK «VOOS passécs ont été \vaKit^^UlJtN<'UM»4 oddttwi^ Ttriiii>^pim de vent el encore
ST MÉTÉOBOIOGIB. 247
moins de ploie, malgré la girouette clouée à Touest. Tel était leur caractère principal. « Oh ! oui, Monsieur, me disait alors un interlocuteur, vous avez bien raison, aujourd'hui on allume facilement un cigare en plein air; c'était presque impossible il y a trois ans. »
Nous voilà revenus au vent et à la pluie et même à la neige dans un grand nombre de nos provinces de France. Ceci me rappelle la réponse naïve d'un Ecossais du nord-ouest, pays qui, comme l'ouest de TAngleterre, reçoit des pluies continuelles et pareilles en quantité aux pluies temporaires des régions tropicales. Un touriste confiné depuis nombre de jours dans une chambre d'auberge s'adresse à l'hôtelier et lui dit : « Mais dans votre détestable pays vous avez donc tous les jours de la pluie? — Pardonnez-moi, monsieur, nous avons aussi assez souvent de la neige! » Le touriste, désespéré, ne songea plus qu'à son retour.
La pluie et le vent sont liés entre eux comme Teffet à la cause. Tout le monde convient que la précipitation de la vapeur contenue dans l'air provient d'un refroidissement, et que toute cause produisant ce refroidissement déterminera une précipitation d'eau, c'est-à-dire de la pluie. Dans les hivers polaires, où les hommes sont ensevelis sous terre dans leurs yourtes (i) bien chauffées, toute bouffée d'air glacial arrivant du dehors i produit un nuage, une pluie et souvent même d'abon-
(i) Vi^es Virgile :
Ipsi in defossis specubns secura sub altâ Otia agunt terra.
'i4B ASTBONOMIE
danlrt flocons de neige. C'est aussi ce qu'observèrent nos académiciens dans leur voyage au cercle polaire pour lu mesure d'un degré du méridien. Or, pour produire un refroidissement de trois degrés centigrades, il suffit (rtMovcr une masse d*air d'une hauteur de aoo mètres. (Vont ce que fait le vent ou courant d'air, soit en poussant Tair le long des flancs des montagnes, soit en le faisant passer au-dessus d'une masse d'air en repos qui fait obstacle à son mouvement, je dirais presque (lui fait montagne pour le courant arrivant. Par contre, le soir, par un temps calme, dans les environs de Paris, on voit baisser d'heure en heure les nuages soulevés par l'agitation que produit la chaleur solaire. En bais« sant, ces masses nuageuses se réchauffent par compression, et leur humidité reprend sa transparence. Le nuage se dissipe donc peu à peu. Parfois, dans les pays accidentés, on voit du sommet des pics élevés, quand l'atmosphère est tourmentée pat de violentes bourrasques,; on voit, dis-je, des nuages se former pour un temps trèscourt dans des portions d'air soulevées et dilatées. Ces, portions d'atmosphère donnent aussi des pluies qui ne tombent pas jusqu'à terre, et même la neige qui s'y forme se remet en vapeur longtemps avant d'atteindre le sol. Souvent les aéronautes^ après avoir percé de bas en haut les couches inférieures des nuages, ont trouvé au-dessus une épaisse couche de neige dont les flocons étaient sans doute maintenus à distance par leur état électrique, comme l'est la poussière des grandes routes dans le midi de la France, où elle ne tombe pas, même pendant la nuit. Au-dessus de ces neiges, l'espace, dépourvu de tout rayonnement calorifique de la terre,
BT MéllftOEOLOGIE. 249
était à un état de froid épouvantable. Cest ce qu'ont observé en plein été MM. Barrai et Bixio dans leur curieux voyage aérostatique. Ainsi, le vent n'étant que Tair en mouvement, et tous les mouvements généraux devant nécessairement produire des soulèvements, quand une masse arrivante sera obligée de passer et de rouler au* dessus des masses fixes qui lui font obstacle, il y aura âévation, diminution de pression, dilatation et enfin refroidissement. Voilà la théorie de la production de la pluie et comment le vent, en déterminant des soulève^ m^ts, est, quoique secondairement, la cause la plus efficace de la pluie. La neige et les pluies locales de cette année, liées pour l'époque aux tempêtes et aux rafales qui ont signalé ces derniers mois, sont un exemple frappant de cette théorie.
Il est remarquable que les anciens, qui dans leur polythéisme avaient personnifié tous les phénomènes de la nature et notamment les fleuves, les fontaines, n'aient rien fait en laveur de la pluie, 'que cependant Homère qualifie de pluie venant de Jupiter ; dios owbros. Voyez au contraire Eole ayec.ses quatre vents. Aquilon, Eurus, Notus et le Zéphire au souffle pernicieux qui domine tous les autres en énergie. Les Orientaux, dans leurs contes et apologues, nos aïeux dans leurs légendes, ont laissé la pluie tout à fait de côté. Voici sur le vent une légende empreinte d'un esprit satirique dont l'effet est un peu manqué aujourd'hui, où nous n'avons plus ces grands monastères avec leurs chapitres et leurs immenses b&timents qui opposaient un obstacle au mouvement de l'air et lui faisaient acquérir une vitesse et une force considérables. C'est ainsi qu'à l'angle sud de l'église de