VI
Le journal VJvranchin me reproche d'avoir calomnié la barre ou mascaret des plages du mont Saint-Michel et méprisé les rivières ou, si Ton veut, les petits fleuves qui y ont leur embouchure. Il cite en faveur de cette barre le talent qu'elle a de noyer les gens tout aussi bien que les barres de la Seine, de la Dordogne, de la Saveme, de TAmazone, de Flndus et du Gange. Gomme la vaste Seine, ou plutôt le vaste Seine, magnus Seqmma, ainsi que disaient les Romains, n'est rien au milieu de son lit de 8 kilomètres de large, que sera le Gouesnon dans une baie de i6 kilomètres de flèche? Si j'ai tant de désir de revoir la barre ou mascaret de cette admirable localité, c'est surtout pour observer son effet sur les plages où il n'y a point de courant sensible sur ces rivages dattrteux que la terre et la mer revendiquent tour à tour. Ceci est de Lucain :
Quàque jacet littus dubium quod terra fretumque Yindicat alternis vicibus.
Car Lucain, sauf son pôle brûlant et son pôle gUtcé, tant reproché par Voltaire à un abbé contemporain, a été un peintre admirable de la nature. Quand on traverse à gué l'eau qui fait une île du mont Saint-Michel, et qu'on voit arriver du large la mer en mascaret, on ne peut guère l'éviter, car tous les amateurs qui (mt fréquenté les rivières savent que dès qu'on a de l'eau jusqu'aux genoux, la marche est tellement entravée, qu'on peut à peine suivre de conserve un homme marchant à pas lents et à sec sur le rivage. Virgile, poëte éminemment citadin, malgré ses Bucoliques et ses Géorgiques, nous peint le géant Orion marchant à pied
ET UÉTÉOROLOGIE. igS
au travers des eaux profondes de la mer, forçant la Yoie et dépassant ]es ondes de tonte son épaule :
Quàm magnus Orion Gùm pedes incedit medii per maxima Nerei Stagna» yiam findens; humero supereminet tindas.
C'est beau en poésie; mais, en réalité, le géant noyé jusqu'aux épaules n'eût pas avancé aussi vite qu'une souris sur le rivage.
Encore un mot de réparation au gracieux rédacteur de VAvranchin, dont j'ai, suivant lui, calomnié la barre. Un officier se présente à un tribunal comme témoin ; il déclare au président qu'il a vingt-neuf ans. Sa mère vient après lui au môme titre. « Quel est votre âge, madame? —Trente ans, monsieur le président. — Comment ! mais votre fils vient de se donner vingt-neuf
ans ; vous vous trompez évidemment. — Non, monsieur te président ; si mon fils sait son âge, moi je sais le mien : j'ai trente ans. Hélas! monsieur le président doit savoir combien il est facile de calomnier une malheureuse femme! » Il paraît que l'honneur d'une malheureuse barre est aussi susceptible ; mais certes je devrais être le dernier qu'on dût accuser d'avoir porté atteinte à la renommée des barres avec ou- sans rivières.
Encore deux ou trois lettres pour me demander si le siècle présent a commencé le i^ janvier 1800 ou le i*' janvier 1801. Il a commencé le i*' janvier 1801, à minuit, par la raison qu'il faut 18 centaines d'années accomplies pour faire 18 siècles, de même qu'il faut 18 piles de 100 pièces de i franc pour faire 1800 francs. j Ceux qui soutiennent la thèse contraire admettraient-
tyù ASTBONOHIE
ils dans un payement à eux fait que la dernière pîle 8*arrèUit à la 99* pièce de i franc? D'ailleurs il y a chose jugée. La première nuit de ce siècle a été signalée par la découverte de la première des petites planètes qui forment un essaim de petits corps célestes entre Mars et Jupiter. Ce fut le 1^ janyier mil huit cent un que l'astronome Piazzi fit cette heureuse observation à Palermo. J'ai répété ici cette circonstance devenne banalCf pour avoir l'occasion de dire à mes lecteurs que la 57* petite planète de ce groupe a été trouvée le ua Bef)tembre dernier par M. Luther, à Tobservatoire do Diîk, près Dusseldorf, et appelée Mnémosyne. Avec les quatre planètes anciennes de moyenne grandeur, voisines du soleil, et les quatre grosses qui parcourent extérieurement de vastes orbites^ voilà 65 corps planétaires, sans compter les lunes ou satellites, qui, toutes planètes secondaires qu'ils sont, l'emportent beaucoup en grandeur et eu importance massive sur la plupart des $7 planéticules observées jusqu'ici. On avait imaginé et (lit que ces petits corps célestes pourraient compenser pur leur nombre l'infériorité de leur taille, et que l'ensemble pourrait faire l'équivalent d'une grosse planète telle que Jupiter, Saturne, Uranus ou Neptune, ou au moins telle que notre Cybèle ou Vénus ; il n'en est rien. D'après un beau calcul de M,. Le Verrier, si toutes ces petites masses réunies faisaient autant que la terre, ou môme que la moitié de la terre, il en résulterait dans le mouvement de notre planète une perturbation qui n'existe pas. Ce n'est pas la première fois que la géométrie est venue rogner les ailes de l'imagination ; mais elles repoussent promptement.
Je suis entraîné malgré moi à propos de l'extrait de naissance du siècle, mais d'ailleurs très-volontiers, à faire connaître un résultat récent des calculs heureux du même astronome, et je le fais avec d'autant plus de raison, que notre presse périodique, qui gagne tous les jours en science positive, s'est occupée convenablement de cette annonce du résultat de l'analyse de M. Le Verrier. On lui devait déjà un travail de premier ordre sur Mercure, planète la plus voisine du soleil. Cet astre, dominé par la force prépondérante de la masse centrale de notre système, qui agit énergiquement à une si petite distance, semblerait devoir marcher sans souci des autres planètes qui, par leur influence mutuelle, compliquent leur course autour du soleil. C'est ainsi que Vénus porte même sur l'orbite de notre lune une petite inégalité que le calcul a fait reconnaître aux observateurs qui, sans cela, ne s'en seraient jamais avisés. C'est encore ainsi que des personnes indiscrètes se permettent de donner des ordres aux domestiques de leurs voisins. Donc M. Le Verrier, au moyen des passages de Mercure sur le soleil, vient de constater que la position de l'orbe de Mercure changeait séculairement de plus d'une demi-minute ( 38 secondes) , et cela sans raison aucune, j'entends sans raison déduite de causes déjà connues. On peut donc soupçonner qu'entre Mercure et le soleil il y a une planète inconnue dont l'influence déplace la route de Mercure. Or les astronomes ont souvent, au péril de leurs yeux, sondé télescopiquement la région du ciel qui entoure le soleil, et n'y ont rien vu. Ils recommenceront avec une nouvelle ardeur au mois de juillet prochain en Espagne et
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En plein midi une quantité innombrable de petits corps noirs passa pendant cinq minutes sur le disque lumineux. C'étaient sans doute des bolides de la nature de ceux qui nous donnent les étoiles filantes, les pierres tombées du ciel. Gar^ si d'après leur grosseur apparente on les supposait à la même distance que Mercure, chacun d^eux eût été une masse comparable à cette planète, et leur grand nombre rend cette supposition inadmissible; leur mouvement très-rapide conduit à la m(>me conclusion. On a parlé de gros grains de grêle pour expliquer ce phénomène. Mais ces corps se mouvaient en montant, contrairement à la grêle, qui, par sa chute, détruit tout sur la terre. Cest une belle planche qui mérite d'être reproduite et qui doit encourager à observer assidûment le soleil et la pleine lune, ainsi que M. Faye Ta fort recommandé tout récemment. Je termine en rappelant que j'ai par inadvertance attribué à un de nos premiers poëtes vivants les deux vers de Racine qui terminent Esther:
Au delà du temps et des âges, Au delà de l'éternité.
Plusieurs lettres obligeantes m'ont averti de mon erreur ; mais l'une d'elles m'a appris de plus que Racine lui-même avait emprunté cette idée au langage biblique qui dit : In œternum et ukrà^ mot à mot, poiir l'éternité et au delà, c'est-à-dire au delà de ce qui n'a point de limites. C'est peut-être très-beau, mais cela n'est pas très-clair, du moins pour moi.
(Octobre 1859.}
aOO ASTRONOMIE
Xiei travaux actuels contre le mascaret. — L^aurore boréale et la g^éographie magnétique du globe terrestre — Récente publication de sir John Berschel sur la météorologie. — lie Cosmos, journal scientifique, rédigé par M« Tabbé Moigno. — Reoherohes sur les météores, par M. Coulvier-Gravier.
Je sais parfaitement qu'en France il est d'usage d'être frondeur relativement aux actes de l'autorité. L'optimisme politique, administratif et social n'est pas de bon ton. C'est sans doute pour encourager nos gouvernants à mieux faire qu'on ne se montre jamais satisfait de ce qu'ils font et qu'on saisit toujours le côté faible de toutes les mesures amélioratrices qui dérogent ài'ancienne routine, laquelle du reste n'en est pas moins hautement condamnée. Il faudrait, suivant l'heureuse expression que M. Delaville prête à un candidat parlant à des électeurs moitié agriculteurs, moitié citadins,
Nous donner le blé cher et lo pain bon marché.
Il faudrait voir tomber les cailles toutes rôties, traduction libre du latin qui parle de cochons qui se promènent tout cuits : Coctos porcos ambulare. Quand on parle à^es personnes d'une autre nation, c'est tout le contraire. Ils sentent ce qu'ils n'ont pas et nous portent
envie. On peut ici citer ce vers ;
Plas je Yis d'étrange», plus j*aimai ma patrie.
Là-dessus un Russe très-distingué me disait que nos discours étaient toujours ceux d'un peuple conquis. Enfin, bien ou mal, le monde marche et la Providence le guide.
Cette petite préface répond à un reproche qui m'a été adressé à propos de ma dernière Étude et des louanges que j'escomptais d'avance au profit des autorités riveraines de la basse Seine relativement à la protection qu'il était nécessaire d'assurer aux terrains minés et détruits par la marée entre Yillequier et Gaudebec. Immédiatement après mon petit voyage, voici ce que m'écrivait l'ingénieur en chef, M. Emmery : a Vous avez eu l'heureuse inspiration de faire partager au public l'intérêt que ces braves gens (les riverains) ont su vous inspirer dans leur lutte inégale contre le mascaret de la Seine; laissez-moi vous apprendre l'issue des tentatives faites en leur faveur, et auxquelles vous venez à votre insu de coopérer utilement
» Sur mes propositions, présentées d'urgence, je viens d'être autorisé à faire exécuter une digue insubmersible de II25 mètres de longueur, formée de gros enrochements à talus très-inclinés et couvrant par une courbe régulière concave toutes les anfractuosités, tous les rentrants et tous les saillants de la ligne actuelle des quais et des terrasses de ce pauvre village (Yillequier).
» Un crédit de 80,000 francs va m'ôtre ouvert pour cet objet, et à l'heure où j'écris une flottille de bateaux
d'enrochemeatadéjàciwiinefiféflmiffwiBBtei^
le ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit aor M. Eolmery, sar M« Delamarre, da Corps f^giarif sur Le chef mpérieur de rAdmiiiiatratioa des Ponts et Oianssées, qui arrivait aaz bords menacés aa mnicnt où j'en partais. Je soppnme beaucoup de choses ffattBwgff pour moi, mais je ne pois m'enupécher de direcpec'e^ toujours fort henrenx d'avoir à constater qu'avec des autorités éclairées le paHage a conduit à dn fatsage^ n était d'autant plus besoin de se presser, <pie dans quatre lunaisons d'ici mie marée de 117 degrés^ ime des plus fortes da sècle, viendra le 8 mars prochaiii se bris^ contre les dignes de M. Emœqr, qui fan dira, comme dans le livre de Job : Ta n'iras pas plas loin et tu y briseras tes flots amoncelés t
Cest spécialement de Tanrore boréale oa platâi des aurores boréales qœ je dois entretenir les lecteors qui réclament les lumières de la science sur ces bciDanits phénomènes, qui sont en hausse depuis plosiears semaines dans l'attention pabliqae. Ces iœars polaires, lasses sans doute de Foubli où on les reléguait (je parodie l'abbé Delille qui dit :
L'aorore boréale LaiM de toir sa MMr l'aoTore orientale, etc.),
ces lueurs polaires, dis-je, non contentes de faire silencieusement osciller les aiguilles aimantées des observatoires, se sont mises hardiment à faire sonner et déraisonner les télégraphes électriques. Leur action a été bien plus prolongée que Taction des orages de foudre. Voilà donc les fils télégraphiques devenus des instru-
ET MÉTBOROtOGIfi. StoS
ments météorologiques sous la direction de M. Alexandre. Déjà M. Bei^on, Tun des subordonnés de ce chef ami de la science, a présenté à l'Académie de bons renseignements sur les effets de ces aurores qui ont cette fois pris tout le monde au dépourvu. La conclusion la plus saillante jusqu'ici, c'est que les lignes dirigées vers le nord ont été plus influencées que celles qui vont de Test à l'ouest, comme il était naturel de s'y attendre. Mais désormais on veillera sur ces expériences en grand de la nature qui ont aans doute de curieuses choses à nous révéler.
Mais qu'est-ce que c'est que l'aurore boréale, ou plutôt l'aurore polaire, car il y a vers le pôle sud des aurores australes comme des aurores boréales au nord? Les Anglais disent très-justement polar lighty lumière polaire.
Ceux qui ont vu dans nos cours de physique expérimentale un globe de verre dont on a enlevé presque tout l'air et au travers duquel on dirige un courant électrique, doivent se souvenir d'une lumière rougeâtre, pftle et agitée de saccades, qui remplit tout le vase et qui du reste agit sensiblement sur Taiguille aimantée. Réciproquement, au moyen d'un barreau d'acier fortement aimanté, on tourmente de mille manières, au travers même du globe de verre, cette flamme électrique. Ses teintes, son agitation, ses éclats sont tout à fait analogues à ce que nous montre l'aurore boréale, qui semble être une émission électrique de la terre, partant des régions polaires et se dirigeant vers les contrées équatoriales sous l'influence du globe, qui, comme tout le monde le sait, est un immense aimant dirigeant les
aiguilles de nos boussoles d*une façou fort compliquée. Là géographie magnétique du globe, ses points de plus grande force, les ligues que tracent sur les continents et sur les mers les diverses propriétés du grand aimant terrestre, son équateur, ses parallèles et ses méridiens magnétiques, ses courbes d'intensité, d'inclinaison, de déclinaison, tout cela est un monde géographique aussi vaste que la description ordinaire des régions terrestres. A quoi il faut ajouter que de siècle en siècle toutes les lignes d'aimantation se déplacent et changent de pays. Ainsi en 1666, à Paris, l'aiguille aimantée pointait droit au nord, et cent cinquante ans plus tard, en 1816, elle déviait vers l'ouest à partir du nord d'une quantité tout juste égale au quart de la distance qu'il y a du nord à l'ouest, ce qui fait 22 degrés et demi.
A ce propos je dirai qu'il y a quelques mois j'ai eu, pour un débat judiciaire, à établir quelle était la direction de l'aiguille aimantée vers la fin du règne de Louis XIV. Je dois déclarer que pour ce renseignement officiel je me suis servi de la formule donnée par M. Chazallon en i855, dans l'un de ses excellents Annuaires des Marées ; seulement je diffère d'un an avec lui sur l'époque où il place le retour de l'aiguille vers le vrai nord. Suivant moi, c'est en 1966 et non en 1967 que l'aiguille sera de nouveau dans le méridien géographique comme elle y était en 1666. Disons comme le Misanthrope :
Nop« verrons bien.
Jo voudrais bien donner ici la cause et l'explication (lo ruuroro boréale qu'on réclame de moi, mais je suis
ET MÉTÉOROLOGIE. ao5
éduit à dire comme Socrate : Tout ce que j'en sais, fest que je n'en sais rien. C'est fort modeste; mais ce jui l'est moins, c'est que je suis parfaitement assuré [ue personne n'en sait plus que moi.
A défaut de science positive, voyons les présomptions. Si ]a lueur polaire est produite par un écoulement d'éectricité venant des régions polaires, d'où vient à la terre cette électricité? Comment l'air, qui ordinairement arrête l'électricité, la laisse-t-il s'échapper de temps en temps, et quelle est la constitution atmosphérique qui livre ainsi momentanément passage à ces vastes effluves? J'ai reçu il y a quelques jours de l'illustre sir John Herschel un Traité fort sommaire de Météorologie. Cela fait cependant plus de loo colonnes in-4" petit texte. Je n'ai pas besoin de dire que j'ai lu sans désemparer et avec beaucoup de fruit un écrit partant d'un tel auteur. J'y trouve sur l'aurore boréale cette remarque fondée sur une expérience de Davy, c'est que la nappe de lumière électrique qui se déploie dans le globe de verre en partie privé d'air ne passe pas aussi bien quand le vide est trop parfait dans le ballon de verre, de même qu'elle n'y passe pas non plus quand il y a beaucoup d'air. Alors on pourrait imaginer que quand l'électricité polaire, retournant vers le sud, peut atteindre dans l'atmosphère une couche assez dilatée pour s'y propager, elle se répand dans cette couche en coupole sans se perdre au-dessus vers les espaces célestes, car au-dessus de cette couche il y a d'autres couches encore plus dilatées qui, suivant l'expérience de Davy, arrêteraient l'électricité et en préviendraient la déperdition. Cette remarque est d'une haute importance.
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ET MÉTÉOROLOGIE. %oy
actuelle en fait de géographie magnétique, établit parfaitement rinexactitude de cette assertion. M. de Humboidt nous apprend qu'à Bérésow, sur TObi, on voit tantôt les aurores boréales venant, du Canada vers Touest, tantôt de la Sibérie vers Test. Ces deux points sont les deux localités les plus froides de l'hémisphère boréal, car ce n'est pas au pôle même que se fait sentir le maximum d'abaissement de la température. C'est encore vers ces deux points que l'aimantation de la terre a le plus de force. Aussi on les a nommés centres on foyers d'intensité magnétique. En général, plus une contrée est chaude, moins l'aimantation terrestre y a de force. Je crois qu'on peut admettre que sur la géographie du magnétisme de la terre dix volumes ne suffiraient pas pour en exposer toutes les particularités. J'ai dté tout à l'heure M. Duperrey ; mais il serait injuste de ne pas mentionner avec le plus grand honneur le général anglais M. Sabine, qui* a fait immensément pour cette partie de la science, et en Russie M. Kupffei', dont la renommée, quoique très-grande, n'égale pas le mérite.
Le soleil et la lune, l'un activement et l'autre passivement, agissent aussi, quoique faiblement, sur Taiguille aimantée qui chaque jour, chaque saison, chaque année, éprouve des oscillations périodiques. Bien plus, la période des taches du soleil, qui se renouvelle neuf fois dans un siècle et qui est d'environ onze ans, a une période correspondante dans les perturbations de la direction de l'aiguille. En 1801 il n'y avait pas de taches; en i856, après cinq périodes de onze ans, il n'y en avait pas non plus. On présume qu'il n'y en aura pas
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PnAqrm le Cocanr vrm icû je saâs !■«■ aise de f«»99r«kr Féirjçe que f ai ôeyà fart das ces Ëtades de iteWf fMbfoatîoD heUDmaibire cooHBe tout à fût ap- ^^fPiÎÉe aux beioiBS et à la carioâté de ceux qui tcqk«ife t^r an ccorant de ceqei se fnt dans le monde «nrasl. On peut dire jnstemeiit que, suis érîter les qaMwm de baote théorie nml i én u tiq ne, toat ce qui
est d'une utilité générale se trouve dans le Cosmos. M. Ârago en était un des lecteurs les plus constants. Dernièrement, M. le maréchal Vaillant, académicien modèle, écrivait à l'Institut que le Cosmos lui tenait fidèle compagnie loin de nos séances. On peut assurer que c'est par une vocation particulière que le rédacteur en chef, M. l'abbé Moigno, a suivi et popularisé le mouvement scientifique général malgré tous les ob* stacies qu'il a rencontrés et sans qu'aucune distinction honorifique, sans qu'aucune fonction lucrative ait payé son dévouement à la science et son renoncement à la culture des hautes mathématiques, où il avait fait preuve d'une grande capacité par des ouvrages de premier ordre. Les savants le renvoyaient aux ecclésiastiques et les ecclésiastiques aux savants.
Parmi les patrons éclairés du Cosmos, il ne faut pas oublier Alexandre de Humboldt, dont l'ouvrage avait fourni le titre au journal et qui en faisait grand cas. Entre les académies et le public qui recherche de plus en plus les travaux de la science théorique et appliquée, je ne vois pas de plus utile intermédiaire que le Cosmos, Voilà ma réponse à ceux qui me demandent continuellement : Où trouverons-nous en style intelligible une publication qui nous tienne au courant du mouvement scientifique de l'époque? Evidemment le petit nombre dô questions qui peuvent être traitées dans la presse quotidienne est insuffisant pour embrasser le domaine entier des travaux d'observation. Malgré la longueur de mes Études je ne puis suffire à tout ce qu'on me demande, et depuis plusieurs mois les télégraphes transatlantiques et les volcans frappent impa-
tMuwni à m pnne. £i « BOBait le Yésuve ronoa-
J ju «tt^nY> a fiftrjfr onan reme de ronrrage de M. t>al)>fj^T£T)er $«r Sa Bétôorrii^e. Depois plus d^ Mi^i-ciiiq «n^ CM iÀscraitew «ssîdii nota Tappanboa <ks ea«\u«sâiâsi)es ci és^ globes de féa, iear éciat, kwr dmrtkm. lf«r MBolne à chaque beare de la miit el penàmt cha^sp aàscv. H ea a déduit des tableaux el des ccvQibcs qià zdcbItmiI an iHcnner coup d'œil la direrikHk kfa«i>]o«ci^H )e poutded^iartdeoesméiMYes. te T Tcît ces appantJMMis soliir des diai^ ■wals iwifi?» Uiès^iiheiix ei trè54Bportaiifs par leur ré^bntê. CMBme artnlité je rappelleni que c'est aa 1% de ce nQb<î qu m «ivt anticfois des averses d'étoiks filantes; maïs, snîvaat M. GoQhner-Gfarier, ce beaa maxÈmuni a disfianL Cela ii'cmpècbe pas les aimanacbs ai^Uîs de noter pour le la iioyembre les sàooiiMg stawsy à pra près comme les émîgrantsboUandais dans les régioas tropicales mettent des roues au haet de leurs massons poor snw de nid aux cigognes, dans one contrée on jamais une seule cigogne n'a para. M. Coohrier-GraTÎer espère que peut-être les crises météorologiques du la novembre et du lo août se reproduiront de nouveau, car sans doote il y a ici comme ailleurs une périodicité, mais dont les intervalles nous sont encore inconnus.
Je ne considère l'ouvrage de M. Conlvier-Gravier et son immense recneil d'observations qu'au point de vue des Caiits qui sont incontestables. Quant i la tbéorie de l'auteur, qui en bi«i des points difière des idées généralement admises, beaucoup de personnes se sont
ap(Miyées là-des8us pour jeter sur ce livre une défaveur qu'il ne mérite aucunement. Il sera pour des théories futures un guide que rien ne pourra remplacer, et les plus importantes notions sur la manière dont est peuplé l'espace qui environne la terre et la route qu'elle suit dans le ciel se déduiront de ces données. Je dois dire que, par suite des perturbations planétaires, jamais la terre ne suit dans le ciel la même orbite deux ans de suite, et qu'elle trouve toujours du nouveau sur son chemin. Les globes de feu et les aérolithes ou pierres qui tombent du ciel ont aussi été étudiés, observés et décrits fidèlement par Fauteur. M. de Humboldt a formé le catalogue des matières étrangères qui nous sont ainsi arrivées, et il y a reconnu presque toutes les substances chimiques de notre minéralogie terrestre. Ces visiteurs extra-terrestres qui forment la liaison entre la terre et le ciel ont donc une analogie de composition avec notre terre, et Chladni les appelait matière chaotique, comme si c'eussent été des résidus de la matière céleste qui s'est conglomérée en grosses planètes. Quoi qu'il en soit, on avait beaucoup espéré que les aérolithes nous amèneraient de nouveaux corps simples à ajouter aux cinquante à soixante éléments actuels dans lesquels la chimie moderne a décomposé tout le globe terrestre. L'excellent chimiste Laugier, qu'une mort prématurée a privé du fauteuil académique qui l'attendait, avait dans cet espoir analysé un grand nombre de pierres météoriques avec tout l'art et le soin imaginables. U n'y a pu trouver aucun principe nouveau. Il n'en serait pas sans doute de même au cas où l'on pourrait saisir quelque fragment de comète
qui nous donnerait un échantillon de la matière qui peuple le ciel dans des régions fort éloignées de celle où nous sommes confinés.
On lit avec intérêt dans l'ouvrage de M. Coulvier- Gravier ses observations d'un grand nombre de météores de toute sorte, voire même de comètes. D donne la préférence à la comète de 1811 sur celle de i858. Ce n'est pas tout à fait mon avis, et j'ai sur M. Goulvier-Gravier l'avantage (ou^ si l'on veut, le désavantage) des années. Au reste, la vocation de notre météorologiste a été autant précoce qu'irrésistible, et par sa persévérance il a conquis dans les combles du palais du Luxembourg un observatoire d'une spécialité tout à fait exceptionnelle. Pour rendre comparables des observations qui ont pour objet des apparitions imprévues, il est indispensable qu'elles soient faites par les mêmes yeux, guidés par un même plan de recherches, et en réduisant le tout au même nombre d'heures et aux mêmes époques de la nuit. Un résultat curieux bien établi à l'observatoire du Luxembourg, c'est que du soir au matin le nombre des étoiles filantes va croissant jusqu'à 3 heures après minuit. Il y a sans doute là un mystère dépendant du double mouvement de la terre, comparé à celui des petits corps qui viennent s'enflammer dans notre atmosphère. Je n'ai pas besoin de dire que les météores qui nous occupent ici, et qui souvent, éclatant par milliers, ont reproduit l'aspect d'un feu d'artifice, n'ont rien de commun que le nom avec les étoiles ou soleils, inasses immenses qui s'échelonnent à perte de vue télescopique dans la profondeur du ciel , laissant indécis lequel , de la matière
OU de l'espace, confond le plus la pensée ordinaire. L'Académie des Sciences a réclamé l'impression des observations de M. Coulvier-Gravier, et la libéralité du gouvernement a utilisé heureusement le zèle persévérant de cet astronome jusqu'ici unique dans son genre de travaux, quoiqu'il soit de la plus haute importance d'avoir en activité, dans des régions plus boréales et plus australes que notre pays, le môme système de déterminations météorologiques. En tout état de cause la France aura eu l'heureuse initiative que lui assurent le livre et les recherches de M. Coulvier-Gravier.
P, S. Ou me communique à l'instant un article remarquable de Vlllustration sur les effets de la marée à Villequier. Vlllustration a fait représenter les dégâts de TOcéan en deux dessins qui montrent un jardin en terre-plein, élevé avec des murs de soutènement, entièrement emporté et délayé par le mascaret. L'auteur de l'article, M. Alfred Busquet, que je me propose de rechercher à mon prochain voyage à Villequier en mars 1860, me reproche d'avoir appelé en général mascaret ce que les Normands appellent barre. En langage maritime ordinaire, la barre d'un fleuve est cette espèce de barrière de sable qui obstrue l'embouchure des fleuves et qui se forme par le dépôt de ses troubles à la limite où ses eaux sont arrêtées par celles de l'Océan. Il était donc nécessaire d'avoir un nom spécial, et j'ai, avec M. Arago, adopté le nom de mascaret usité pour la Dordogne( la Garonne n'a pas de mascaret). Quant à être un prophète de malheur, un nouveau Cassandre, l'auteur de l'article a sans doute
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vouitt dire une nouvelle Cassandre. Le vieux et CaBsandre du théâtre italien n'a rien de conmniii la fille inspirée de Pnam. Un de mes amis, M. Aimé Martin, se délectait ainsi ique Charles Nodier arec b parade que voici :
CASSANDRE
Ce monde est donc bien vieux?