‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs ..., Volume 5Chapitre 9 sur 17 · ET LES REBOISEMENTS. XV · texte numérisé non relu

ET LES REBOISEMENTS. XV

météorologie et Tagriculture , c'est la cause et l'effet.

Pour la santé, pour les voyages, pour la marine, pour les travaux publics, pour éviter les inconvénients des excès de la chaleur et du froid, nous sommes dans une continuelle dép^dance de la météorologie, et ses utiles instruments, .qui nous donnent le poids de l'air que nous respirons, sa chaleur, son degré d'humidité, son état électrique, sont consultés à toute heure et peuvent même dans certains cas faire prévoir un peu à l'avance l'état futur de l'atmosphère , pour se garantir de ses fâcheuses influences ou de ses dangereux paroxysmes.

Je pourrais encore faire le tableau des brillants météores que l'atmosphère offre à notre contemplation, le bleu du ci«ï, les teintes de l'aurore, les couleurs de l'arcen-ciel, des couronnes et des ^alos, les éclats kunineux et sonores des orages de foUdie , les aurores boréales, la polariss^tion de la lumière 4'un ciel serein et les reflets lointains qui font que la chaîne des Alpes porte son effet jusque sur les crépuscules de l'horizon de Paris.

Tant que les saisons et leurs .produits ordinaires n'offrent pas de, trop grandes perturbations, le public distrait, et surtout'le public des villes, ne prend pas un grand intérêt à Feffet trop habituel des météores. Les moissons naissent et mûrissent, les bestiaux se propagent, les fleurs et les fruits se. succèdent, l'hiver et la neige approvisionnent d'eau les réservoirs des sources et les infiltrations souterraines des ruisseaux et des rivières. L'homme semble n'avoir qu'à recueillir les bienfaits de la nature qui lui appartiennent de droit. Il ne songe même pas à en être reconnaissant.

Mais si la marche générale des courants atmosphé-

IVI SUR LA SÉCHERESSE, LES fRRIGATIONS

riques vient tout à coup à changer et produit, cpmme en i856, de terribles inondations, si Técoujernent régulier de l'air de la France , sans aucun de ces arrêt? et de ces soulèvements qui produisent la pluie , fait prévoir et réalise pour id58 une sécheresse qui, sitôt après un hiver sans neiges , était un^ triste certitude , alors les populations sortent de leur indifférence. Elles sentent qu'il y a quelque chose sinon à empêcher, du moins à prévoir, et que si la météorologie n'est pas une science faite, il faut sé^Mterd'y porter toute l'activité de l'esprit humain.

Lorsque TObservatoire iinpérial de Paris, soutenu par la volonté ferme et ^éclairée du souverstin (volonté à laquelle le monde doit l'établissement définitif des télégraphes sous-marins), lorsque notr© Observatoire, dis-je, ainsi soutenu, commença à réunir et à donner au public Ce qui sera un jour le bilan météorologique du monde entier, et nous fournira des pronostics certains, car ils n'auront nen de local; combien peu de bons esprits sentirent la portée de ce progrès scientifique. Cependahtavec ces données complètes nous verrons les météores promener leurs influences sur notre globe, comme le bei'ger d'Homère voit, du haut d*un promontoire élevé, un nuage qui arrive' poussé par le souffle dû Zéphire et qui jette une ombre noire sur les flots, lesquels s'agitent ensuite à leur tour et viennent avec retentissement se briser au rivage.

Sans doute il serait injuste d'accuser le public d'ingratitude, d'indifférence ou même d'inattention quand il s'agit de travaux qui ne porteront leurs fruits à la société que dans un avenir éloigné; mais tous les esprits

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