MES PARENTS I
Louise de Condé continua cette chaîne de prières et d'expiations avec ses pieuses compagnes, adoratrices perpétuelles du Très-Saint Sacrement. Le Temple, qui avait retenti des fureurs des Jacobins, des afiTreùx jurements de Simon et des pleurs du royal orphelin,
n*entendit plas que les cantiques et ne fut témoin que des actes de charité et de douceur de la sainte princesse et de ses filles. Ce fut là qu'elle apprit la maladie et la mort de son père ; elle le pleura avec consolation, car il était mort en héros et en chrétien; à ses derniers instants, sa pensée errait sur les champs de bataille où il avait combattu, et il dit tout à coup : Ubi est bellum ? (où est le combat?) Mais, se reprenant soudain, il s'écria avec ferveur : Credo in unum Deum! Il laissait après lui son fils, le dernier des Gondés, celui qui mourut d'une manière mystérieuse et déplorable «n 1830, dans ce môme Chantilly, témoin de la gloire de leur maison. Ce frère chéri était l'objet incessant des prières de sa sœur : elle mourut heureusement avant lui ; Dieu lui épargna cette suprême amertume. La mort tragique du duc de Berry, la douleur de la famille royale portèrent un coup mortel à la princesse Louise ; depuis ce moment, elle déclina et s'usa dans de continuelles souffrances. Le 10 mars 1824, le sacrifice fut consommé : madame Louise expira au milieu des larmes de ses filles ; elle reposa, selon sa demande, dans la chapelle du monastère, et sur sa tombe on grava Tinscription suivante :