‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 4)Chapitre 6 sur 14 · TI · texte numérisé non relu

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[770 par Liakof (Liaikhov). Il faut ajouier quelque dose à ce que le monde savant depuis 1804 répète sue les mammouths conservés intacts par le froid. Pour le^ végétaux comme pour les animaux, les trois ou qualit lies principaloB de ce groupe gardent des trésors d'archéologie organique. Si, suivant l'assertion de M. Guizut. contre-Bignée par M. Airy, l'astronome royal d'Angleterre, la France est le grand pionm.fr dis ii science, e)le oe doit pas ignorer quand elle peut savoir.

Je ne parle pas de toutes les questions d'aurores Ll^ réales, de magnétisme terrestre, de pesanteur, de géo graphie physique que cette expédition pourrait examiner et résoudre, et je demande pardon de n'avoir pas mi^ ïTant mon nom ceux de MM. Duperrey et du Petit- Thouars, qui ont infiniment plus d'autorité; mais dan» iedoroainede la science, l'empire souverain est celui de la vérité. Un renseignement curieux, que j'ai oublit.' de mentionner parmi toutes les observations de /^i Mne-Horténse, c'est que, dans les mers arcUques qu'elle a visitées, l'aiguille aimantée, qui pointe ici vers le nord, se dirigeait là-baut vers l'ouest, et même m peu pis que cela. 11 faut donner a H. Duperrey li? «Ofen de mettre à jour ses cartes magnétiques jus- 'fg'en 1860, et fournir au xx' siècle, qui maintenant MUS talonne de près, des données dont il nous serii bcconnaissant, ainsi que les siècles à venir.

, (Hotembre iSij.)

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^vêleront bien des secrets du monilo

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ET

METEOROLOGIE.

Slouvelles deâ Soiencet. — lies petites planètes et la conservation des individus du système solaire. — lia nouvelle petite planète Oalypso. — lia lune rousse et quelques préservatiAi contre les mauvaises influences de la saiscm pendant avril et mai. — Hygiène des mois derniers.

Le Courrier du Gard du i3 avril i858 contient un article ou réclamation de MM. Valz et Laurent sur ce que j'ai dit de la planète Némausa. Je veux bien porter à la connaissance de mes lecteurs les inculpations de ces messieurs. Je suis un homme léger; il ne faut pas attacher à mes opinions scientifiques plus d'importance que je ne parais en attacher moi-même; ma plume court et suit ma vive imagination (quelle flatterie ! ) ; je suis un bel esprit plutôt qu'un astronome de profession (ah ! c'est me combler ! ) ; l'inexactitude des chiffres de M. Valz ( c'est lui qui parle ) ne pouvait surprendre qu'un esprit superficiel (le mien! ), et même avec l'orbite fausse on a pu retrouver Némausa après de lon^ gués interruptions causées par le mauvais temps.

lO^ ASTRONOMIE

Co dernier point est parfaitement juste, et voici encpioi je crains de n^ pas l'avoir été envers M. Valz, qui est niembre correspondant de rAcadémie des Sciences, et dont les travaux à Tobservatoire de Marseille sont Tobj(H d*une estime universelle. Ainsi, pour le monde scientitlquo, je n'aurais besoin d'aucune. apologie envers mon célèbi^ confrère de Marseille. Mais ceux qui ne savent (ws que M. Valz occupe un rang distingué dans la science, ot qu'il a fait de l'observatoire de Marseille un des établissements les plus honorables à la France, ceux-là connaîtraient la critique sans être au fait du mérite, ce ((ui serait fâcheux. Je fais donc pleinement réparation d*)H)nnour à M. Valz et lui pardonne de bon cœur le di^sugrément qu'il m'a attiré. Le nombre des personnes (lui on France cultivent la science autrement que professionnel loment, c'est-à-dire qui font plus que les devoirs imposés par leur place, est si petit, qu'il faut bien so garder de les décourager, ou même de ne pas les applaudir hautement.

j'en dirai autant de M. Laurent, pour lequel je pourrais parodier le mot du fameux satirique du xvi" siècle, en disant : Voilà une bien petite planète pour une si grande susceptibilité! Il a dit qu'en dépit de moi sa planète suit la route que Dieu lui a tracée. C'est incontestable. De plus, je crois qu'elle suit l'orbite de M, Valz, corrigée par cet académicien d'après des observations ultérieures, et que M. Laurent n'a pas voulu dire quelque chose de désagréable à son maître. Or je ne puis, malgré tout, trouver que des paroles de félicitation pour un astronome amateur qui nous enrichit d'un nouveau corps céleste, il est possible qu'il en découvre

ET MÉTÉOROLOGIE. Iô5

encore qui nous révéleront bien des secrets du monde planétaire.

Je crois être à peu près le seul de tous ceux qui sui^ vent les progrès de Tastronomie qui défende la cause des petites planètes. Certains savants alleinands avaient poussé la chose au point de vouloir interdire aux observateurs des recherches nouvelles dans ce champ de la science. J'ai du reste, malgré ma légèreté scientifiqiœy de bonnes raisons à donner de ma prédilection pour les petites planètes, comme on va le voir tout à Theure. Aussi j'engage plus que jamais M. Laurent, au nom de l'autorité que, suivant lui, ma position me donne, à continuer ses travaux, et Vimpréviiy qui a toujours la part du lion dans les découvertes scientifiques, lui offrira l'équivalent de ce que n'a pas été sa Némausa. Cherchez et vous trouverez. Dans l'état actuel de la culture de l'astronomie en France, on ne peut témoigner trop de sympathie pour ces volontaires courageux qui ne sont payés qu'en renommée, laquelle même, sur un champ de bataille si éloigné des yeux du public, leur manque pour la plupart du temps.

Cette année nous a déjà valu trois petites planètes : Némausa, de M. Laurent; Europe, de M. Goldschmidt, et Calypso, de M. Luther. Cette dernière est encore plus extraordinaire dans sa marche que tout ce qu'on a trouvé ou présumé pour les petites planètes plus anciennement découvertes. M. Littrow fils, astronome impérial à Vienne, a fait un beau travail sur les moisinements mutuels qu'offriront les petites planètes, qui, au nombre d'un demi-cent, entrelacent leurs orbites et pourraient se rencontrer ou se perturber mutuellement.

loG ASTRONOMIE

La masse très-petite de ces planéticules rend ces voisinages futurs peu efficaces pour déranger leur marche quand elles subissent pendant quelques jours seulement les effets de leur mutuelle attraction. Mais près des grandes planètes il en sera tout autrement, et voilà la recherche que l'astronomie attend de préférence. Ce sera sans doute une bonne nouvelle pour les astronomes que de leur apprendre que M. Le Verrier tourne son attention vers ce sujet épineux, et qu'il attend, ces mois-ci, avec intérêt l'apparition de Nysa.

Voici enfin Calypso, que je réservais per boccone (pour la bonne bouche). Croirait-on que son. orbite, calculée par M. GËItzen, entre dans l'orbite de Mars à son point le plus près du soleil, et dépasse l'orbite de Jupiter à son point le plus éloigné de l'astre central ? Si elle passe près de Mars à son périhélie, elle sera fortement perturbée dans sa marche ; mais si elle arrive au point opposé quand Jupiter y sera, elle est perdue. Sa marche sera tellement changée, que, comme la comète de Lexell en 1770, elle deviendra peut-être invisible à toqt jamais, et qu'elle pourra être lancée dans l'espace céleste sans retour. C'est un risque que je me plais à indiquer à ceux pour qui la crainte est une sensation délicieuse ou du moins très-recherchée et qui ont peur même d'une comète I Je leur dis que si une comète ne peutrien contre nous, il pourrait bien se faire qu'une toute petite planète décrochée par le Jupiter d'un autre soleil que le nôtre vint choquer en plein notre globe avec une vitesse que je n'ai pas ici le temps de calculer, mais qui, appartenant à un boulet dix fois, cent fois, mille fois plus ) que le mont Blanc, le Chimboraço ou l'Immaiis

(Himalaya), ferait dans notre terre une asseî belle trouée s'il la frappait en plein continent, et un beau rejaillissement d'eau salée s'il tombait en plein Océan. Comme il est avéré, d'après l'assertion de M. Laurent, que je laisse courir ma plume au gré de la folle du logiSy je dirai hardiment que le fameux navire le Président^ qui n'a pas reparu, et toutes les catastrophes pareilles proviennent de petites Calypso détachées du monde planétaire des soleils autres que le Phébus autour duquel nous tournons, et j'engage les assureurs du Léviathan à exiger quelques centimes de plus, de crainte d'un risque pareil.. Plaisanterie à part, le bolide du Connecticut qui canonna la terre de ses débris enflammés en 1804, était bien de taille à rivaliser de grosseur avec nos petites ' planètes, d'après l'estime actuelle de leurs dimensions, que j'ai donnée dans une précédente étude.

Heureux les observateurs qui nous succéderont sur cette terre, lorsque, par Iqurs calculs, ils auront prévu que Calypso sera lancée par Jupiter dans les espaces célestes, ou qu'elle devra aller buter contre Mars de plein fouet, et qu'ils verront se réaliser leurs oracles mathématiques, comme cela a eu lieu pour la planète de M. Le Verrier I Un ecclésiastique, correspondant anonyme, du reste excellent métaphysicien, enchanté de ce que^ d'après Euler, Lagrange et Laplace, j'ai dit sur la sagesse qui a présidé à la stabilité du système planétaire, me communique une raison qui, suivant lui, doit conduire à la même conclusion de stabilité que les formules des mouvements célestes. La voici : Si une de nos planètes quittait le soleil et se perdait dans les régions 4^ l'espace gelées à 120 degrés au-

Io8 ASTRONOMIE

dessous de la glace, que deviendraient ses habitants? J'opposerai dialectique à dialectique, et je demanderai à ce métaphysicien s'il est sûr qu'il y ait des habitants dans ces petites planètes. Si la terre, il y a six ou huit mille ans, eût été emportée dans l'espace, comme elle n'était point encore peuplée par la race humaine, il n'eût péri que des animaux, et à ceux qui seraient membres de la Société protectrice je dirai que, sans être arrachée de son orbite, notre terre a vu antérieurement et à plusieurs reprises périr en masse ses populations animales et végétales. La Bible nous dit que Dieu a livré le monde aux hommes pour qu'ils se le disputassent, mundum tradiditdispuiationibuseorum^ il est évident qu'il faut aussi entendre par là les discussions métaphysiques.

Par ces répliques et dupliques

De leurs royales rhétoriques

Ils firent fort longtemps Tessai. {Scarron,)

Je trouve dans les célèbres Esquisses astronomiques de sir John Herschel, qui est comme son père une étoile de première grandeur dans la science du ciel, les paroles suivantes, peu flatteuses pour les astéroïdes qui nous occupent en ce moment. Après avoir parlé de la solidité du système planétaire quant aux grandes planètes dont les perturbations ne s'élèvent pas à un millième de leur distance au soleil, môme dans le cas le plus défavorable (qui est celui de Saturne influencé par Jupiter), il met en note les mots que voici, et qui me paraissent offensants pour les cinquante-trois petites planètes que nous connaissons aujourd'hui. « De plus grandes dévia-

ET UÉTÉOHOLOGIE. I<K|

tioDS se trouveront probablement exister dans les orbites des petites planètes extra -tropicales ; mais ce sont des membres trop insignifiants de notre système pont mériter une mention spéciale dans un ouvrage de l.i nature de celui-ci. » Qu'on juge d'après cela de ir qu'écrivent sur les astéroïdes les astronomes de Jupi tri et de Saturne 1 On connaît la devise des Bohan :

c'œt ainsi que notre terre avec Mercure, Vénus et Mars dédaigne les planèticules pour se consoler de n'être m Jupiter, ni Saturne, ni Uranus, ni Neptune.

Laplace a déjà signalé l'inégale répartition de la renommée entre les travaux de l'Académie Française cl ceux de l'Académie des Sciences, entre les œuvres littéraires et les travaux mathématiques. La publiciH' manque au monde savant, malgré tous les efforts do 1 1 presse française. Ce n'est pas que le râle d'un Ari>larque soit bien agréable à remplir. Les louanges sont toujours trouvées insuffisantes par les auteurs et lecritiques fort exagérées. Il est vrai que, par contre, blecteurs s'accommodent mieux du blâme que de l'élogr. Voici un exemple de critique réclamée par une aulirite académique dans une lettre récente : c ïe ne buis S) je vous ai mis au courant de ma grande croisadiauprès des savants et des autorités de Marseille en faveur d'un almanach tait pour leur méridien et leur laiitude et non pour Paris. 11 me semble qu'il est honleuA que personne n'y ait encore pensé dans une ville pour-

IIO ASTBONOMIE

vuo (l'un observatoire, et placée à 8 degrés de la latitude du pays pour lequel on fait les almanachs dont elle se sert. ( Nota. Il n'y a que 5 degrés et demi entre Paris et Marseille. ) Si vous rencontrez M. Babinet, ayez la bonté de lui en parler et de lui deniander s'il ne pourrait pas, dans ses études, donner un petit coup

do fouet à l'opinion. » Ma réponse est que je ne

me connais aucune obligation de faire la leçon aux Marseillais, qui, grâce à M.Yalz, doivent être fîers de leur observatoire, et qui sans doute doivent avoir à cœur l'honneur de la ville natale. Cette localité, suivant l'heureuse expression de Lamartine, est encore une patrie dans la patrie, Hi'Évangile nous dit et redit: u Ne jugez pas les autres, pour ne pas être jugés vousmêmes. » Tout le monde connaît le proverbe : « Les conseils ne plaisent qu'à ceux qui les donnent. » Enfin, un dernier motif de m'abstenir, c'est que souvent, en revanche d'un petit coup de fouet, on reçoit une grande ruade.

Non noslrum inter vos tantas compoDere lites.

« Dans ces graves débats, je ne suis point arbitre. »

Parmi les plus importantes nouvelles astronomiques, sont les derniers travaux de M. Le Verrier sur les masses de plusieurs astres, et notamment de Mars et de Vénus. Cette dernièVe planète a été trouvée, comme par le passé, égale à la quatre-cent millième partie du soleil. Mars est diminué d'importance. Il n*est plus que la trois-millionième partie du soleil, et a baissé d'un neuvième environ. M. Le Verrier trouve aussi la masse de la lune et la distance du soleil à la terre. Je revien-

drai sur ces détermiDations fondamentales de notre système solaire. J'ai déjà dit que M. Âiry a organisé pour 1860 et i86a des observations de Mars qui nous donneront cette fameuse distance. L'expédition améri< caine du Chili ne paraît pas avoir fixé la science làdessus, et le résultat diffère beaucoup de celui qu'a obtenu M. Le Verrier. M. Foucault prépare au^si, avec sa longanimité industrieuse et irrésistible, une détermination physique du même élément.

Après tant de héros, je n'ose me nommer.

Mais je pense qu'en s'aidant d'un des procédés de M. Foucault relatif à l'argenture des prismes de verre, ou pourra éviter en 1860 et 1862 l'emploi de la machine parallactique dont les travaux de M. Faye nous ont fait connaître et la portée et la limite d'action utile.

Je demande pardon au lecteur non académique de ces légèretés scientifiques, et je passe à la lune rousse.

Cette année elle n'a pas fait grand mal, parce que le temps a été couvert pu l'air agité par lèvent, deux causes qui s'opposent aux gelées du matin. Une lunaison est l'intervalle compris entre une nouvelle lune et la nouvelle lune suivante, et l'on appelle lune rousse la lunaison qui, commencée en avril, finit en mai. £n réalité il n'y a ni lune rousse ni lune verte ou jaune. Il y a, si l'on tient au mot, une saison rousse, c'est-à-dire une saison où les jeunes pousses des plantes gèlent le matin sous l'influence d'un temps clair et d'un air calme, même quand il ne fait pas très-froid. C'est un, phénomène de chaleur rayonnante dont l'explication fait honneur à la physique et à la météorologie et que je développerai

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ET MÉTÉOROLOGIE. Il3

nuage artificiel, comme cela a lieu dans les écobuages d'automne. À Montreuil, près de Paris, où la culture des pêches est une industrie importante, on prévenait les gelées du matin en arrosant les arbres fleuris avec de Teau qui fournissait sa chaleur au refroidissement commun de la plante et d'elle-même, en sorte que s'il y avait une petite pellicule de glace formée, c'était Teau d'arrosage qui se solidifiait et non Teau végétale des tiges et des fleurs. Des paillassons tendus au-dessus des espaliers et des arbres nains empêchent aussi la gelée, et dans certaines expériences, un mouchoir trèsfin placé horizontalement à i mètre au-dessus d'un instrument à mesurer le refroidissement a prévenu presque totalement l'abaissement de la température.

Je trouve dans ma correspondance imposée une curieuse lettre d'une jardinière des environs de Nancy qui se plaint amèrement de la lune rousse, et qui trèsnaïvement me demande si l'on ne pourrait pas mettre cette lune désastreuse en janvier. Je ne sais qui a pu persuader à cette bonne femme que j'avais tant de pouvoir dans le ciel. Elle stipule pour elle et ses voisins. L'orthographe de la lettre n'est pas ce qu'il y a de moins curieux. Je suis bien fâché de n'avoir pas le pouvoir qu'elle me suppose. Je dirai avec Pline : Je n'ai pas tant de crédit dans le ciel : Non tanta nobis ciim cœlo societas. Je n'ai pas même la ressource qu'avait Sixte-Quint, à qui les paysans de son village demandaient de faire deux récoltes par an. « Je vous l'accorde, dit le Saint-Père, et de plus vos années auront vingtquatre mois. »

Ce qui a sans doute porté à croire à l'influence de

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(Juiii85&)

ET METEOROLOGIE. 11^

Pemande d obiervateun pour TéoUpte totale de soleil du 7 septembre prochain. — La séohereMe acftuelle. — Xic télescope et l'astronomie de famille. — XiO miroir du phare d^ Alexandrie en Ëi^ypte. — XiO ma^étisme animal au point de vue de l'hygiène publicpie et le livre de M. Mabru.

J'ai déjà dit que nos connaissances sur le soleil et sur la cause de sa chaleur et de sa lumière sont peu avancées. Lorsque la lune, dans les éclipses totales, nous cache le corps de Tastre, on peut apercevoir tout à l'entour des objets que Téclat habituel de notre étoile nous rend invisibles dans toute autre circonstance. En 1842, réclipse qui commença en France et traversa l'Europe et TÂsie, domia Téveil à la science. De nombreux observateurs favorisés par un beau temps apportèrent le riche tribut de leurs découvertes. En i85o, aux îles Sandwich, un ingénieur français, M. Kutczycki, fut envoyé par le capitaine Bonnard, qui commandait la station navale, et fit plusieurs importantes observations. Au làS juillet i85i, un essaim d'astronomes se porta vers l'Europe septentrionale, au grand avantage de l'astronomie solaire. Enfin, le 3o novembre i853, le docteur Moësta, directeur de l'Observatoire du Chili, prit position sur la côte occidentale de l'Amérique vers i4°ai' de latitude sud, et fut témoin unique de l'éclipsé totale de ce jour-là. Sa relation est néan-

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de fer alla

de Londres à Brighton, l'autre de Londres à Douvres. Un catalogue fort estimé de 3735 étoiles voisines de notre pôle a déjà été publié en 1867 par ce jeune et actif astronome, aux frais de TAmirauté anglaise. M. Carrington mentionne cette circonstance honorable pour la France, qu'au moment où l'impression de son catalogue n'avait pas encore été décidée en Angleterre, M. Le Verrier lui offrit de le comprendre parmi les publications de l'Observatoire impérial de Paris. Des cartes fort soignées accompagnent et enrichissent l'ouvrage de H. Carrington et présentent le tableau fidèle de notre pôle nord pour l'année i855. C'est une monographie exacte et complète.

Depuis plusieurs mois, la sécheresse des cours d'eau, des ruisseaux, des fontaines, des puits, des mares va en augmentant, et surtout dans la moitié nord de la France, sans cependant que les cultures en aient souffert tant pour les céréales que pour la vigne et les prairies artificielles. Tout nous présage une grande abondance et des récoltes précoces. Cette sécheresse, qui me semblait devoir résulter du manque de pluies d'hiver et de neige, circonstances que j'avais pronostiquées avant thiver^ cette sécheresse, dis-je, m'a valu plusieurs centaines d'interpellations et d'interrogations; et eeoune depuis le i'** juin il s'y est joint une chaleur intense, on a conclu que j'avais aussi annoncé la chaleor, dont j'avoue que je ne voyais aucun indice préakd^le. Quant à la satisfaction que tous ceux qui m'interpdlent supposent que je dois avoir de la réalisation de mon pronostic, c'est à peu près comme si quelqu'un irait lu dans l'avenir que sa destinée était d'être pendu

d*ailleurs fort utile pour la végétation, ainsi que la rosée, ne pénètre pas dans le sol et ne s'y met pas en réserve pour alimenter les sources qui la ramènent au Jour.

J'ai déjà bien des fois entendu faire cette plaisanterie que cette année le vin serait moins cher que Teau. Le fait est que dans toutes les contrées vignobles les futailles et les tonneaux sont déjà hors de prix. Paris réexporte en masse ses vieilles barriques, activement recherchées. On parle de mettre le vin en citernes, ce qui au reste n'a rien d'extraordinaire en soi-même. Je crois savoir que les tonneaux cerclés sont, ainsi que la Inère, une invention de nos ancêtres, car les Grecs n'avaient pour tonneaux que les grandes cruches de Marseille où les chiens et Diogène se logeaient à l'aise. On peut en voir à Paris chez les grands marchands d'huile. Eh ! vite, messieurs les potiers de terre, avec de la glaise et du charbon faites des pithcs ( pithoi ), des cruches athéniennes de 2 hectolitres et suppléez économiquement à l'art coûteux du tonnelier. J'en dis autant è ceux qui coulent en fonte de fer ces cubes de s mètres de dimension, dans lesquels on embarque de l'eau à bord des vaisseaux et qui jaugent 8 mètres eobes, c'est-à-dire 8000 litres ou autrement 80 hectélitres!

G)niiiie je crains d'être malade d'une citation rentrée, je reviens à la plaisanterie de l'eau plus chère que le nu, et je trouve dans mes catégories que Martial, qui a forcé (suivant l'expression de Giapelle) tous les ridi- 'Ailes de son temps, a dit tout cela il y a dix-huit' nècles. n s'agit de Ravenne, où, suivant lui, il vaudrait

mieux étr9 propriétaire ifune e ifcwc que d'aa vi^nuble* cir. tiit-ii, Teau â^y ^eni plos cher qae le vin. Japprenùs que vlernieramenC à Versailles, il en ecait prei^que de même. Ibrtûii repcewi dans une autre epî^zmmme :

GaUiiiu» imposait anper rnihi caapo Bavouk»; CàflK p«teT«iii mùtum^ ^«iiiiidlk ille Mcnun.

< Elul defaiéremeiLt à lUvenne. j^ai été attrapé par as rasé rabiiretier. E s^en^uge à w» fournir da vin ■léié d*«u« et W Mpon me donne dn TÎn pur. »

Les drainage» ont été fort à la ■Kide ces dernières nmifr- H s agissait de deâsécher et de fertiliser des terrains marécageux. Mon opinkn a toujours été que par là on desséchait outre mesure et qu'ainsi on stérilisait d autres terraii» voisins dont le rapport baissait en proportion. Mais ce qui est bien autrement important que les draiiu^es> ce sont les irrigations, dont le produit peut être illimité.

Ce n'est pas une idée neure, car on trouve dans Aristote que les populations humaines dessèchent le sol et tarissent les sources. H compare le sol de TAigolide, déjà desséché et épuisé, avec celui d'Athènes qui est en pleine prospérité, entre le trop humide et le trop sec. Tout le monde sait que depuis bien des siècles TAttique est arrivée au sort du pays d'Argos et de Mycènes. Il serait pénible de penser que cet état d'épuisement fût réservé à la France dans un avenir plus ou moins rapproché. Les irrigations nous en préserveront sans aucun doute.

fusq^ icj, de tous les peuples permanents, les Chinois

ET UÉTÉOROLOGIB. 121

sont les seuls dont la population n'ait pas dévoré la fertilité du sol. Rivières, fontaines, canaux d'irrigation, réservoirs d'eaux pluvialiss, ils ont tout utilisé, tout patiemment canalisé, peuplé, planté, fertilisé. Eh bien, pour prendre un exemple, n'est-il pas honteux de voir en France un magnifique bassin de rivières sans profondeur, la Loire, l'Allier, le Lignon, le Cher, l'Indre, la Vienne, laisser perdre des eaux impropres à la navigation, tandis que des canaux d'irrigation conduits sur les hauteurs qui bordent les bassins de chaque rivière fertiliseraient toutes les valfées subjacentès et produiraient abondamment ce qui nous manque tant en France, savoir les prairies naturelles, les pâturages, la viande de boucherie et les engrais. J'affirme hardiment qu'avant un quart de siècle les canaux d'irrigation seront pour la France une valeur qui plus tard, et pour les Rothschild du xx" siècle, primera les chemins de fer et toutes les spéculations de production et de manufactures. Dans le Nord comme dans le Midi, on dira : Tant vaut l'eau, tant vaut la terre. Mais nous reviendrons là-dessus; la chose en vaut la peine. Avis à ceux qui veulent bien m'aider si bénévolement de leurs lumières 1

La saison qui invite aux résidences de la campagne nous donne de belles soirées et des loisirs que le télescope peut utiliser pour l'instruction de famille. Les notions de ce que nos ancêtres appelaient connaissance de la sphère, et que nous avons décoré du nom de cosmo^ graphie, sont tellement attrayantes, que tout ecclésiastique résidant loin des villes, tout instituteur ou même toute institutrice, je dirais même tout père de famille VI. 6

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Tastre cherché. Une petite lunette ou chercheur permet d'amener dans ie champ du télescope de M. Foucault Fastre ou l'objet qu'on a l'intention d'examiner.

Mais si, comme télescope d'amateur ou instrument de famille, le petit télescope de M. Foucault, construit par M. Secretan, est une vraie acquisition pour la société, on peut dire que pour la science la plus élevée l'utilité des miroirs de verre n'est pas d'une moindre portée. Jusqu'ici, pour obtenir des miroirs métalliques d'un tiers de mètre de diamètre et au-dessus, il fallait des masses de métal d'un poids immense, d'une fonte difficile, d'an poli toujours douteux, d'une détérioration rapide et d'une réparation coûteuse. Tous ces inconvénients disparaissent avec les miroirs étamés d'argent que M. Foucault a substitués à ces masses métalliques. Tout le monde sait avec quelle facilité et quelle précision les opticiens travaillent le verre. On transforme ensuite un verre concave en un miroir à reflet supérieur à celui du métal ordinaire par une opération galvanoplastique qui n'offre aucune chance de non-réussite. J'ai vu à Slough, chez sir John Herschel, les télescopes installés par son père et par lui, et qui dépassaient du double la hauteur de la maison d'habitation de l'astronome. Chez M. Foucault, les télescopes ne sont guère encore qu'à moitié hauteur de la maison; mais il n'en est pas encore à son dernier modèle. Rien de plus étonnant que l'effet de ces instruments, construits sans efforts extraordinaires par des opticiens de mérite.

C'est chez M. Foucault que j'ai pu me satisfaire relativement à la question tant controversée du miroir du

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mtinl lur une chaise, en face de robservateur touruant

If» «Ion k rautre, éUit d'une splendeur inouïe et d'une

WPm^ d'«*|»oct sans égale ; enfin quelesétoiles doubles

\^ \^ \\^\\\\mm s'y montraient avec avantage. Le mi-

*^M*^ M\Mtl m foyor de 3 à 4 mètres, et pour les vues

^MM«\<^*m i\ |Jwwi»»aU auUnt et plus que. les lunettes

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>V ^V4^ ^ ^til a» miroir installé dans la tour du

^V ,1 VV\*^^^^ <^ ^ï^^'^'* "^"^ l'exceUent ou-

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ET MÉTÉOROLCÎGIE. I'25

une des sept merveilles du monde et sur soil fameux miroir, des documents qui étaient inconnus à M. Arago et aux éruditsqui ne compulsaient que les auteurs grecs et latins. Avec des miroirs mal travaillés, le Père Abat se flattait d'avoir presque démontré qu*il n'y avait rien d'impossible dans ce qu'on racontait de l'effet du miroir du phare. L'affirmative complète résulte, sans incertitude aucune, de ce que produisent les miroirs de M. Foucault. Une fois le fait reconnu possible, les récits circonstanciés des Arabes sur le diamètre du miroir (3 pieds 9 pouces )) sur le métal et l'alliage dont il était formé, sur sa destruction, ne laissent aucun doute sur son existence et sur l'inspection de la mer qu'il commandait du haut de la tour.

Maintenant qu'on se figure ce qui fût résulté pour les progrès de l'esprit humain et de la science de Tinspection des astres par ce miroir, si, au lieu de chercher à l'horizon le sommet des mâts d'un navire, on y eût observé la lune et les ombres de son croissant, Vénus en phase, Jupiter avec ses satellites, Saturne avec son anneau, le soleil et ses taches, enfin tout ce que Galilée et ses contemporains virent au commencement du xvii* siècle! Peut-être que l'esprit humain, rappelé à la réalité par la contemplation des objets du ciel, ne se fût pas perdu dans la dialectique qui s'empara exclusivement des écoles grecques, et qui fit perdre plus tard les écrits d'Archimède, entre les praticiens, qui n'entendaient pas les mathématiques, et les théoriciens, qui méprisaient les applications usuelles de la science. Au reste, les sciences appliquées, autres que l'astrono- ; mie, sont chez nous d'une date si récente, que nous

ET MÉTÉOnOLOGIE. 127

ionner quelqaes lumières sur ces influences occultes, ^r les phénomènes de ce genre étant attribués par tous ceux qui ne sont pas tout à fait incrédules à des effets nerveux, il eût pu se faire que des organes qui dans l'état normal auraient été insensibles aux agents physiques dont l'action produit les épidémies, fussent dans rétat magnétique influencés par ces agents de manière à nous donner d'utiles renseignements. J'ai sous les yeux le livre très-instructif et très-amusant à lire de M. Mabru, lauréat de l'Académie des Sciences. L'auteur se prononc^ pour la négative sur toutes les questions d'influences magnétiques. D nie complètement le magnétisme lui-même, et il établit ses déductions sur un historique des faits allégués et de ceux qui ont failli à une vérification sérieuse. Je crois que ce livre très-intéressant est un point de départ obligé pour les partisans comme pour les adversaires du magnétisme animal et du somnambulisme naturel ou artificiel. Jusqu'ici c'est toujours une opinion opposée à une opinion; mais M. Mabru va plus loin : il propose une expérience décisive aux magnétiseurs et M a fondé un prix de 3,000 francs pour la vérification d'un phénomène de vision opérée autrement que par les yeux et cela en donnant aux personnes lucides toutes les facilités de temps et de circonstances favorables qu'elles pourront déiirer. Voilà, je pense, une manière vraiment scientifique d'attaquer la question. M. Mabru, l'auteur du livre les Magnétiseurs jugés par eux-mêmes^ rejette hautement tout 'ce ((a'on attribue au magnétisme animal, et son livre est des plus amusants à lire, car il attaque des prétentions déjà reconnues inadmissibles par tous et qui ont l'avan-

ia8 A8TE0N0MIB

tago d'amuser par leur bizarrerie. Biais je répète à ceox 4|ui veulent juger impartialement la question de savoir où le possible est relégué dans cette curieuse matière, <]ue lo livre actuel mérite Vattention de quiconque a Mouci (le cotte qualité que Pythagore donnait comme le cachet de Tâme humaine, savoir la recherche de la vérité.

« Monsieur, le Vésuve est en éruption, les laves coulent de tous côtés, les parois du cratère s*écroulent, les cui'ieux partent pour Naples, les habitants du voisinage se sauvent. — Âhl le Vésuve est en éruption?' -- Oui, très-certainement. — Eh bien, que voulezvous que j'y fasse? »

(Jain i858.)

Ck»nète de M. Honatl, visible à VobÛ du.

On trouve dans le journal le Nord du a septembre une communication adressée au ministre de l'instruction publique de Russie par M. Otto Struve, fils du célèbre directeur de l'observatoire de Poulkova, près Saint-Pétersbourg. M. Otto Struve annonce que la comète découverte par M. Donati va devenir de plus en plus brillante, et qu'elle sera bientôt visible sans télescope. Il ajoute, ainsi que je l'ai déjà dit, que cette comète n*a aucune analogie avec les autres comètes oui

ont été observées dans les temps historiques. » En tout cas, ajoute-il, ce n'est pas la célèbre comète de Charles- Quint, dont le retour attendu, en vertu d'hypothèses purement gratuites, a tant effrayé le public dans les dernières années. »

D'après un petit message de M. Foucault, nous nous sommes dirigés , M. Paye et moi, au domicile des télescopes paraboliques, et nous avons joui en plein d'une des plus belles contemplations du ciel étoile. La comète Donati, la cinquième de cette année, est visible entre la Grande Ourse et l'horizon comme une étoile au moins de troisième grandeur. Elle se couche vers 9*'3o™, mais elle reparaît vers 3 à 4 heures du matin. Elle vérifie par son éclat les calculs de M. Donati. Le noyau en esX très-brillant et tout à fait di^inct de la queuelégère qu'elle projette vers le nord à l'opposé du soleil. L'éclat de cette queue est très-inégal, et l'étude de la polarisation de la lumière de la comète nous fournira de curieux résultats physiques. Le public sera donc admis gratuitement à voir cette comète tous les soirs où le temps sera clair, et dans toutes les localités, de 8 à 9 heures, au-dessous du carré ou trapèze de la Grande Ourse, à moitié distance à peu près entre ces étoiles et l'horizon.

(Septembre 1 858.)

l3o ASTROKOMIB

Nouvelle* des tcienoes. — Obtenratkni de rèoBpie de soleil du 7 septembre 1858 dans l'Amérique du Sud. — Effets de la température. — lie télégraphe tri atlantique et la direction à lui donner.

Les documents sur la grande comèle do cette année et sur ses sept compagnes arrivent de tous les points de la terre; six nouvelles petites planètes réclament Taltention des amis de la science; une belle éclipse totale de soleil a «été observée des deux côtés de l'Amérique méridionale, sur les rives de l'Atlantique et sur celles du Pacifique. Cette éclipse sert de précurseur à l'éclipsé de 1860, dont la ligne centrale entrera en Espagne à quelques heures de la frontière française pour atteindre ensuite Valence et Alger, et enfin l'Egypte. Les efiets de la sécheresse se sont développés et ont une fois de plus crié à la société : « Cultivez la météorologie. »En outre des télégraphes sous-marins, plusieurs travaux admirables de science pure et appliquée ont été produits. Ainsi, au lieu des paroles de Bossuet : « Marche, marche ! » on serait tenté de dire à la science : a Doucement, doucement! donnez-nous le temps d'applaudir! »

Parmi les faits honorables à la science, et je puis dire même à la science française, on peut mettre l'accueil fait par l'empereur du Brésil à notre compatriote

Et HÉTÉOROLOGIE. l3l

H. IJ&îs, pbysitien digtingné et astronome formé à l'Observatoire impëria) de Paris. H. Liais, en vertu d'une mÏB^OD du mimstre de l'Instruction publique, mais cependant à ees ttais, est arrivé à Rio de Janeiro, d'où il devait repartir pour aller plus au sud joindre sur la côte orientale d'Amérique la ligne centrale de l'éciipse du 7 septembre. H a trouvé dans le souverain un ami des sciences, savant lui-même autant que beaucoup de ceux qui le sont de profession. Il s'est toujours montré fort ami des Français. Un jeune soldat d'artillerie, notre compatriote, se trouvait il y a quelques mois sur le passage de l'empereor. Il en reçut un salut distingué dont il fut, dit-il, très-fier pour lui et pour la France.

Les savants ne manquent pas non plus' autour de l'empereur du Brésil. Un observatoire bien pourvu d'instruments et d'obeervatenrs fait honneur à la capitale. Là encore il faudrait la renommée qui enfante l'activité et l'émulatiou. Donc pour t'éclipse de soleil dn 7 septembre deraier, l'emperenr a oi^anisé une expédition scientifique qui a eu des réaailals imporlanis que nous ferons connaître en les comparant à d'aulres <ri)servaUone moins complètes. Deux navires à vap^r avaient été mis à la i^sposition dee observateurs. Notons ici que malgré les vives instances de M., Carrioglon, astronome de premier mérite, aucun savant anglais n'a été témoin de Téelipse totale du 7 septembre. Le Danemark et les Etats-Unis étaient sur le champ d'ob- EOTvation. Quant au Danemark, je pourrais dire sur le champ de bataille, car te soleil équatorial a presque tué les astronome» danois par ses rayons incandescents.

lit ASHOHOUB'

La France état repiéantée aox deux statknis : à l'orient de rAménqne, par M. liais; irooddent, par des offiden de la marine impériale qui ont reçu plosiears bons offices de l'expédition des Etat&4JDi5. Au reste les Anglais se préparent à prendre leur revanche au mois de juiUet iS6o (je pourrais presque dire au mois de juillet de Tan prochain). M. d'Abbadie, le célèbre voyageur et astronome qui est allé lui-même observer plusieurs éclipses depuis le pôle nord jusqu'au tropique, me fournit cette donnée importante que Fédipse sera centrale à Durango, en Espagne, à une distance de Biarritz et de la frontière qui n'est que la moitié de la distance de Paris à Rouen.

Pour l'éclipsé de cette année, M. Carrington avait préparé les recherches à foire par une brochure accompagnée de pkmches nombreuses. Ce travail servira de rè^ pour l'éclipsé de 1860. Je reçois à l'instant même de cet excellent astronome un bulletin de la samé du soleil depuis i854 jusqu'en i858, d'après les observations des taches Hautes à son observatoire privé de Redhill. On y voit que depuis deux ans notre étoile est dios une période de grande activité, ou, si l'on veut, d^eflërvesoence. Les taches sont en files nombreuses, et M aom écartées de la ligne milieu du soleil qui fait son «l^wHettr. Ob ne demandera ce que signifie cet état du ;mML J<» répondrai, conmae Somte : Tout ce que je «Mi^ r'iN^ ^u^ je n*en sais rien. Mais de phis j'ajouterai ifMk |MW»Min^ A><i $«iC plus que moi là-dessus. Savants <Mi Mm MXHMls» il DmC ici se résoudre à ignorer. C'est IMiimx^ <M' <^ ladies ont peut^tre (notez bien ce |NMl^^ll^ V <^ ^itli^i;, 4i»j^ ont pen^^

ET MÉTÉOROLOGIE. l33

tinée d'une grande partie des êtres animés sur la terre et sur les autres planètes, en déterminant ce qu'on appelle maintenant la période glaciaire. A ce propos, un de mes correspondants bénévoles me reproche de n'avoir pas assez parlé de cette période glaciaire qui a régné sur notre globe avant les temps historiques et certainement depuis les âges géologiques. Avant d'en parler, il faut que je m'en instruise moi-même.

Au commencement de novembre dernier, il y a eu presque une panique de froid. Le thermomètre, à Paris du moins, a touché à peine le terme de la glace, comme on peut le voir par les tableaux météorologiques que les journaux publient avec soin. 11 n'est donc pas permis d'avoir froid avant d'avoir consulté leur troisième page. Cependant la sensation de froid du mois dernier avait une cause particulière, car avec le thermomètre peu abaissé il n'y avait qu'un vent très-modéré. On dit vulgairement : C^est le vent qui fait sentir le froiti, et on a raison, car le courant d'air, en amenant sans cesse de nouvel air froid en contact avec le corps, produit un refroidissement considérable. Or voici la cause du grelottement des premiers jours de novembre dernier.

Cette année a été exceptionnelle pour la petitesse des variations journalières de la chaleur. Quand on fouille l'énorme masse des observations météorologiques imprimées et qu'on arrive aux excursions que fait chaque jour le thermomètre depuis la fraîcheur de l'aurore jusqu'à la chaleur de l^près-midi, on dédaigne cet effet secondaire qui cependant, comme toutes les circonstances physiques, a son importance. Ce sont ces varia-

oHitPt j'impraoBin) du ivnà. Crr cette o^ a êten>flUirguaiMeBent c wrf le rticicr . dntensA (iœ «s InueûeanB. Le taosMiuine a ^iod aanté ép ^tt, ili |ieu liaMcié ijj mu: ae pfts, oHne ife|nê pinaoK jiDoeek, il y a eu boHOM^. de viim àa^ lair, Qn a^

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ùoni du tbemametre. JpponnBÎBcitB

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j« JifMi éam sot 2«» extralrapeale& â sefit de q«}.

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IMfn«4|tfi oiàoeet UTÎedéikaftedeiasKiélédîâl^iiée

M« couvrent d'habile épas, de aartmii et de Ibarniics.

lin t$i5, plusieafBlMufleBfnBçaisesUHtMnaiioQo.

fortuble de notre dvilisilMB {et noCanneot la Êimille

A Tiiiin«y) allèrent ee fiier à Rîo4meiio. Kqb Français

^^ ni< roncavaient pas cette eenabilîté des riches indigènes

|MHir un froid rrés-modéré selon eux Français. c Attendez,

\,Uli!i(Hliutt leur dit-on; dans an an on deux, vous ferez i^miiiio noua. » C'est ce qui arriva en effet. J*ai cité aiW \^f^ %>^ Mi otuiorvé en Abyssinie par M. d'Abbadie, ««x^Mr t|uXv<*nt vouiu prendre un bain au moment d'im ^^ ^v\>«iH«ii IfMpliia violents de la chaleur africaine .) 11^ |mH «M|X)HMniNr k trop grande fraîcheur de Teau' ^ i^< I^M^HMil A m^ ikgrés au-dessus de la tempél vvMWfY ^>^^^*M¥ il«k iM« iMias cbauds. Ainsi tout est

ET MÉTÉOROLOGIE. l35

relatif pour l'effet physiologique, tandis que tout est absolu et positif avec les instruments d'observation. De là des discordances qui demandent à être expliquées. La météorologie des vêtements nous offrira bien d'autres exemples curieux.

Ce que j'avais dit du câble transatlantique s'est vérifié de point en point, malgré les prévisions contraires d'une partie de la presse scientifique française. A ce propos on a mis en avant les plus étranges assertions. On a parlé de fondre la gutta-percha qui enveloppe le fil télégraphique sur une longueur de plusieurs kilomètres, tandis que la portée de l'incandescence d'un fil conducteur, avant qu'il fonde, est tout au plus de quelques centimètres. La Méditerranée avec a kilomètres de sonde est devenue plus profonde que l'océan Atlantique, qui en moyenne a 5 kilomètres. On a parlé de retirer le câble, désormais imtite, d'une profondeur à laquelle on pouvait à peine le précipiter sans le rompre, etc., etc. II est des personnes qui croient se iaire écouter en disant le contraire de ce que viennent d'annoncer les hommes consciencieux. Une circonstance qui fait honneur au peuple anglais, c'est que, malgré le peu de succès de ce premier essai, les actions de la Compagnie ne sont pas tombées à rien et se soutiennent à un cours élevé, relativement du moins à la circonstance actoelle. La table où j'écris est encombrée de Mémoires sur la pose des câbles sous-marins, de nodèles de fils télégraphiques terrestres ou maritimes; enfin, et au-dessus de tout, il y a l'appareil aéoairable télégraphe écrivante, que M. Wheatatone vient de

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ET MÉTÉOROIiOGIE. tSj

Chimie de Thomson, j'écrivais sous sa dictée ce titre d'un chapitre, savoir : Télégraphe électrxhmagnéti" que.

(Décembre i858.)

La nouvelle année 18S9. — Variation dans la durée de Tannée. — Année centenaire de la première comète reconnue périodique. — Observatoire d^ Alger. — Con* séquence du régime météorologique actuel. — I^e pla» nisphère de M. Sibut^ d^Abbeville.

Si quelque habitant des mondes autres que la terre visitait notre globe pendant le mois de janvier, pourrait-il jamais croire que la vie est ici-bas considérée comme le premier des biens et la mort comme une ca* tastrophe redoutée? Il aurait beau lire dans M~ Tastu ;

Ouï, des ans la fuite m'étonne.

Leurs adieux oppressent mon cœur.

Je dis : C'est encore une fleur Que Tàge arrache à ma couronne Et livre au torrent destructeur.

C'est une ombre ajoutée à Tombre Qui déjà s'étend sur mes jours, Un printemps retranché du nombre De ceux dont je verrai le cours;

3n«rne3EiKS!ic i-!^r^ imttB iiiw ie^ anees cpiToii est 3irT*î le TivT^ ; :n atf r* JHftt r rscrs-ssTeare ae pourrait i-^nc^trnsr xe nmr.iir? lœ :uus j^ ômHKS sont fort ar!SB ï im - ^ 1 .2 in ie '.eor ^àcàe mortelle el de » lebarssET f m iirÎËsa imsrfux. A tt?«tes les im- ^fs^.ii'iijs ie 'ja. garnie mmain^. st^saleis par les momi^st^r fsSL icservaEnr jncarsaî ■& aïKiaeraît pas

ykssaat (*jttxxt les gcinçi:mwif?r in ;o«rde Fan, qui ?ersâeiit â bien cexat assertioa sstiriqoe, sannoîr que &amê tJt btti wcarip M?si n'^st pas po«r k mieux ni p0«r le ffem mal, mas bû» pcar le pfam bouffoo, la fmeste aHce iftS^ est la trcisîeme de la période de «laaire mm établie par Mrs Césm, alors souverain ffOtMt^ Stammms Pomtifex^ litie qaà. pte tard a passé à Ma pap€f * L'aaaée <fe César, ipn en iSfti fut reetifté« par le pape Gré goir e XDI, est inùquement basée MJf kr moovemeDt du soleil. La lime en est exclue et avec elle toutes leacompficatîotts qa'amenait la marche capricieiiie de cet astre, créé pour le désespoir de eeux qui s'occupent des mouvements câestes. L'année (trecque et Tannée romaine, avant Jules César, se réfiaient à la fois sur deux astres inconciliables : le soleil

;t la lune* Il en résultait une complication et une in-

ET MÉTÉOBOLOGIE. l39

certitude fatales. César ayant admis que l'année solaire était à peu près de 365 jours et un quart, 6t trois années de 365 jours, et il reporta les quarts de jours mis en retard sur la quatrième année, qui eut alors 366 jours. Ce jour de plus se place à la finde février. En février i856, on était au pair. Mais en i856^ en 1857, en 1 858, et enfin 1859, on aura mis chaque fois un quart de jour en retard, ce qui fera un jour de plus pour février 1860. L'année prochaine aura donc 366 jours, et le mois de février aura 29 jours. Sans cette intercalation , l'année 1859 n'aurait dû commencer que vers les 6 heures du soir du i®** janvier, puisqu'il y avait alors à peu près trois quarts de jour laissés en arrière. C'est toujours l'année julienne que Ton suit ; mais on supprime , d'après la correction grégorienne, trois bissextiles sur quatre siècles, ce qui ramène l'année de Jules César à une durée plus exacte. Mais comme cette période n'est pas tout à fait fixe et que de siècle en siècle Tannée diminue un peu, il serait superflu aujourd'hui de chercher mieux que la correction du pape. Ce serait vouloir prescrire à nos descendants sur cette terre ce qu'ils auront à faire dans dix mille ans d'ici. Écoutez la Fontame et le bon sens :

A quoi bon chaîner votre vie Des soins d'un avenir qui n'est pas fail pour vous?

Le siècle étant déjà bien long pour la vie ardente des sociétés modernes, il conviendrait de reprendre ce que les Grecs appelaient la décade des années, Etéôn décode. Les prix décennaux institués par Napoléon P étaient pour les sciences et les lettres une rémunération

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ET MÉTÉOROLOGIE. l4l

(eurs pourront rechercher une petite pièce de circonstance jouée en Ij8oo, sous ce titre : Dans quel siècle vivons-nous J

Comme j*ai dit tout à l'heure que l'année n'était pas d'une durée fixe, j'ajouterai qu'elle varie en longueur de 38 secondes en plus et en moins autour de sa durée moyenne. Cette longueur moyenne de l'année aura lieu l'an a36o de notre ère (à peu près dans 5oo ans d'ici). Elle a constamment diminué depuis l'an 3o4o avant Jésus-Christ. Au commencement de jce siècle Tannée était de 365 jours 5 heures 48 minutes 5i secondes. Sa plus courte durée aura lieu en l'an 7600 avec 76 secondes de moins qu'en l'an 3o4o avant Jésus-Cbrist; savoir : 38 secondes perdues de cette dernière date jusqu'en l'an a36o après Jésus-Christ, et 38 autres secondes dont la durée de l'année se sera raccourcie de l'an 236o jusqu'à l'an 7600. A notre époque, Tannée perd en durée à peu près trois quarts de seconde par siècle. Un centenaire de nos jours a réellement vécu vingt minutes de moins qu'un centenaire du siècle d'Auguste. Ce qu'il ne faut pas se lasser de répéter, c'est qu'il n'y a qu'une seule période de temps invariable dans la nature, c'est la durée du jour. Pour éviter la confusion qui résulterait de la variabilité de Tannée , on prend le siècle de 100 années juliennes, c'est-à-dice de 100 fois 365 jours et un quart, ce qui lait 36,5^5 jours. Une année signifie donc 365 jours ,et 6 heures. Astronomiquement le mois n'existe pas.

Dans l'astronomie cométaire, 1859 est l'année centenaire de la première réappaiition d'une comète périodique, celle de Halley, dont l'influence morale ajda si

a- ^zT^d^zas: à a conquête ai;- - oBp «5- —«•.TId[iid:^^«c France

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Z a ï*çth; » nr»* tn. anTS ii. titmet^ Je> cemîeiàcics ^ îirsn: i^ c *r^jrx j^nor ^bl i«raii*fir jfs îssners. La ^,^3£Tf ir"mr.nw4f «mr <»«*inftiiiiiien: mit ACiErist: nuiis ^i -iiluiioraisiES vimiatfac aiîàs. îpnr T«tr!- LaLanbe, " ^jiTJiffTJiaj; pï'iosmsxfi la yrT^iusiim^ ort;e oienue ^ nHJf * ** ircore, <'fiSflnsi oa îtJD.an €!Lcliisif que >j^jgj; Caijaai- A c«ae fifC-e àscussiî» âcienti-

ET MÉTÉOROLOGIE. l43

fique le public répondit par une indifférence profonde. Notons cependant que les amis de Clairaut voulaient débaptiser la comète de 1769 et lui donner son nom. Voici une strophe d'une ode que M"*' Duboccage infligea à Clairaut à Toccasion de cette comète :

Déjà LA Clairaut on la nomme; Que tes calculs vus à Torno, Et qu'un jour saura le Congo, Vont étonner Pékin et Rome !

Avec un pareil Homère , il n'est pas étonnant que TAchille de la comète de 1769 n'ait pas été mis au rang des héros.

La cinquième des huit comètes de i858, la fameuse comète deDonati, est encore visible pour les astronomes de l'autre hémisphère. J*ai tant de choses à en dire, que je n'ose mettre la main à la plume pour esquisser l'histoire des comètes à mes bienveillants lecteurs. En style des Mille et une Nuits, ils y apprendront de curieuses choses sUls ne dorment pas, mot à mot, s'ils sont autrement que des gens endormis.

L'année i858 nous a donné six nouvelles petites planètes dont voici les numéros d'ordre, les noms et ceux des astronomes qui les ont découvertes, avec les noms des personnes qui ont eu l'honneur de les nommer :

ir*d'or<lr«. Noms. AstroDOiv«s. Parrains.

5i Némausa, MM. Laurent. MM.Valz.

53 Europe, Goldschmidt. M"^ Vaillant.

53 Calrpso, Luther. Schœnfeld.

54 Alexandra, Goldschmidt. L*abbé Moigno.

55 Pandore, Searle. M»* Dudley.

56 Goldschmidt.

iiF a* Si a df déoMvcrt à Nimes, les n" 52 et54à tai». Jf i* 55 a HweUaiff; près Bons, et le n'* 55à Altavr. a^atit im éi iI p de Ittat de New-York. Le wm iTJLkeKman m tté cboîsi pir M. l'abbé Moigno, Ttumeuvr OL wonu] âcxBlifiqae fc Cosmos, en l'hoa- MT df S. Aj£xaiàn^ de Hamboldt IP" veuve Blan- «nu todjpr. aie a rasînboé pour environ 400,000 fr. ^«M« d.iiifizs 1 la iûBdfeÙMi de Tobservatoire d'Aïhm^ . « «te Tci^tae à mcmmer b planète de M. Searle, «e If iwtt çt>îie a ciï.-ïisÈ, Pamthre (don de tous), rap- |»eJ»f riirainnihle ae«e «ï? dtovens d'Albany qui ont cmrihue ex cnumn à rerectxn d^un monument glonrtn iwir ieor ^î^ie et pc«r leur patrie. On a décerné ji f« ofe«n.BJoi!* le »:an dc<tisenratoire Dudiey, qui m^nitUien m uimais e< le i»c«d du sénateur Dudley et la JûiKtiî.îe jœJBSf de sa xieuT^. (hunt au n* 56, c'est une iteiete x-œ en i^v par M. Gokisdimidt en cherchant 41 n«r<H:ver Hifibiie. C^st IL Schubert qui en i858 a T)Ky«ii}i: q» ctSk WÊÊt planète différente de Daphné. f^mr eHλr u-wie onifii>):s . on loi a donné le n** 56. iVs x««cije ^pie I)iphi»è. n* 4>^ et la planète Goidj^ènudK^cbchen. m* 56^ ae soîeiit pas perdues à jamais 4Mes )<($ eï!Ç«KS célestes ! Aa moment où j'écris ceci, JL «ï<i)à«v'iMBîdl m'ic^Yve qaH vient de revoir ma 0tei»le Nip!^ n^ 4^ E lapait déroaTerte en 1857, la M^me WMl 0É â deiOMrrrit an^ Doris, ainsi nommée fir M. Ê:>e de AanHnonL

t'^nn^e 1 jtl^ ^annonce fitTonblement pour Fastro- •wiif 6nn(ni$iK Le fràne Kapoiëun, chai^ du mini- ^•«•^ '^ JljMy^ H des cokînîes. vient de crétt' un litamialaw^ è A%er. Caœ station, fitvocable poar le

ET MÉTÉOROLOGIE. l45

climat et pour la posilion géographique, nous promet une riche moisson dans le champ de Tastronomie physique et des découvertes cométaires et planétaires que Tatmosphère de l'Europe moyenne entrave si fréquemment. Nous avons vu successivement en France disparaître tous les observatoires de second ordre et tous les établissements privés qui pouvaient servir d'auxiliaires à rObservatoire impérial^ écrasé par la multitude des objets qu'il avait à suivre. Je ne fais que répéter les paroles de Lalande à un demi-siècle d'intervalle. J'ai déjà signalé dans ces Études combien la station du sommet du Pic du Midi de Bigorre au-dessus de la partie non transparente de notre atmosphère nous ferait apercevoir de choses nouvelles dans le ciel, et surtout nous permettrait d'étudier la constitution physique de la lune, j'ose 'même dire sa géologie. En 1 856, un jeune astronome des plus zélés, M. Piazzi Smyth, fils du célèbre amiral-astronome de ce nom, alla porter de nombreux instruments d'observation au sommet du pic de Ténériffe, et reconnut que l'efficacité des télescopes y était augmentée d'une façon inespérée. Notre pic est infiniment plus accessible que celui de Ténériffe, et il est de la même élévation. Le colonel Peytier, auteur de la carte de la Grèce, et le commandant Hossard s'y sont installés sans grande peine et y ont séjourné longtemps sous la tente.

Pour revenir à l'Algérie, l'astronome nommé récemment pour l'observatoire est M. Bulard, qui a été déjà attaché à l'Observatoire impérial de Paris et dont la spécialité est précisément l'astronomie physique, qui maintenant attire à juste titre l'attention du monde VI. 7

'Me. ^«^ rrï^Kt «■ -«fc ir»*a5His a .'Ifi^siïst amsB -rtt ne- --«" -SKr^t-i-sBàfr t?îiiks ar st înmàt oomèle

Tiyzii.'A' lÊT k, ^ aauit. fins. F^fc je dnnatf * ssr-iiLanr. ib^K- xv-ms -faierar d'atâes

if>^>^ e i« «f J^ m T^^ïjit xitt zr^ss-ce-je éclipse

Q -**.♦* i*ià»i^ -* jsirtie. ia»-rf35*n .E^xigse el

- ^-H-^ • r*a^%?f» ic?- «ifcar^KisiES «us îes armeg

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•^.r^ -roi:'ufcr'.*i &. ...£1^ < TîCJimiL lust iss porticii-

w^-'nt^nis T*»fu*'»*^. A"'a^''«^iffir ûï^ :» 3B:iDies<c ies in-

i tm%kv^n>\n>* :?* « TKvni&iiâî^sSHic*;. A nsse en fooct% —HMtt^h f 4tj Ahi«jrv^iu/)K fiîp» àt Jà i!eiropi)ie de

ET METÉOBOUXHE. l47

gifaiitisseiii une prompte publication des travaux de Tobeervatoire d'Alger, comme déjà nous avons connu sans d^ai les résultats io^ortaiits du voyage du prince dans les mers du Nord.

Si je parlais seulement à des astronomes, à des mariifô et à des géographes, j'aurais mis en tète, pour rimportance, la détermination de la longitude précise d'AVer. Les points où l'on peut régler les montres marines sont rares dans les deux bassins de cette Méditerranée qui baigne cependant l'Europe, l'Asie et l'Afrique.

Le changement du régime atmosphérique des années dernières s'est manifesté par les pluies qui ont résulté des mouvements saccadés de l'air au milieu d'un calme comparativement exceptionnel. Enfin nous avons de l'eau dans nos rivières et dans nos canaux. En faveur de l'influence de l'industrie sur la société, influence qui tend à nous rendre autant que possible indépendants du caprice des saisons, on peut citer ce fait, que, sans les chemins de fer, l'approvisionnement eu charbon de la capitale aurait été gravement compromis. Il y aurait eu, par la suppression de la voie des canaux navigables, une vraie disette de combustible. Par suite de la sécheresse dernière, nous sommes menacés d'une autre disette, celle de la viande de boucherie , pour l'année prochaine. Le manque de fourrages force les propriétaires de bestiaux à les vendre à tout prix, et les journaux soQt pleins des réclamations des consommateurs à cause de la grande différence qui se trouve aujourd'hui entre le prix de la viande sur pied et de la viande abattue qui se débite dans les villes. Ce sera le contraire Tan prochain, où Ton aura consommé la réserve

ET MÉTÉOROLOGIE. l49

iralre, les observateurs et les auteurs ont beaucoup

iait depuis quelques mois, et le public réclame par

i>es, au nom de la justice, une appréciation impar-

i de leurs mérites. Aux travaux œnsciencieux la

ique reconnaissante ! Je devrais avoir déjà parlé à

-, lecteurs des œuvres d'Arago, de celles de Hum-

Jt, dont les sciences sont en deuil depuis quelques

i^, de l'admirable triangulation de VAngleterre, qui

jivi rinitiative de la France de manière à nous ren-

. jaloux d'un si beau travail et honteux de ne pas

.itinuer celui qui se rapporte à notre pays. J'ai reçu

^exactement les volumes de la grande publication

iéricaine sur l'hydrographie des côtes de l'Union

.oast'Survey)y ouvrage monumental, confié^ pour la

rection, à mon ami M. Bâche, arrière-petit-fils de

.anklin, et digne d'une telle descendance. Plus ré-

•mment encore, l'excellent astronome Piazzi Smyth,

is de l'amiral Smyth, qui a tant avancé l'astronomie

L la géométrie physique, vient de publier les observa-

.ons qu'il est allé faire à Ténériffe il y a trois ans, au-

essus des nuages et autant que possible au-dessus de

terre, dominant ainsi l'atmosphère grossière dans la-

^inelle nous vivons. Les résultats de cette expédition de

^éielques mois ont été incroyables pour la science, et

fJisKA y reviendrons. Nous avons encore l'ouvrage de

M. Ck>ulvier-Gravier sur les étoiles filantes ( i ) . Enfin entre

les sciences d'observation et celles d'imagination vient

(i) Bficherches sur les Météores et fur tes lois qui les régis- . <§ent, Id-80 avec planches et figares dans le texte. Paris, Mallet- « Bachelier, lihraire. Prix ; lO fr.

tin ASIBONOHIB

w placer le limité de Perspective Snéaire de H. de te Goumerie, qni arrive k propoB au milieu de l'attention qoe l'oD doMie en ce moment i l'ExpoBition dee beamarts. C'est le |»emier pas dans l'art de rendre la naliiie «o faisant ta part aux préji^ impérieux de nos sens. Quant à l'astronomie, je puis excuser mon silence un peu long par les drconslances présentes. Le bruit du canon nnpèche un peu d'entendre l'harmonie des sphères rélestes, et les bolletina de la paisible astrooomie pâlissait à cété de ceux de nos vicloires. Mais aujourd'hui nous voj-ons renaître la sérarité, grâce à la valeur de nos soldats, à l'intrépide habileté de leors chefs- Essavons donc de nous faire écouter.

J'a^-ais indiqué les pronostics qui. suivant la marche antérieure des vents, devaient nous amener un hiver trés-froid par les vents de nord-est, dont la prédominance me semblait suffisamment probaMe pour l'hiver dernier. U n'en a nen été. La girouette est restée plusieurs mois clouée au tud-oucst, et le froid n'a sévi qu'en Amérique, de l'autre cAté de l'Atlantique ; car iiiut.ais-Unls, ainsi qu'en Chine, c'est le vent d'ouest i|ti> est le veni froid : le sud-ouest est là le vent de tt-rro, tandis que pour nous le sud-ouest, qui a passé sur les eaux chaudes de l'occident, est humide et tempéré. J'avoue que je ne sais à quoi attribuer ce suicide ■s nord-estien {nord-easiers, comme disent les Anis). La conclusion est que nous manquons de don- - snffisanles pour de bons pronostics météorologi- , et qu'il faut s^ hâter de relier les deux mondes ies télégraphes qui puissent nous faire connaître ue jour l'élat almosphériçue du dobe entier. Je

ET MÉTÉOROLOGIE. l5t

déclare aussi que, malgré les consultations qui me sont très-honorablement adressées chaque jour sur le caractère futur des saisons, je suis fort las de mon métier d'astrologue.

Si je veux parler du mois dç juin et du solstice qui aura lieu le 21, à six minutes après le minuit qui commence ce jour, tout le monde va croire qu'il s'agit de )a chose la plus commune du monde. A cette époque des plus longs jours, Paris n'a que huit heures de nuit, et, par suite, le soleil reste sur Thorizon pendant seize heures. Gela est dans tous les almanachs. Mais on fait généralement moins d'attention à cette curieuse circonstance, savoir : que, pour les deux hémisphères, la durée des saisons n'est pas la même. Le printemps et Tété, qui sont la saison diaude pour notre hémisphère, sont ensemble plus longs d'une semaine que l'automne et l'hiver qui composent la saison chaude des habitants de l'hémisphère sud. Plusieurs personnes se sont hâtées de conclure que notre côté du globe était privilégié, et qu'il y avait lieu de se féliciter d'être homme du Nord plutôt qu'homme du Sud. Malheureusement ces prétentions ne tiennent pas contre l'inOexible rigueur des calculs mathématiques. Le soleil est plus près de la terre pendant l'hiver, et s'il y a pour le sud un moindre nombre de jours dans la saison chaude, laquelle se compose de l'automne et de l'hiver, en revanche les rayons du soleil sont alors plus chauds et plus lumineux exactement dans la même proportion, en sorte que cet astre verse sur la terre la même quantité de chaleur et de lumièrç pendant chaque saison, quelle que soit d'ailleurs la durée de cette saison.

Od dit valgaôreineDt, pour foire Féloge cf me manftre, qu'elle va comme le soleil. S'il en était diaeiy bi maigre irait fort mal, car rien n'est irrégnlier coaune le marnement de cet aâtre et les jours qn il nous dôme. Si l'on prend la moyenne de tons ks jours de ramée^ on a la dorée moyenne dn jour. L'année non tewertile 1859 a 365 jours grands on petits, qm font 365 jours moyeDS, ayant chacun a4 heures moyennes, dmque keure 60 minutes, et chaque minute 60 secondes de temps moyen. Il est bien entendu qu'on désigne ici par jour un intervalle de 24 heures entre deux midis ou deux mimiits successifs. Les jours naturels que donne un cadran, un méridien ou une lunette méridienne sont tantôt plus longa que le jour moyen d'un certain nombre de secondes, tantôt plus courts, et il y a des jours nature qui sont juste de la même durée que le jour moyen. Le i*' janvier 1869, le jour naturel (de midi an midi suivant) surpassait le jour moyen de 28 secondes et demie. Pendant tout janvier on avait de longs jours. Du 10 au II février, le jour vrai était égal au jour moyen; puis venaient des jours plus petits que le jour moyen jusqu'au 14 mai, où le jour naturel était encore égal en durée à la moyenne des jours. Depuis lors, les jours , surpasseront la durée moyenne jusqu'au .26 juillet. Du i ai au 22 juin, le jour a i3 secondes au-dessus de la *" moyenne. En août^ septembre, octobre, petits jours jusqu'au 2 novembre, où le jour naturel é^e de nouveau le jour moyen. Passé ce terme, les jours sont »lu8 longs que le jour moyen jusqu'à la fin de l'année, it le 23 décembre, le jour a une demi-minute de plus [ue les vingt-quatre heures de temps moyen. Cette

ET MÉTÉOROLOGIE. l53

complication apparente résulte tout naturellement de la marche oblique du soleil dans Técliptique et de sa vitesse variable. Gomme il faut toujours se graver dans la mémoire des notions précises, n'oublions pas que de toutes les périodes de la nature, année, jour, mois lunaire, il n'en est qu'une seule invariable, parfaitement fixe et immuable : c'est le jour moyen; les siècles qui s'écoulent l'un après l'autre n'influent eu rien sur cette précieuse unité de temps, et par suite la seconde de temps, qui. est contenue dans le jour 86,400 fois, se trouve avoir aussi une durée constante.

Pour revenir à notre présent mois de juin, il ne suffirait donc pas, pour des calculs très-précis, de dire que ce mois a 3o jours ; il faudrait à 3o jours de grandeur moyenne ajouter un nombre de secondes égal à 358, ce qui fait à peu près 6 minutes. Ainsi la durée de ce mois serait de 3o jours plus 6 minutes. Décembre séï^ encore beaucoup plus long.

Après le temps couvert et le clair de lune, un des fléaux de l'astronomie délicate, c'est le crépuscule, ou plutôt les deux crépuscules du matin et du soir. Ceux qui vivent dans le voisinage d'une haute montagne en voient le sommet encore éclairé par les rayons du soleil quand la plaine est déjà privée de sa lumière. L'air qui nous environne, à une hauteur bien supérieure à celle des plus hautes cimes terrestres, est de même illuminé par des rayons qui passent au-dessus de nos tètes, et son reflet éclaire assez longtemps la contrée pour laquelle le soleil est déjà couché. On admet assez arbitrairement que le crépuscule finit quand le soleil est à 18 degrés au-dessous de l'horizon. C'est sur cette

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I lestaôew désigpùM Boos le nom de coQ-

de ta ipbéra. Taid, je crois, ce q«i est le |

eean d'aocane notion de sôence pour recontoutea les étoiles tournent aalour d'un point

BT MéréOBOLOGlfi' l55

occupé à peu prôB par TéUnle extrême de la queue de la Petite Ourse, appelée l'étoile polaire. Ge point est le pôle. Plus les étoiles sont éloignées de ce pôle, plus elles font de grands cercles alentour. Par exemple, le cercle que suit la brillante étoile du Cocher, savoir la Chèvre, ce cercle, dis-je, rase la terre à sa partie la plus basse, et rétoile , pour Paris, ne se couche jamais. D'autres étoiles encore un peu plus éloignées du pôle atteignent l'horizon dans la portion inférieure de leur cercle et disparaissent pour quelque temps. Elles se couchent pour quelques heures. Les étoiles de Téquateur qui sont placée d'une manière intermédiaire entre le pôle nord et le pôle sud ont juste la moitié de leur cercle audessus et au-dessous de l'horizon, et sont couchées et levées pendant douze heures. Telles sont les étoiles de la Vierge et des Poissons. Encore plus au sud, les étoiles ne sont levées, c'est-à-dire au-dessus de l'horizon, et visibles, que pour un petit nombre d'heures. Telles sont pour nous k Colombe et le peu des étoiles du Centaure que nous pouvons atteindre en France. La brillante étoile Canopus, du Navire, la plus belle étoile du ciel après Sirios, est à peine visible à Cadix, au cap Matapan de Grèce; et enfin à Alger. Quant aux étoiles du sud, dont le cercle dans sa plus grande hauteur n'atteint pas les horizons d'Europe, elles nous sont invisibles, ce qui est d'autant plus fâcheux, que, suivant les auteurs arabes, leur contemplation inspire la gaieté. La Croix du Sud, le Centaure, le Navire, la brillante du Fleuve, circulent à notre insu autour du pôle austral, et, mal décrites par les Grecs, ne l'ont été correctement que par les pilotes de Bfagellan.

ET MÉTÉOROLOGIE. l5y

hauteur de Tatmosphère qui nous enveloppe, je ferai remarquer que la partie de cette mer aérienne sans rivages, où se manifestent plusieurs météores, n'est guère plus haute que quinze lieues ou 60,000 mètres. Au-dessus, Fair est tellement léger, tellement rare, qu'il ne manifeste sa présence que dans des cas exceptionnels. De nouvelles déterminations ont été obtenues par M. Liais, excellent physicien, dont j'ai déjà eu occasion de citer les travaux au Brésil avec Testime qu'ils méritent et avec la reconnaissance qu'inspire la protection éclairée de l'empereur don Pedro. M. Liais trouve que l'existence de notre atmosphère est sensible encore à 820 00 même 34o kilomètres de hauteur, ce qui n'a rien que de très-admissible. Nous reviendrons là-dessus à Toc* casion des étoiles filantes et des aurores boréales.

On dit souvent que l'aurore est le crépuscule du matin et que le crépuscule proprement dit est l'aurore du soir. C'est une grave erreur ; les crépuscules sont des phénomènes de simple illumination sans couleurs. Le crépuscule du matin précède de beaucoup l'aurore aux doigts de rose, et celui du soir survit longtemps à la disparition des teintes rouges et orangées de l'aurore du soir, qui nous font à Paris de si splendides décorations du couchant. De plus, l'aurore ne trace dans le ciel qu'une bande colorée peu épaisse qui atteint successivement les divers nuages étages en îles flottantes les unes au-dessus des autres. C'est un phénomène de diffraction avec le rouge plus infléchi que le bleu, ce qui est l'opposé de ce que produit la réfraction ordinaire. L'illumination crépusculaire occupe au contraire l'atmosphère entière, et n'est point colorée, sauf le bleu

l58 ASTAONOMIE

onifomie, qoi eslla ccnileor que réflédiissent tous les milieux de grande étendue, car on sait depuis NewUm que cette couleur, ainsi que le violet, se réfléchit en plus grande abondance que le rouge et Torangé. Je vais au-devant de Tobjection que pourraient me faire les physiciens habitués à voir la diffracticm produire des bandes colorées, tandis que Taurore nous ofifre une continuité de teintes sans intermédiaires obscurs. Gela tient à la grosseur du corps éclairant, le soleil, qui comble les interstices que laisseraient ses rayons dans les couches de Taurore s*il était réduit à un simple point brillant.

Je commence maintenant les revues scientifiques qui doivent terminer désormais toutes mes Études.

M. de la Goumerie vient de publier un Traité sur la Perspective (ï) considérée dans ses applications aux différents genres de tableaux, aux bas-reliefs et aux décorations théâtrales. Cet ouvrage, dans lequel les meilleures méthodes sont exposées avec beaucoup de clarté et développées dans de nombreux exemples, me paraît appelé à rendre de grands services. Les artistes y trouveront une importante théorie des effets de perspective. En voici quelques principes.

Quand un spectateur se place devant un tableau au point de vue choisi par le peintre, il voit les objets représentés tels qu'ils existent réellement. Mais s'il change de position, les objets paraissent tout à la fois se mo-

(i) Volume in-4o et Atlas in-f». Paris, Mallet-BaGheiier, libraire. Prix:4ofr.

ET MÉTÉOROLOGIE. jSg

difier dans leurs formes et se déplacer respectivement. Ces effets sont très-sensâbles quand la scène a de la profondeur et que la perspective est dessinée avec précisioB. L'auteur établit par des considérations géométriques très-simples la loi des modifications que les objets représenta par un tableau paraissent ainsi éprouver quand le spectateur se déplace, ce qui permet de prévoir et d'apprécier d'avance tous les effets de perspective connus.

Une des conséquences de cette théorie, c'est que les points qui sont en ligne droite sont vus de même en ligne droite par tous les spectateurs. D'après cela, si un peintre a représenté un personnage qui en regarde un autre, ou dirige vers lui une arme, en quelque part que le spectateur se place, il verra toujours le second personnage regardé ou menacé; et comme la position de son oeil est liée aux objets par la même loi, si, dans une station, il est lui-même regardé ou menacé par un des personnages, il le sera dans toutes.

Les rayons de lumière étant des lignes droites, quand les ombres sont bien déterminées sur le tableau pour le point de vue de construction primitive, elles paraissent exactes à tous les spectateurs. En un mot, dans toutes les modifications que les objets paraissent éprouver, toutes les directions sont conservées, et par suite les positions relatives restent les mêmes. L'œil est plus toisant pour les angles. C'est pour cda que l'harmonie d'une composition n'est pas altérée par le déplacement du spectateur, et qu'un tableau, bien qu'il soit assujetti par le peintre à un point de vue unique, présente cependant des effets perspectifs satisfaisants à toutes les per-

lCk> ASTRONOMIE

donnes placées de manière à le voir sans trop d'obliqmtë.

Tout le monde est familiarisé avec ces résultats de la (w^rs^^ective; mais ils n'ainiient pas été analysés et rattachtSîi à des principes géométriques certains, sauf la question du regani bien étudiée par WoUaston.

Quand le spectateur se déplace, les objets terminés par des contours arrondis paraissent éprouver des déformations inadmissibles s'ils ont été dessinés d'après U^ règles géométriques. La perspective doit alors étrç établie suivant des règles spéciales. C'est ce que M. de la Gournerie désigne sous le nom de théorie des déroga- ^ ikm$^ Il arrive à conclure que les objets arrondis ne doi- J -^ vent être soumis à Tunité du point de vue que pour leur f ^ position sur le tableau et non pour leur contour appa- ' rent* Cest ainsi que jamais les pdntres ne représen- ^ tent une sphère par un ovale. Des observations analo- ^^ gués doivent être faites pour les balustres et pour tous '>é les objets vivants ou non qui ne sont pas limités par '^^ des faces planes. vtei

On avait déjà admis quelques dérogations impérieus^noent réclamées par le bon goût. M. de la Gournerie, ^ei de son côté, est entré scientiGquement dans cette voie, ^^( et l'étude de la perspective dans les tableaux des grands 'n( maîtres confirme toutes les conséquences auxquelles tl a été conduit.

Quant à la théorie de l'auteur sur la perspective des reliefs, elle n'avait encore jamais été développée dans aucun ouvrage spécial. Je regarde comme heureux qu'elle soit mise à la portée des sculpteurs. Peut*ôtre, quand ils seront guidés par des règles certaines, deviendront-ils plus hardis pour varier les plans dans les

ET MÉTÉOROLOGIB. l6l

bas-reliefs, comme le sentiment de Tart a déjà conduit plusieurs maîtres à le faire.

Les décorations théâtrales, présentant à la fois des objets eh relief et des châssis peints, se rattachent à la perspective des bas-reliefs et à celle des tableaux. Cet art complexe, bien qu'il soit arrivé à un assez grand degré de perfection, n*est guère connu que d'un petit nombre d'artistes. Nous croyons que les personnes qui s'intéressent aux arts du dessin liront avec fruit les détails que donne M. de là Goumerie et l'analyse qu'il fait d'une belle décoration du ballet des Elfes due à M. Desplechin. Plusieurs des planches du riche atlas de l'ouvrage qui nous occupe sont consacrées à la reproduire.

En résumé, l'ouvrage de M. de la Gournerie, qui ne suppose aucune notion élevée de mathématiques, sera utilement étudié par tous les artistes. C'est une alliance entre la sévère géométrie et la capricieuse imagination, qui acceptera un guide capable de l'éclairer sans l'entraver.

Je finis en réclamant pour la physique comme pour la géométrie une part dans les moyens d'exécution du bel art de voir et de faire voir, c'est-à-dire de peindre.

(Juin iSSg.)

Sur let orag^f de foudre.

La nuit du lundi 27 juin i858 au mardi 28 a été signalée à Paris par un des plus violents orages de foudre

#|u'îl fiou0 soit donné d\

/'>Uit (^;mparable à ceux qn'

nmimni tien moussons. Le

ttftUU^f a grondé plusieon h unib smr Tm^ fifl

Uftitïié mi plusieurs points de la ofâtiàe.

^irtm me demandent d'eipiîqMr d'en

iirM5 ni grande masse d'électridié et

mHtt^ m subitement. De plus, ott s'

ttttHU}^ él<^^triques ne se déchargent pasd*«n

f'Amtum le» conducteurs de

Ji'm (iétjik m l'occasion d'observer ces /i

f/'rf^f» rlff/f mujges orageux, et

rhUam^ au-d(*08UH et au-dessous des

thi pluHje mo suis assuré qu'il suffit qn*

\m'M* monte ou descende de qœlqQes iirtiiin ^

tmirnH au miliou de Tatmosphëre où rile flotte, ç^

i{u'ék foudroie à coups réitérés les flancs des moft*

tagrtes qu'elle avoisine.

La raJHon en est que la masse d'air qui forme notre atmosphère est dans un état constant d^âectrkaié, et même dans cet état que Ton désigne sous le nom d'étit positif. Il en résulte que la masse du nuage qui api^ une explosion se trouve en équilibre d'électricité avec l'air environnant, cesse de l'être quand il s'élève au dôlieu de couches d'une électricité plus intense, que pir suite il est en état d'électricité négative, et qu'au contraire, s'il descend vers des couches moins forteoieB' chargées, il manifeste un état positif. L'une et l'autre circonstances auront pour suite un écoulement d'esttricité, et avec une accumulation suffisante et la proximité de la terre, il en résultera des coups de foudre.

ET MÉTÉOROLOGIE. l63

Notez que souvent les nuages orageux se foudroient Tnn l'autre, comme je Tai parfaitement observé du sommet du Ganigou, dans les Pyrénées-Orientales.

Pour reproduire expérimentalement ces effets, placez un large plateau recouvert d'étain au-dessus de la machine électrique et communiquant avec le conducteur de la machine. Maintenant présentez au-dessus de ce plateau électnsé un autre plateau semblable que vous tiendrez par son manche isolant en verre. Dès que le plateau tenu à la main sera dans le voisinage du plateau électnsé, il donnera au doigt ou à l'excitateur une vive étincelle et semblera désélectrisé ; mais si on le rapproche ou qu'on Féloigne du plateau fixe, il donnera de nouveau des étincelles : c'est le jeu le plus simple et le mieux connu des influences électriques.

Voulez-vous vous rapprocher encore plus de la nature et puiser de l'électricité dans l'air même, comme le font les nuages en montant ou en descendant? Placezvous, par un temps clair, en plaine, ou à une fenêtre qui ne soit pas trop dominée par les bâtiments environnants, ou mieux enfin sur une terrasse ou un belvédère, avec le ciel bleu au-dessus de votre tête; puis, ayant fixé un fil métallique au bout d'une longue baguette (une ligne à pécher est excellente pour cette expérience), attachez au bas du fil deux pailles légères ou deux brins de fil de lin. Il faut que l'extrémité supérieure du fil métallique soit attachée par de la cire à cacheter au haut de la ligne, et il faut de même que le bout inférieur de ce fil soit tenu par l'intermédiaire d'un autre bâton de cire à cacheter. Alors, tenant d'une main la ligne et de l'autre la cire qui porte le

l64 ASTRONOMIE

bout du fil métallique, armé de deux pailles mobiles, on verra ces pailles se séparer par l'effet de l'électricité prise par le fil métallique toutes les fois qu'on élèvera ou qu'on abaissera de quelques décimètres la pointe du fil qui dépasse la ligne. Saussure a fait mille expériences de ce genre, et MM. Biot et Gay-Lussac, en laissant pendre une boule de la nacelle de leur ballon au* milieu de l'air qu'ils dominaient, ont observé tous les effets divers qui résultaient d'un soulèvement ou d'un abaissement de la boule suspendue. Avec un petit ballon captif on obtient ainsi d'assez vives étincelles.

La réponse à la question de la production subite de l'électricité dans les nuages au temps de la saison chaude, c'est de dire que par suite d'élévation ou d'abaissement du nuage il devient électrique par l'influence de l'atmosphère. Or c'est précisément dans une atmosphère tourmentée par la chaleur du soleil qui s'absorbe dans les masses non transparentes que naissent les orages dont il s'agit ici. Au reste, un changement de forme, un rapprochement, un état plus ou moins humide de la nuée suffisent pour déterminer des variations dans la production du phénomène.

L'orage du 27 juin a été exceptionnel par la fréquence de ses explosions et par la bizarrerie des bruits occasionnés par les éclats des tonnerres multipliés. Dans plusieurs maisons il a renversé des faîtes de cheminées, fondu des fils de sonnettes, cassé des vitres et percé des tuyaux en zinc. Ce sont ses petites espiègleries ordinaires; mais il est deux circonstances qui doivent appeler l'attention de tous ceux qui visitent une localité frappée de la foudre : c'est d'abord la fusion des

ET MÉTÉOROLOGIE. l65

métaux à froid et ensuite le tonnerre en globe de feu, vulgairement dit tonnerre en boule, qui se meut aussi lentement que la foudre ordinaire marche rapidement, et qui, au moment où la boule éclate, brise tout par une explosion aussi formidable qu'inattendue. On cite le cas d'un globe de feu qui ayant accosté un navire par le bord et s'étend promené à loisir sur le pont, finit par s'élever le long du grand mât. À une certaine hauteur, le globe fit une explosion foudroyante et brisa complètement cet énorme mât. C'est presque toujours au haut des cheminées que les boules qui ont suivi la suie conductrice arrivent à faire explosion et les rasent au niveau du toit qu'elles traversent. Je reviendrai tout à l'heure à ces sortes de foudres.

Qnant aux métaux fondus à froid, on a vu la foudre liquéfier des pièces de monnaie dans une bourse qui n'était pas endommagée. Quand les fils de sonnette ont été fondus, on en trouva parfois les gouttes arrondies au milieu de poussières et de bourres très-combustibles et qui n'ont point pris feu. Peut-être cela n'estril pas général, et les incendies allumés par la foudre sont-ils dus à la chaleur des métaux fondus.

La maison de la rue de Vanves, n** 7, a été visitée dernièrement, à minuit dix minutes, par une foudre en boule qui a commencé par détruire une cheminée; puis le globe de feu est entré dans une chambre située sous les tuiles. Après avoir cassé un verre à pied et quelques soucoupes de porcelaine et avoir retourné les tasses sans aucun dégât, la boule lumineuse a parcouru la chamJare en se tenant toujours en haut de la pièce et au-dessus du lit sans rideaux où étaient couchés ui^

B^ jL.m >J* g:»«i

ET MÉTÉOBOLOGIE. 167

La aatson aotueUe «% les périodes oélettes. — &e

ret de la Seine à Oandebeo le imrdi 27 et le merorecU 28 septeoilive 1899. — La lumière cendrée en Chine. — laord Brougham et rinauguration d'un monument élevé par souscription à Newton dans le lieu de sa naissance.

Le soleil dont la violence Nous a fait languir si longtemps, Arme de feux moins éclatants.

Les rayons que son char nous lance.

Heureux temps, où le char du soleil suffisait à la curiosité astronomique 1 Ses quatre chevaux Pyroïs, Ëoiis, Ethon et Pblégon remplissaient le ciel de leurs hennissements enflammés, suivant Ovide. Le lourd Manilius, son contemporain, fait aboyer du feu à la canicule. Le prisme de Néron, dans les mains de Newton, n'avait point encore décomposé la lumière blanche de cet astre. On n'avait point encore s^ré les rayons invisibles de la chaleur des rayons brillants de la lumière. On n'y avait point reconnu les rayons chimiques qui ne sont ni des rayons de chaleur ni des rayons lumineux, et dopt l'office, entre autres propriétés, est d'activer la végétation et de servir k la photographie, mot aussi, récent que l'art qu'il représente. On n'avait pas découvert que dans la lumière de notre étoile il manque plusieurs centaines de rayons qui laissent des lignes noires dans la

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heures seulement, tandis que dans Tépoque où nous sommes il y a autant de jour que de nuit. Un autre élément trèa-important, c'est la position plus ou moins oblique des rayons solaires, qui fait qu'une surface donnée, un hectare par exemple, quand le soleil est à moitié hauteur entre Thorizou et le point qui est au-dessus de nos têtes, que cet hectare, dis-je, ne reçoit que les deux tiers des rayons qui le frapperaient si le soleil était à notre zénith. Si l'on tient en plein soleil une page imprimée, et que la vive lumière de Tastre tombe d'aplomb sur le papier de manière à rendre la lecture pénible, il vous suffira, pour diminuer l'illumination, de le mettre de biais par rapport aux rayons du soleil ; alors il passera un grand nombre de ces rayons au-dessus et audessous de la page imprimée, et l'éclat de celle-ci sera fort affaibli. Après ces circonstances principales, la transparence de l'air, la quantité de rayons qu'il absorbe ou réfléchit, la distance variable de l'astre à la terre, la nature du terrain, tout enfin modifie l'action calorifique du soleil, sans compter le vent, la pluie, la rosée, l'humidité de l'air et la configuration du sol.

La floraison et la fructification des plantes, les migrations des oiseaux, l'apparition et la disparition des insectes, les voyages des poissons qui marchent en troupes innombrables suivant des circuits réglés chaque année mais à des époques variables, mille autres renseignements que les météorologistes futurs connaîtront et apprécieront, ne sont aujourd'hui qu'à peine observés et très-imparfaitement connus. On entrevoit presque avec frayeur tout ce qu'il faudra savoir dans les âges

futurs pour être un météorologiste éclairé ; mais aussi

la période de dix-neuf ans qui ramène la

les points du ciel et que plusieurs météo-

)ient devoir reproduire les mêmes effets

)ns. Enfin la grande période d'Hipparque,

des équinoxes, qui en quatorze mille ans

«constellations d'hiver en constellations d'été

^^uement, et au bout de vingt-huit mille ans

i au point de départ. Pingre remarque que

jues milliers d'années d'ici Sirius, la plus

e du ciel, sera invisible en Europe, comme

Ganopus, qui tiend le second rang pour l'é-

xiens s'étaient figuré que l'état politique du

it aussi périodique, et que ce qu'ils nommaient

e année devait ramener sur la terre les mêmes

, les mêmes faits, la même histoire, comme

ciel la suite des siècles ramène les mêmes

• des astres. On prend en général trente mille

y ans pour cette grande année. Sans doute la

e des équinoxes, qui est à peu près de cette du-

i donné naissance à cette fixation postérieure.

ne on admettait que les destinées humaines dépen-

it des influences planétaires, il était naturel de

.*e que les mêmes configurations de ces astres de-

:nt reproduire les mêmes événements. Mais pour

iener les planètes à la même position relative, il ne

£rait pas de trente mille ans à beaucoup près. Pin-

é, dans une note de sa traduction française de la tra«

iction latine que Gicéron a faite de l'ouvrage grec

'Aratus, intitulé Plténomènesy Pingre, dis-je, calcule

jae pour ramener la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, Vé-

i indiait

:«- -î-ïSŒs. rc ne se

.*&« :!^iic ai cmtnire

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i|t^^«M^4^ .<)(imiiif ^«lË^stcSri^àHiiesiloiigqe ^^ » W Mtt ^ imÉM par cette cHatioii de La»

ET MÉTÉOROLOGIE. l'J^

martine :

Au delà du temps et des àgeSy< Au delà de réternité.

Comprenne qui pourra !

Dans les notions astronomiques, la matière, l'espace, le temps rivalisent d'immensité. Voilà des masses énormes et près desquelles la terre n'est pas même un grain de sable, voilà des distances telles, que la lumière, qui ferait le tour de la terre dans le demi-quart d'une seconde, mettrait un million d'années à les franchir, voilà des temps aussi difficiles à comprendre que l'éternité elle-même. Toujours de l'admiration ! Mais l'admiration est un sentiment bien froid et dont on se rassasie promptement quand il a pour objet des chiffres et des mesures géométriques. La curiosité s'use bien vite pour ce monde métaphysique des abstractions où il n'y a ni passions ni dramatique.

Pour nous reposer la tête, je placerai ici une anecdote relative à la grande année de trente mille ans qui doit remettre en l'an SiSSg le monde dans le même état que nous le voyons en 1869. Des étudiants d'une université d'Allemagne sont à table faisant à la fin d'une année d'études un dîner d'adieu. On parle de la grande année et du plaisir que donne l'assurance de se retrouver tous à cette même place dans trente mille ans. L'hôte, qui tient le milieu du festin et qui veille au service, se pique de philosophie et prend part à la conversation. Il exprime sa profonde conviction de la vérité de ce qui vient d'être dit, et au moment où on se lève de table, l'amphitryon salarié témoigne à ses conviveS'

le bonbpur qu'il aura a l« rarooror à la fin de b

pan* année. . Au revorr donc. Meaieoreli Celai qii

étajl charcé dp paver s'adresse alors i IMe a hi de- '

nundf <k £ajre crédh jusqu'à li produnne i^mûn,

CeluM-i. fidèle à ses «mvicMas, laxple, doq ans m I

wrrel déplaisir. Ilpja le pïyenr remâUit U booTse daES

M poche, hrsqaei'bùle, se misant, dit âsescoDrivcs:

t Puisque nous serons comme lujoiird'bai dms titob

mille «ng. nons étioiu déjà ainsi «iseinUe il y a trente

mille ans comme «njoordtiai. — Sms doale, s'écrie-

t-«a de toutes parts. — H) bien, HesKuts, tlorsTOifi

m'aiei demandé crédit cmnme aqjounj'faui. hm-aol

le dîner d'il y a trmle mille ans, j'attendrai pour

1p rrrais de Booen une lettre fort intéressante rebti.

vcmcml à la grande nuriie qui aura lieu à la nouvelle

lunp du 16 sqiianbre. D'après le retard ordinaire, c'est

le mswli soir j? et le mercredi matin et soir que le

nH>ii\t>mMil des eaui sera le plus violent, la leltreest,

.\immr » l'ordinaire, signée d'un nom bien connu sans

•hutirdc colui qai l'écrit, mais peu lisible pour tout

Miinv ()n «itribue i un célèbre diplomate d'avoir dit

«■■h- k j>»niit- cuit faite pour cacber la pensée. Onpour-

'y. .iivDviv filusi àe certitude que la signature d'un

Kuiiim ,ït Unit- pour «npêclier de connaître son nom.

^»->,> ,- ■ m ,1.1,1, M,'™ m'apprend que c'est à Caude-

*v »"v b- nuHwvn • nuiBteoant le plus de force

n*:-.vj >« i g ow Wifts-ïToleot i la nourelle lune du

■ ^^' .tvfmi n Mif nedoHte enoore plus pour le

' - *^ ■* .V Bi.-iBKî, Me» OMTespondanl, que je

- - '^"•^\^■^J A- i« Iwo», me ÙH observer que

Caudebec est une jolie petite ville où Ton arrive facilement. A une heure de Rouen, le chemin de fer vous déposera la station dTvetot d'où les omnibus vous mettent en moins d'une heure à Caudebec. Je trouve dans le livre de M. Labutte, historien et archéologue trèsdistingué de Normandie, de curieux renseignements sur la basilique de Caudebec et sur Tabbaye de Saint>-Wandrille dont les ruines sont tout près de la ville. Ce sont des monuments qui méritent d'être visités. L'art et la nature feront donc à l'envi spectacle pour les curieux. La barre ou mascaret qui cause tant de dégâts sur les rives de la basse Seine consiste en une espèce de cascade qui se forme dans la rivière, et qui fait que le flot de marée, au lieu de monter peu à peu comme dans une mer libre, se précipite en roulant avec fureur une nappe d'eau qui a parfois plusieurs mètres de hauteur et qui endommage toutes les constructions des rives en môme temps qu'elle culbute tous les navires qui ne sont pas à flot. J'ai passé vingt-cinq ans à découvrir la cause de cette singulière accumulation, et j'ai reconnu qu'elle se produit dans les parties de la rivière où le fond va graduellement en s'élevant. Alors les premières vagues se propageant dans une eau moins profonde sont devancées par celles qui les suivent et qui flnissent par retomber par-dessus les premières, car c'est une loi mécanique que l'onde marche d'autant plus vite, que l'eau est plus profonde. Si la profondeur du canal reste la même, toutes les ondes vont du même pas et les suivantes ne rejoignent pas les premières. On détruirait ce mascaret si l'on pouvait maintenir le lit du fleuve à une profondeur égale. Les immenses travaux de la basse

un fort mascaret en consultant les baliseufs qui sondent la Seine à chaque grande marée pour en indiquer les dangers. Partout où la profondeur de l'eau ira en diminuant par une pente continue, la mer montera par cascade. Si dans une partie du fleuve la profondeur augmente^ on voit le mascaret s'étaler et disparaître, car alors les ondes antérieures vont plus vile que celles qui les suivent, et il ne peut y avoir d'accumula-

tiOD.

La loi mathématique de M. Scott-Russell est que la vitesse de propagation de Tonde égale celle qu'acquiert un corps pesant qui tombe d'une hauteur égale à la moitié de la profondeur de l'eau. Cette loi avait été déjà trouvée par Lagrange et déduite de considérations mécaniques; mais elle était tellement oubliée, que c'est par l'expérience seule qu'elle a été découverte par M. Scott-Russell, et cela par des observations faites dans la Clyde en Ecosse.

J'engage ceux de mes lecteurs qui porteront au bord de la mer un esprit méditatif à faire attention à la manière dont les vagues déferlent sur le rivage. Us y verront la tète de la vague ralentir son mouvement en arrivant sur la plage, où l'eau est moins profonde, puis se renfler par le chevauchement de la partie postérieure de la vague, puis s'arrondir en cascade qui blanchit parfois à sa crête, tandis que du dessous de la vague surplombante il s'échappe par le poids de l'eau supérieure une lame d'eau qui s'étale sur le sable et y dépose les objets légers qu'elle a entraînés avec elle. C'est ur véritable petit mascaret. J'ai eu la satisfaction de v( cette théorie vérifiée par plusieurs observateurs

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