LES ARTISTES
Les artistes que l'élection avait élevés au rang d'académiciens, et qui, dès lors, pouvaient se parer du titre de « peintres ou sculpteurs du roi », jouissaient de certains avantages ; en revanche, ils étaient, à l'égard du souverain, dans un état de domesticité qui frappe lorsqu'on dépouille la correspondance du surintendant des Beaux-Arts.
Ils sont aux ordres du roi et des membres de la famille royale ; ils doivent être prêts à satisfaire à leurs désirs et à les traduire sur la toile ou à les interpréter dans le marbre. En lisant cette volumineuse correspondance, on éprouve un certain malaise de cette sujétion et on ne se rend pas compte comment des hommes de talent ont pu, souvent, consentir à signer des œuvres d'un très médiocre intérêt.
En 1752, la reine veut une « Magdelaine debout dans le désert » pour l'autel de son oratoire de Compiègne. Il faut que le tableau, dont le menuisier Souhait a fait le châssis, soit en place « avant que la
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cour n'y arrive, le voyage prochain ». Coypel se mit à la besogne, il peignit Henriette de France en religieuse dans le désert et, quelques semaines après, le tableau était fini et accepté.
Le roi, la même année, avait tué un cerf, dont le bois lui paraît curieux; il mande Oudry; celui-ci tarde quelque peu. Vandières s'impatiente : « Je ne vois point arriver M. Oudry, Monsieur, écrit-il à Cochin le 5 juillet i852, pour peindre le bois du cerf que le Roi a pris... Le Roy veut absolument que ce bois soit peint par lui. » Et Oudry s'exécuta.
Le 21 février lyôS, Lépicié reçoit la lettre suivante :
La Reine demande, Monsieur, avec tout l'empressement possible, deux tableaux pour être placés au-dessus de deux portes de son cabinet, dont je vous envoyé le plan. L'un représentant saint Thomas en apôtre, prêchant les Indiens, l'autre saint François-Xavier, en habit de Jésuite, arrivant sur un vaisseau de Chine.
« J'ai jeté les yeux sur M. Vien », écrit Vandières, et Vien se met à l'œuvre; le i"' mars, on lui renvoie ses esquisses avec l'annotation que voici :
La Reine a trouvé que la composition des deux tableaux est un peu trop serrée, notamment de celui qui représente l'arrivée de saint François-Xavier à la Chine. S. M. désire qu'on aperçoive dans le fond du tableau une partie d'horizon qui indique que le vaisseau vient de loin. Le saint ne doit point avoir de manteau, il luy faut mettre un surplis par-dessus sa robe : quelques auteurs lui ont mis uneétole,
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la chose est arbitraire ; néantmoins, il seroit bon de voir la vie de ce saint.
Sa Majesté a aussy observé qu'il est désag-réable de voir la principale fig-ure de ce tableau sans pieds. Elle imagine qu'il conviendrait mieux de le représenter descendue ou descendant du vaisseau, élevant les yeux et les mains vers le ciel, en actions de grâces d'être arrivée à bon port, pour l'exécution de ses pieux dessins.
... A l'égard du tableau de saint Thomas, il ne s'ag'it que de laisser un espace entre les bras du saint et le groupe du fond afin d'y apercevoir du païsage.
Il faut aussy observer de donner à ces sujets toute lavag-uesse et toute la fraîcheur possibles, le lieu de leur destination étant, comme il a été observé dans la première note, très mal éclairé et sur un lambris blanc.
En 1766, Marigny mande à Cochin :
Mg-r le Dauphin ayant désiré, Monsieur, pour son petit cabinet à Versailles, quatre dessus de portes en paysages de la façon de M. Boucher, je vous préviens que je lui écris parle courrier qu'il recevra incessamment les quatre châssis de ces dessus de porte.
...Qu'il faut, toutes choses quittées, qu'il se mette après sans aucun déley et qu'il y apporte tout le soin, toute l'attention, toute la vigilance possible.
Ces commandes, il est visible d'après la persistance des réclamations, que les artistes ne les exécutaient point de bonne grâce. Il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de la décoration d'un palais nouveau.
Le le"" février 1768, Cochin reçut l'ordre de préparer
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et de distribuer rornementation du nouveau Trianon par cette lettre de Marig-ny, qui lui traçait en ces termes le plan g-énéral de l'œuvre à entreprendre :
Vous trouverez ci-joint, Monsieur, un état des tableaux nécessaires pour compléter la décoration intérieuredu nouveau Trianon, avec leurs grandeurs et les places auxquelles ils sont destinés. C'estune occasion d'occuper plusieurs des peintres du Roi, marquez-moi les noms de ceux que vous jugerez pouvoir en êtrecharg-és. Vous pourrez aussi me proposer quelques sujets pour chacun des tableaux, afin que je sois en état de les mettre sous les yeux de S. M. et de lui demander son choix.
Tableaux pour le Pavillon du nouveau Trianon.
Grand cabinet de Compagnie :
Quatre dessus de portes de chacun 4 pieds, 3 pouces 1/2 de long, sur 2 pieds 7 pouces de hauteur.
Petite salle à manger du Roy :
Un dessus de porte de 5 pieds i pouce 1/2 de long, sur 2 pieds 9 pouces de haut. Un tableau vis-à-vis au dessus de la g"lace, de 5 pieds i pouce 1/2 de long, sur 2 pieds 3 pouces de haut ;
Un dessus de cheminée de 4 pieds i pouce de long, sur 2 pieds 3 pouces de haut.
Grande salle à manger du Roy:
Deux dessus de portes de chacun 4 pieds 8 pouces 9 lig-nes de long, sur 3 pieds o pouce 9 lignes de haut ;
Deux autres dessus de portes ceintrées de chacun 5 pieds 1 1 pouces de long, sur 2 pieds 9 pouces de haut ;
Quatre g-rands tableaux de chacun 7 pieds 3 pouces 1/2 de long, sur 9 pieds 3 pouces 1/2 de haut.
Pièce des buffets :
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Deux dessus de portes dont un de 5 pieds i pouce de longsur 4 pieds 2 pouces de haut;
Et l'autre de 4 pieds 10 pouces de long, sur 4 pieds 6 pouces de haut.
Chambre à coucher du Roy :
Deux tableaux ovales de chacun 20 pouces de long, sur 18 pouces de haut.
C'est avec joie que, le 20 février, il répond par le projet suivant, dont le principe fut admis et qui constitue un document intéressant pour l'histoire de Trianon.
Monsieur, j'ay un peu tardé à répondre à votre lettre du 3 1 janvier et à celle du 16 février qui m'adonne les derniers éclaircissemens. Mon embarras a été de trouver des sujets convenables défaire un bon effet en peinture, j'avais d'abord pensé à les tirer d'Homère ou du Tasse, mais outre que ces sujets n'auraient pu être traités dignement que dans les grands tableaux, les dessus de porte ne donnant pas assez d'espace, de plus j'ay craint que cela ne parût trop sérieux. J'ay donc envisagé la chose dans une autre idée. C'est dans cette maison de plaisance (il s'agit de Trianon) que le roy consacre ses plus belles fleurs j'ay cherché pour les dessus de porte des sujets où il puisse entrer des fleurs pris dans les métamorphoses, parce qu'il me semble que les tableaux en seront plus agréables et pour la grande salle à manger des sujets relatifs aux aliments : ainsi j'ay l'honneur de vous proposer pour les quatre grands tableaux :
1° La Pêche représentée par Neptune et Amphitrite environnés de nimphes et de tritons et présentant aux humains des poissons, des coquillages, et autres richesses de leur empire ;
2" La Chasse ou Diane partag'eant son gibier entre ses nymphes et en donnant aux paysans ;
3" La Moisson, Céi'ès et Triptolème distribuant du grain, enseignant aux peuples l'art de préparer le bled et présidant aux moissons ;
4° La Vendange. Le triomphe de Bacchus et les paysans cultivant les raisins. Et pour les quatre dessus de porte ou de glace, afin qu'ils y ayant quelque relation :
1° Bacchus et Erigone;
2° Zéphire et Flore;
3° Vertumne etPomone;
4° Vénus et Adonis.
Dans le cabinet sur la fleuriste où il y a trois tableaux, je crois que l'on y pourrait exécuter une espèce de petit poème en trois chants, l'Amour et les Grâces.
lo L'Amour qui présente aux Grâces ses armes demicourbées et d'un air humble pour être introduit dans leur temple ;
2° L'Amour enchaîné de fleurs par les Grâces et témoignant son impatience ;
3° L'Amour qui a rompu ses liens et qui lance des traits sur les Grâces fuyantes.
Dans le grand cabinet sur le fleuriste quatre dessus de porte :
1° Adonis changé en anémone ;
2° Clitie changée en héliotrope ;
3» Hyacinthe changé en la fleur qui porte son nom ;
4° Narcisse changé en la fleur qui porte aussi son nom.
Enfin, dans la pièce servant d'antichambre, deux dessus de porte :
1° Minthe, nymphe changée en herbe ;
2° Mirrha, métamorphosée en mirthe.
L AUr ET L ETAT AU DIXH UlTl 1£ME SIECLE 221
Pour les quatre grands tableaux je crois qu'il est besoin de tout ce que nous avons de mieux et c'est une occasion peu commune ; ainsi je crois qu'on peut les demander à 1° M. Pierre, 2° M. Vien, 3°iM. de la Grenée,4'' M. Doyen.
Quant au dessus déporte, j'ay cherché à n'y point employer ceux qui sont déjà chargés d'en faire pour Bellevue, non seulement parce qu'ils n'ont pas encore achevé, mais encore afin de répandre l'encouragement et l'émulation sur tous ceux qui fout des efforts pour se distinguer. Ainsy j'ay l'honneur de vous proposer pour les dessus de porte de la grande salle à manger, où sont les grands tableaux, de partager les petits, deux à M. Belle et deux à M. Monnet. D'accorder les trois dessus de porte ou de trumeau du cabinet sur le fleuriste avec table volante à M. Amand. De partager les quatre dessus de porte du grand cabinet sur le fleuriste entre M. ToUainet M. l'Epicié. Enfin de donner les deux dessus de porte de la première pièce servant d'antichambre à M. Carême.
Quanta ce que M. Gabriel croit nécessaire que ces artistes aillent sur le lieu connaître les jours, cela ne peut que bien faire. Cependant j'observeray qu'un petit (plan) où seraient marquées les croisées pourrait leur épargner cette course.
En échange de cette sujétion, les artistes jouissaient de certains privilèges, dont les plus appréciables étaient le logement et les pensions.
Les palais royaux étaient, sous l'ancien régime, encombrés de gens qui y logeaient; il y en avait au Luxembourg, à la Bibliothèque Royale et surtout au Louvre.
Le Louvre est le plus communément habité, et c'est
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en particulier les artistes qui y demeurent. On y voit l'atelier de fonte des caractères de l'imprimerie du roi, une imprimerie en taille-douce établie parCochin; l'arquebusier du roi est logé au Louvre, l'orfèvre du roi aussi : mais les plus nombreux sont les peintres et les sculpteurs.
Ces log^ements du Louvre étaient fort courus et l'on intriguait pour les avoir bien avant qu'ils fussent vacants. Lorsque Lépicié proposa à Vandières de donner à Vernet le logement de Galloche, la raison qu'il invoqua et qui fut décisive, ce fut « que ce logement lui deviendra très favorable pour les effets des nuages, la limpidité de l'eau et l'étendue de la vue ».
On le lui attribua le 26 Juillet 1754 et voici, à titre de document, le texte de l'ordonnance de Vandières pour le logement qui lui avait été donné au préalable :
Nous Abel François Poisson de Vandières conseiller du Roy en ses conseils directeur et ordonnateur général de ses bâtiments, jardins, art, académies et manufactures.
Certifions que le Roy, bien informé des talens et de la capacité dans l'art de la peinture du s. Vernet, l'aurait agréé par son bon du 27 septembre 1753 pour son peintre des marines et que S. M. voulant lui donner une nouvelle marque de sa bienveillance lui aurait accordé et fait don d'un atelier qu'occupait à sa bibliothèque l'oyalle à Paris les"" Berlout, pour, par ledit s. Vernet, jouir du dit atelier tant qu'il plaira au Roy suivant et conformément un plan qui a été déposé à la direction générale des bâtimens de S. M. à condition de l'occuper et de ne le point louer ny céder à
L APvT ET L ETAT AU DIX-HUITIEME SIECLE 220
personne sous quelque prétexte que ce soit. En foi cle quoi nous avons accordé le présent certificat audits. Vernet pour lui servir et valoir ce que de raison lequel nous avons signé de notre main, fait contre-sig-ner par le secrétaire ordinaire des bâtimens du Roy et y aposer le cachet de nos armes. A Gompièg-ne, le vingt-sixième jour du mois de juillet mil sept cent cinquante quatre. (Bons du roi 0» 1067.)
Tous n'étaient pas aussi faciles. Greuze, qui eut le sien en 1769, l'obtint sur dix concurrents, parmi lesquels on comptait le graveur Tardieu et LagTenée(i).
Les privilégiés logés au Louvre ne se contentaient pas de jouir des pièces qui leur étaient attribuées, telles qu'ils les avaient reçues, ils les modifiaient à leur gré. Deux ans après avoir occupé son logement, Boucher y fait pour 3.484 livres d'ajustements dans son appartement particulier et pour 6.892 livres (3) de réparations d'aménagements dans son atelier. Il en demanda le remboursement au surintendant par cette lettre :
Monsieur — Je prends la liberté de vous adresser les deux mémoires qui vous présenteront le tableau de ma situation à l'égard du logement du Louvre ; c'est à votre bonté d'y mettre la dernière touche, je sens que c'est une grâce. Je sens en même temps que je ne la devrai qu'à la protection que vous daignez accorder en général aux artistes
(i) Voici le texte du bon du Roi lui attribuant ce logement :
a6 fév. 1769. Bons du roi 0' 1067, présenté par Marigny.
V. ^I. ayant bien voulu accorder verbalement au s. Greuze le log-einent aux Galleries du Louvre qu'avait le s. de la Roche. Je la supplie très humblement d'avoir la bonté de conformer cette tiisposition par son bon. — Bon.
(2) Voir, en appendice, le devis de ces réparations.
et aux bienfaits que vous estes accoutumé à répandre sur ceux qui, au moins par leur zèle, cherchent à remplir les viies que vous aves pour l'honneur de la nation. Vous ne dédaig'nes pas d'entrer dans les détails de fortune de ceux qui ont l'honneur d'être sous vos ordres. Vous verres ce que j'ai dépensé déjà dans ce logement pour le rendre seulement habitable, vous scavés que cela sera en pure perte pour ma famille, vous prononceres sur le reste et j'ose me flatter que ce sera plus en protecteur qu'en jug-e, mais qu'il semble qu'on pourrait faire valoir auprès de l'équité austère la proportion de la propriété du fonds à un simple usufruit momentané et toujours dépendant des événemens. Je laisse avec confiance le tout à votre bienfaisance. Je suis avec respect...
Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.
Boucher.
A Paris, le 7 septembre 1736 (Qi 1067).
On lui donna 9.000 livres pour l'indemniser. — En 1769, il présente encore un mémoire de 1.800 livres « afin de construire un cabinet avec une cheminée » ; on l'y autorisa.
Greuze, en 1769 aussi, se fait solder pour i.5oo livres de réparations « pour chang-er la place de l'escalier et refaire les planchers » de son appartement.
Mais, un jour, en 1755, ces privilégiés furent troublés dans leur inquiétude ; ordre fut sig-nifié à Bouchardon et à Slodtz de déménager du Louvre; on voulait achever le palais et il fallait faire place nette pour
L ART ET l'État au dix-huitième siècle 2 25
le livrer à l'architecte. Grand émoi; Gochin plaide la cause des artistes :
Promettez-moi, Monsieur, de vous représenter que ces bienfaits sont mérités, qu'ils sont l'encouragement qui rend les arts florissants en France, qu'ils sont la cause qui empêche nos artistes du premier ordre d'accepter les propositions des étranf^ers qui leur otVrent des fortunes plus grandes.
... Gomment connaîtrez-vous les pertes que leur occasionne ce déplacement!... Quelques-uns avaient fait des dépenses considérables dans ces logements, qu'ils regardaient comme à eux pour la vie.
Les deux sculpteurs, du moins, déménagèrent; on construisit pour eux de nouveaux ateliers, ailleurs, et on leur remboursa les dépenses qu'ils avaient faites. Quant aux autres, ils demeurèrent, les projets d'achèvement ayant été abandonnés, pour des raisons budgétaires.
Il n'est pas sans intérêt de lire les raisons, tout à fait hors de proportion avec les résultats, que l'alerte inspira aux privilégiés et d'y trouver, en première ligne, que les bienfaits du roi étaient la cause qui rendait, en France, les beaux-arts florissants.
On conçoit à quelles tribulations le vieux palais fut soumis. A ces dégradations, nées de l'usage domestique, il faut ajouter celles (jui furent faites administrativement. En 1763, la galerie d'Apollon fut sollicitée par Gochin pour la transformer en ateliers, les
ateliers existants devant être démolis pour y installer un certain nombre d'artistes. Cochin présente la requête en ces termes :
Il est néeessaire que les élèves ayent chacun un atelier, mais il est aisé de leur en procurer à peu de frais, le grand salon où se font les expositions ne sert durant le cours de l'année que pour le passage public. Il est si vaste que quelques petits ateliers ne paroistroient point le diminuer. Il est à deux rangs de croisées; ainsi, en ne prenant que par tie de celles d'en bas, il n'en seroit point obscurci ; il seroit donc facile de leur construire de petites cloisons légères et propres à être démontées dans les occasions d'exposition, qui ne se font que tous les deux ans, et qui ne durent que six semaines.
11 est vray qu'il n'y a que cinq croisées et qu'il y a six élèves; mais on trouveroit facilement du terrain dans la maison même où demeure M. Vanloo pour construire le sixième.
Il reste à placer M™^ Godefroy (femme qui restaurait les tableaux), ce qui est également facile; il y a, sous la colonnade du Louvre, une galerie dont une partie fait le logement du Suisse et dont le reste n'est employé à rien.
La dernière modification que devait subir la galerie d'Apollon fut motivée par des raisons plus étudiées, le désir de d'Angivilliers, successeur de Marigny, d'en faire un Musée.
Il saisit le premier peintre du roi de son projet par cette missive.
Versailles, 30 septembre 1777.
J'ai à vous demandez, Monsieur, une étude dont je suis persuadé que vous vous êtes déjà occupé de votre propre mouvement, par l'intérêt éclairé que les arts peuvent vous inspirer plus que à qui que ce soit. Il s'agit de cette galerie du Louvre dans laquelle je projette de rassembler toutes les richesses du Rov, en tableaux, desseins, statues, toiles et vases trop obscurément magasinés depuis longtemps dans des endroits qui ne prestent ni à l'instruction des artistes ni à la curiosité publique. J'attache la plus grande importance à la manière dont il convient de disposer cette galerie pour recevoir tout ce que j'ai dessein d'y déposer, en placer toutes les parties avec le plus grand avantage et surtout ménager dans toute l'étendue de la galerie le ton de lumière qui est un des points des plus importants de mon objet : je ne vous indiquerai aucune vue particulière parce que je veux laisser le plus libre essor à vos idées et que mon intention n'est pas de faire prévaloir celles que je me suis déjà formées en y réfléchissant comme je le fais depuis qu'il est question de cet avoncement : je ne vous fais qu'une seule observation en supposant qu'elle peut vous échapper : c'est qu'il convient de s'assurer, relativement aux statues que la galerie doit contenir, du poids que peut suporter la voûte sur laquelle cette galerie repose .
J'ai l'honneur d'être, etc.
d'Angivilliers. (0» 1067).
La plupart des Académiciens touchaient une pension sur le trésor royal; c'était là une faveur à laquelle ils étaient fort sensibles. Toutes les fois qu'un pension-
naire mourait, c'était, pour ses survivants, une lutte dont le chargé du détail des arts supportait tout le poids.
La première fois queCochineut à s'occuper de cette question, à la mort d'Allegrain, et qu'il proposa de répartir sa pension entre Bouchardon, Lemoyne et Pigalle, il développa une théorie qui est fort dans les idées de l'époque et posa un principe qui fut presque toujours suivi.
Il serait avantageux, pour l'émulation, écrit-il le i5 mai i-yôg, que ceux qui courent la même carrière vissent ces récompenses accordées aux premiers hommes de l'Art susceptibles d'accroissement; et ce seroit une marque de con- .sidération de votre part, Monsieur, en faveur de ces artistes distingués, qui ne pourroit que les flatter infiniment.
Dès lors, à la mort de chaque titulaire, nous voyons les pensions émiettées.
Lorsque Bouchardon disparut, sa pension de i.ooo livres fut répartie de la façon suivante : 3oo livres à Coustou, 200 à Slodtz,en augmentation des 600 livres qu'il a déjà; 5oo à Allegrain.Sur les 2.400 dont Bouchardon jouissait à titre d'indemnité, 1.600 à Pigalle « pour l'indemniser des dépenses considérables » de son nouvel atelier et 800 à Falconet pour le dédommager de la perte de son atelier.
La pension de i.ooo livres de Van Loo servit à augmenter de 3oo livres celle de Dumont le Romain, à procurer 5oo livres à Vien et un supplément de 200
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à Chardin « pour ses soins et peines de l'exposition des tableaux du Louvre ».
Michel-Ang^e Slodtz mourut en octobre 1764, jouissant d'une pension de 800 livres. Gochin proposa d'en donner 200 à Falconet, et 600 à Pajou.
Nous avons déjà vu à l'œuvre l'esprit inventif de Cochin, lorsqu'il s'agissait d'amortir les dettes de l'Académie; la mort d'un de ses confrères, Deshays, lui sug-g-ère des moyens non moins romanesques. C'était décidément un des travers de son esprit que d'aimer les artifices et de solliciter des grâces pour les procurer à d'autres. 11 envoie à cette occasion à Marigny la lettre suivante :
Monsieur,
La perte que nous avons faite de M. Deshays nous afflige d'autant plus que n'étant qu'à l'entrée d'une carrière que tout annonçoit devoir être brillante et fructueuse, il laisse sa veuve dans un état déplorable. Vous avez honoré M. Deshays d'une affection particulière bien méritée par ses talens rares, vous afi"ectionnes pareillement M. Boucher a qui 11 s'était lié; c'est par ces motifs que j'ose vous demander une grâce qui doit refluer sur la veuve et que je vous supplie de me permettre de vous en demander ensuite une seconde.
La première est de bien vouloir m'accorder en mon nom (quoique je n'en n'aye nul besoin) ce que vous aviez accordé à M. Deshays dans le Louvre, aux mômes cond Itlons cepen dant, c'est-à-dire de vuider les lieux au premier ordre sansrépeter (sic) aucune espèce de dédommagement. Alors j'en
aSo
disposerois de manière qu'eu suivaut toujours votre projet de n'en oblig-er que des artistes d'une classe distinguée, je pourrois néanmoins en tirer, sans indécence, quelque avantag-e en faveur de cette pauvre veuve.
La seconde est plus singulière, mais non moins possible; M. Deshays n'avait point encore eu de part aux pensions accordées aux artistes par Sa Majesté, il y a tout lieu de croire qu'à la première vous vous sei'iez déterminé en sa faveur. Je me garderai bien de vous demander d'accorder une pareille grâce à son épouse, il est d'une extrême conséquence que ces pensions ne soyent point détournées de leur objet ; elles sont trop nécessaires à l'émulation qu'il est important de maintenir dans les arts. Mais, Monsieur, permettez-moi de vous demander pour moy la première pension de cette espèce qui pourra vaquer. Je suis artiste comme les autres, je sers l'Académie dans un service plus assidu et non moins désintéressé, ainsi aucun d'entre eux ne pourroit la trouver déplacée.
Bien loin de demander cette grâce dans toute autre occasion, je vous aurois supplié de ne jamais penser à moy pour ces sortes de pensions; mais le motif qui me détermine est d'une nature à ne me point faire rougir.
Si vous l'agréez, Monsieur, je me proposerois de faire jouir Mrae Deshays, sous mon nom, du fruit de cette pension et s'il arrivoit quelque changement à sa fortune qui la mit en état de s'en passer, je remettrois cette pension dontj'aurois simplement paru jouir et dont la véritable jouissance pour moy seroit d'avoir servy de prétexte aux bontés que vous auriez bien voulu répandre sur cette famille affligée.
Je suis, etc.
CoCHIN.
Ce 1 1 février 17G5.
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Marignj n'admit aucune des excellentes raisons de Cochin et la donnée de la réponse fut plus simple que ne l'était la demande : « Il vaut mieux, disait-il, implorer les bontés du Roy en faveur de la veuve que de luy faire tenir un bienfait de la seconde main.
« La demande de l'attelier au Louvre est trop vag-ue; qu'il marque en quoy consiste l'emplacement jouissait le feu sieur Deshayes. »
A la mort de V'anloo, les combinaisons renaissent et vraiment Cochin fit preuve d'ing-éniosité. Dans une première lettre il proposa à Marigny l'arrangement suivant :
Monsieur, Pénétré de la confiance dont vous m'honores en m'ordonnant de vous écrire sur les places vacantes par la perte que les arts viennent de faire dans la personne de M. Vanloo, j'obéis. Je ne m'étendray point sur l'état où se trouve sa veuve par les sacrifices que ce grand peintre a faits à la perfection de son art : Vous en êtes instruit et le premier désir que vous a inspiré votre bonté est de trouver les moyens de lui aider à subsister et à élever sa famille.
Après y avoir réfléchy, je m'arrête à une seule idée qui me paroist la plus simple puisque votre bonté vous porte a obtenir a M. Boucher le litre de premier peintre, distinction qu'il mérite si bien pour les plus rares talents et pour laquelle le cri des arts se joint en sa faveur a l'estime dont vous l'honorez : en lui donnant cette place si vous voulez bien y joindre celle de directeur des élèves protégés, dont j'ose vous assurer que M. Boucher est d'autant plus capable qu'en sachant contenir ses élèves, il aura l'art de s'en faire aimer et de leur inspirer l'amour du talent et du travail :
or, dis-je, vous aouIcs bien réunir sur sa tête ces deux objets, alors il sera possible d'extraire de la pension accordée au premier peintre une somme de S.ooo H- en faveur de la veuve, aux conditions d'être réunie après elle à la place de premier peintre.
Mon premier sentiment avoit été de n'extraire de cette pension que 2.000 H-, mais cette veuve estimable étant chargée de famille, elle seroit bien désolée; d'ailleurs votre bonté vous ayant porté à lui en accorder trois, il faut qu'elle l'éprouve dans toute son étendue. Le motif qui m'avoit porté à cette économie étoit la crainte de trop restreindre la place de premier peintre, et d'en ôter les secours nécessaires pour la soutenir avec quelque dignité, mais comme les appointements attachés à la place de directeur des élèves protégés sont de i.Coo -tf- joints avec les 2.ooo-ff- attachées à la place de sur-inspecteur des Gobelins, dont M. Boucher jouit, et où je crois qu'il est essentiel pour l'avancement de la manufacture qu'il soit continué, ces divers avantages réunis tiendront lieu de ce qui pourra être ôté à la position de premier peintre.
J'ajoute que de cet aiTang-ement il résulteroit un nouveau bien que vous pourriez faire à la veuve. M. Boucher venant demeurer à l'école des élèves protég-és vous remettroit son log-ement au Louvre. Ce logement est g"rand et vous pouvez en accorder une partie à M'"*^ Vanloo. Il l'est même assez pour que vous puissiez aussi en favoriser M. L. M. Vanloo. Vous satisferiez au désir que vous avés de lui l^ire du bien en lui donnant ce logement, il est bien digne de vos bontés et sa fortune a besoin de secours. Il n'y a pas d'apparence que dans la distribution que vous pourres avoir à faire de quelques logemens aux galeries du Louvre, il soit possible de rien accorder à M. Vanloo. Peut-être ce
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log-ement du Louvre exig-e-t-il quelques arrang-emens, pour y placer ces deux familles unies, mais le lieu est vaste et sans beaucoup de dépense tout peut s'accomoder à la satisfaction de l'un et de l'autre; d'ailleurs M. Vanloo y seroit beaucoup mieux pour travailler qu'aux galeries.
J'ay rejeté 1 idée que j'avois eue d'abord de chercher les moyens de continuer à log-er Madame Vanloo dans le bâtiment de l'école des élèves protégés, il est trop petit et il y a à peine de quoy loger honnêtement le directeur et les élèves ; il faudroit alors faire des constructions qui ne pourroient être que très dispendieuses. De plus pour que les enfans de feu M. Vanloo fussent nourris avec les pensionnaires, il faudroit augmenter la pension de 2.400 #-, ce qui ne me paroît pas praticable et qui même ne pourroit pas durer longtemps.
D'ailleurs vous n'avez déjà que trop entendu parler de ces jeunesgenstilsde M. Vanloo, quelques-uns lui ont donné beaucoup de chagrin et du moins pour ceux-là on peut assui^er qu'ils ne sont pas faciles à morigéner. Il paroît donc qu'il vaut mieux n'en point charger le nouveau directeur ni l'école et répandre plutôt vos bienfaits sur la veuve qui leur en fera la part qu'elle jugera à propos et dont ils se rendront dignes. C'est pourquoy j'opineray plutôt à forcer la pension de la veuve, que cependant je crois très abondanteà 3. 000 et surtout en y joignant ledon d'un logement.
Je suis, etc.,
CocmN.
Ce i3 juillet 1765.
Marigny ne voulut point de ces combinaisons ; il s'en entretint avec Cochin et, deux jours après, nouvelle lettre, où tout «st modifié.
234 ÉTUDES ET PORTKAITS d'aLTKEFOIS
Monsieur, Je me proposois d'avoir l'honneur de vous répondre comme je le pensois qu'il ne se pouvoit rien de mieux que les dispositions que vous vouliez bien me faire connoître, j'étois même charmé d'y trouver une marque d'attention pour M. Pierre, a qui cela feroit voir que vous faittes pour lui tout ce qui peut l'obliger sans affliger les anciens ;ma visite de condoléance que j'aj faite à M"» Van Loo m'a fait naistre une autre idée qui peut estre vous agréera et remplira les mêmes vues. J'ay aperçu qu'elle avoit beaucoup d'inquiétude d'être obligée de quitter la maison de l'école des élèves protégés et qu'en conséquence ils imaginoient un moyen qui en effet me paroît praticable. Ce seroit que vous voulussiez bien nommer M. L. M. Vanloo à la place de l'Ecole des élèves protégés et en effet, outre que c'est un homme sage et prudent, qu'il est l'ancien même de M. Boucher, il a de plus une certaine gravité naturelle qui semble le rendre tout à fait propre à cet employ.
Sur ce que j'av voulu prouver que ce projet me paroissoit impratiquable à cause de la petitesse du lieu, on m'a assuré qu'il suffiroit et que^d'ailleursils pourroient s'agrandir en louant, à leurs frais, de M. de la Motte, quelques pièces de plus.
Il est facile de voir que l'espérance de Madame 'Vanloo est que M. Vanloo étant par cette place engagé à tenir une table honnête, elle pourra faire avec lui quelques arrangements modérés pour sa nourriture et celle de ses enfans. Elle est de plus certaine du talent et de la fermeté de M. Vanloo pour cultiver et (porter un peu plus loin les talens qu'ils commencent d'avoir et pour maintenir la conversion tardive de l'aîné, et les assez bonnes dispositions des autres. Il est certain que M. Vanloo n'y trouveroit pas les mêmes avantages qu'un autre, mais il aime sa tante, il
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sera charmé d'être son consolateur et de ne point se séparer d'elle. Elle enad'autant plus de besoin que son mariag-e ayant été fait à Turin et selon la coutume dece pays, le peu qu'il y aura appartient aux enfans, à l'exception de sa dot qui est d'environ 3oo -ff-de rente. Enfin j'ay vu que leurs souhaits les plus ardens étoient pour cela et qu'ils se figuroient que c'étoit le moyen le plus efficace de lui procurer quelque consolation.
Si vous approuviez cecy vous auries quatre personnes à gratifier au lieu de trois. M. Vanloo auroit l'école des élè" ves protégés à l'ordinaire, M. Boucher seroit premier peintre du roy, et au lieu de lever sur ses appointements 2.400 -ffvous pourriez n'en prendre que 2.000 pour la veuve. Elle retrouveroit par les autres avantag-es qui lui paraissent si nécessaires à son sort, ce qu'elle perdra, mais qu'elle ig'norera que vous êtes déterminé à lui accorder. La pension lui paroîtratoujoursbeaucoupplusconsidérable qu'elle n'auroit osé espérer.
A la vérité, il ne reste roit à M. Boucher que 4- 000 it- de la place de premier peintre, mais outre qu'il auroit la reversion, ce qui le flatera le plus, ne sera pas les appointements, mais bien le titre. M. Goypelpendant longtemps a eu cette place avec moins. Conséquemment je ne verrois pas de difficultés à ce que M. Boucher rendit la surinspection des Gobelins, dont vous g'ratifîeriez M. Pierre. A l'égard de cette surinspection puisque vous me permettez de dire ce que je pense, je crois qu'on ne peut guère diminuer 2.000 itde cette place parce qu'elle occupe du temps à celui qui la remplit.
Il y auroit bien encore un moyen, mais peut-être est-il plus difficile. Il a paru que S. M. honoroit de beaucoup de bontés le défunt, s'il lui plaisoit de donner à sa veuve
la pension par extraordinaire, la place de premier peintre pourroit rester telle que vous l'avez établie.
Mais sans faire cette supposition, je crois que le plan cy-dessus s'approcheroit d'autant mieux de vos intentions qu'en faisant du bien à chacun vous le feriez conformément à leurs désirs, ce qui aug-mente le prix du bienfait. M. Boucher ne souhaitte que l'honorifique principalement M. Vanloo qu'un peu plus d'aisance et un logement pour être en état de soutenir sa famille, M'"^ Vanloo se trouveroit secourue de touttes manières, et de M. Pierre apercevroit que vous ne le négligez pas dans les occasions. Je suis , . . CocHiN .
Ce i8 juillet 1765.
En effet, Boucher fut nommé premier peintre du roi; Pierre obtenait l'inspection des Gobelins, et Michel Vanloo la direction de l'Ecole des élèves protégés.
Cochin avait, dans la dernière année de la vie de Vanloo, apitoyé le surintendant sur son sort; en janvier 1764, il lui avait écrit pour lui affirmer que sa maladie était causée par « l'effet des chagrins qu'il a éprouvés et particulièrement de la part de son fils, que le manque d'argent est encore une cause de chagrin » et parvint à arracher l'ordonnancement d'un quartier pour l'Ecole des élèves protégés. Lorsqu'on vendit son atelier, il obtint un crédit de 200 livres, pour acquérir des dessins de lui, pour mettre au cabinet du roi.
Le soin du détail des arts revenait de droit au pre-
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mier peintre du roi ; la nomination de Boucher ne changea rien à la situation de Cochin ; Boucher, pas plus que Vanloo, ne se sentant aucun goût pour la correspondance administrative et fuyant les affaires avec un égal souci. Cochin resta donc cinq ans encore à la tête du département et ce n'est qu'à la mort de Boucher qu'il dut s'incliner devant la règle que Marigny lui rappela en ces termes :
A Versailles, ce 18 juin 1770.
A M. Cochin,
J'av reçeu, Monsieur, les deux lettres que vous m'aves écrites à l'occasion de la mort de M. Boucher et de la nomination de M. Pierre à la place de premier peintre du roj, vacante par le décès de cet excellent artiste, je fei^ai usage en temps et lieu des réflexions que vous me présentes sur les differens objets auxquels cette mutation donne lieu.
Vous connaissez les circonstances qui m'ont mis dans le cas de vous confier, depuis la mort de M. Cojpel, le détail des arts, objet qui a toujours regardé le premier peintre du Roy et fait partie de ses fonctions : les circonstances étant aujourd'hui changées, je ne puis me dispenser de rendre à cette place tout ce qui lui appartient. Ce sera, en conséquence, M. Pierre qui sera dorénavant chargé de ce détail mais en vous la retirant je ne puis trop vous témoigner combien je suis content de la manière dont vous avez répondu à ma confiance pendant tout le temps que vous avez rempli cette fonction. Je me fois un plaisir de vous le marquer et j'en aurois un véritable à trouver les occasions de vous donner des marques de ma satisfaction.