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LES AEROSTIERS DE LA REPUBLIQUE

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Guyton m'a souvent parlé du parti que l'on pourrait tirer à la guerre des ballons; vous vous rencontrez à ce sujet; il pense qu'ils pourraient être infiniment utiles : je n'en doute pas, mais c'est à nos généraux à faire usage de toutes les ressources de leur art; on ne peut pas leur rien prescrire à ce sujet et il est à craindre qu'ils ne suivent encore long-temps leur routine.

A la suite de son rapport, en juin de la même année, Guyton fut chargé de faire des expériences qui allaient aboutir à la création du corps des aérostiers.

Le 29 juillet, le Comité de Salut public écrivait aux représentants du peuple aux armées pour les informer qu'on avait décidé l'emploi de ballons militaires et les inviter à « conférer avec les généraux de l'utilité qu'on pourrait retirer de ces ballons pour observer la marche de l'ennemi ». La « routine » des généraux, comme le disait Carnot, allait être mise à une rude f'preuve.

Mais, en ces matières, il fallait tout créer. On avait décrété l'aérostation militaire: restait à l'organiser. Il n'y avait ni ballon ni aérostiers. Tout au plus une vieille enveloppe recherchée par le ministre de l'Intérieur et sur laquelle Guyton avait fait ses expériences et les deux nacelles qui se trouvaient « dans les salles de la ci-devant Académie de Dijon » expédiées à Paris en suite de l'arrêté du Comité de Salut public du 8 germinal an IL

Ï06 ÉTUDES ET PORTRAITS d'aUTREFOIS

Le 20 octobre 1798, on réquisitionna un domaine national, le château et le parc de Meudon: l'ancienne demeure de Servien et de Louvois, on y installa le premier parc aérostatique, sous la direction de Coutelle, de Conté et de Lhomond.

On ne pouvait mieux choisir.

Coutelle, à cette époque, était âgé de 45 ans ; né au Mans, passionné de physique, il avait, le premier dans cette ville, construit un paratonnerre qu'il plaça sur la maison de son père, notaire ; il avait appliqué aussi avec succès l'électricité à la guérison des maladies. Venu à Paris en 1772, chargé de l'éducation des neveux du physicien Charles, il se lie d'amitié avec lui, use de son laboratoire et étudie les gaz.

Conté était de l'Orne; il avait à cette époque 38 ans et se trouvait dans toute la force de son génie inventif; successivement il avait été luthier, peintre, mathématicien, topographe, physicien et chimiste. Il s'était signalé en rendant facilement utilisable une découverte à laquelle il avait coopéré, mais qui n'avait été appliquée que dans des expériences de laboratoire : la décomposition de l'eau par le fer rouge, ce qui supprimait l'emploi de l'acide sulfurique, fort rare à cette époque.

Ces trois hommes également ardents amener à bien la tâche qu'on leur avait confiée se mirent aussitôt à l'œuvre.

Par arrêté du 4 brumaire an II {2Ô octobre 1793),

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