‹ Études et portraitsChapitre 21 sur 24 · ET 13 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

ET 13 DÉCEMBRE

On me dit que le nouveau roman de M. Flaubert obtient partout un grand succès ; mais pour la critique le succès n'est rien. Madame Bovary en a obtenu bien davantage. Nous ne nous sommes pas interdit pour cela de la juger. Nous userons envers Salammbô de la même liberté. Salammbô n'est pas seulement le produit d'un sérieux travail et l'œuvre d'une vigoureuse maturité, ce livre soulève une question d'art et d'école. On a pu le lire avec émotion, il faut le juger avec sang-froid. La critique peut applaudir à de hardis essais d'imagination et de style. Elle ne baisse pavillon que devant les chefs-d'œuvre consacrés par le temps. Pour moi, vieilli sous le harnais classique, je n'abuserai pas contre M. Gustave Flaubert, plus que je ne l'ai fait il y a quelques mois contre M. Victor Hugo, de cet

1 Salammbô, par M. Gustave Flaubert. — 1 volume in-8. Chez Michel Lévy.

avantage, hélas ! contestable. Avoir vécu sans avoir rien changé ni à ses admirations, ni à ses sentiments, ni à ses opinions d'autrefois, ce n'est plus là un mérite dont i! soi! très-habile de se prévaloir aujourd'hui.

J'ai dit l'estime que m'inspirait le nouvel essai de M. Flaubert, et j'ai trop facilement prévu la surprise que causerait aux innombrables lecteurs de son premier roman l'étrange cadre dans lequel il a renfermé le second. Ceux qui connaissent M. Flaubert, soit par eux-mêmes, soit par ses amis, s'en étonneront beaucoup moins. Un de ces derniers, homme de cœur et d'esprit, m'écrivait récemment que quand le premier ouvrage de M. Flaubert obtint cette vogue retentissante que vous savez, « ce succès fithorreur à l'auteur lui-même. » 11 fut indigné qu'un livre qu'il avait mis six ans à écrire, et pour lequel il ne demandait qu'un estimable succès de style, fût exclusivement recherché pour des « mérites » qu'il n'avait pas même entrevus. Etrange et. curieux mécompte, et que nous signalons ici pour sa singularité même, dans l'histoire des lettres ! De très -bons esprits, qui savaient le penchant de M. Flaubert à un certain gonflement de la pensée et du style, lui avaienl donné le conseil de choisir pour son début un sujet terreà-terre qui pût le sauver de l'hyperbole. C'est ainsi qu'il fut amené à enfermer son imagination exubérante dans une petite ville de Normandie et à y dérouler l'obscure destinée d'un ménage mal assorti, aussi médiocre que corrompu. Madame Bovary , ainsi conçue, avait coûté six ans à mettre au monde. Salammbô en a demandé cinq d'un travail assidu, sans compter les recherches, lesétudes spéciales et les voyages d'outre-mer que l'auteur s'est imposés . Un jour, voulant prendre sur le fait la nature qu'il avait à peindre, et étudier sur le terrain le paysage qui servait de cadre à son action, le livre achevé, il s'embarque pour Tunis; il arrive, et le voilà parcourant à pied la route sui-

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vie par les Mercenaires révoltés contre Carthage (240 ans avant Jésus-Christ) ; cherchant la place où on s'était battu, trahi et massacré ; interrogeant sur des faits qui ont vingt siècles les gens du pays qui les savent moins que nous sandoute, mais qui aident encore à les comprendre; livré, en un mot, pendant cette longue étude, à l'inquiète préoccupation qui nous fait tout rapporter à un seul objet, et d'où sortent parfois des œuvres durables.

Mais pourquoi ce long labeur? pourquoi ce sujet perdu dans la nuit des temps? pourquoi, dans l'histoire du passé, ce choix d'un épisode horrible entre tous, et où l'horreur déborde, même sous la plume des écrivains de sens rassb qui l'ont raconté, Polybe, Rollin, Condillac, et parmi \e> contemporains, M. Michelet, M. Duruy, sans parler de:autres?

Onn'échappe pas à sa destinée. M. Flaubert était né avec un de ces génies qui, pour n'être pas formés de cette pure essence dont parle le poëte1, n'en ont pas moins marqué dans l'histoire des littératures, et laissé une trace à travers les âges. Corneille admirait Lucain, et l'imitait. On avait dû beaucoup lire, sous le règne d'Honorius, VEnlèvement de Proserpine par l'hyperbolique Claudien. Chez' nous, après Malherbe et d'Aubigné, l'hyperbole s'était raffinée et était devenue « la manière » dans l'école romanesque des Saint-Amant et des Scudéry. Le dix-huitième siècle, sensé entre tous, avait plus sacrifié à l'innovation dans les idées qu'à l'exagération dans le style. Le nôtre, habitué au fracas des événements et au tumulte des grande guerres, ne s'est pas trop morfondu, ce semble, dans le culte de la simplicité et du naturel. M. Flaubert non plune s'y compromet pas. Cette propension à l'enflure, que

1 Queis meliore luto finxit prsecordia Titan.

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ses amis eux-mêmes signalent en lui, elle le domine, quoi qu'il fasse. On l'a accusé de « réalisme, » à propos de Madame Bovary; il faut s'entendre : l'hyperbole est quelquefois une révolte contre le prosaïsme de la réalité crue. M. Champfieury n'est pas un disciple de Victor Hugo. On l'esté poëte, même en poussant à bout l'emploi des images et l'exagération de la couleur. Une certaine force survit toujours, même dans l'excès. Si on veut dire que M. Flaubert, quand il nous a donné un roman domestique, a copié la vie réelle jusqu'à la platitude et la bassesse, on se trompe : M. Flaubert n'est jamais plat, et sa touche se ressent toujours, même dans la plus vulgaire peinture, d'une certaine roideur honnête qui est dans son âme. Au fond, personne n'a pu le croire complice de son héroïne ou amoureux de sa création, ce qui est la véritable immoralité de certains romans modernes; et aujourd'hui, nous savons de science certaine que telle que l'opinion l'a faite ou que la critique sévère l'a jugée, cette héroïne, il la désavoue.

Il ne nous est plus très-difficile de comprendre maintenant pourquoi M. Flaubert est allé chercher à Carlhage, par dégoût du présent et dans le plus monstrueux épisode des guerres Puniques, par haine de la vulgarité, le sujet de son nouveau roman. Esprit vigoureux, cœur honnête et désintéressé, sans attache de coterie et sans souci d'industrialisme, fourvoyé autrefois dans une peinture de la vie intime où il avait dépensé de sa force jusqu'à s'en repentir, M. Flaubert est allé droit à la tradition lointaine et au passé incertain. Il s'est plongé, comme pour s'y purifier et s'y rajeunir, dans ces vivifiantes ténèbres de l'histoire conjecturale, s'imposant la tâche de les éclaircir avec le (lambeau de l'érudition, d'y semer des germes de vie, d'y faire briller des images et d'y dresser à tout bout de champ mi éblouissante hyperbole. Salammbô, c'est la revanche

de Madame Bovary, c'est la rançon que le réalisme essaye rie payer à l'idéal. Le suffète Àmilear nous relève de M. Iloinais, l'apothicaire. Carthage nous venge de la diligence do Rouen... Vous demandez pourquoi M. Haubert est allé chercher si loin, dans un coin si obscur de l'histoire, un épisode qu'il raconte avec de si grands détails et où il introduit le roman, c'est-à-dire le récit de la vie intérieure, le drame des passions domestiques et la lutte des sentiments privés; ce que les anciens eux-mêmes n'ont presque jamais fait. La réponse est facile. M. Flaubert l'a fait pour être nouveau, pour se donner carrière, pour créer quelque chose qu'on ne lui reprochera pas d'avoir servilement copié sur le prochain, dans la maison d'à côté. II a voulu mettre vingt siècles entre le roman bourgeois qu'il vous racontait hier et son idéal d'aujourd'hui. S'il avait bien su ce qu'il racontait, j'entends s'il n'avait pas été obligé de faire lui-même presque tous les frais de l'information; s'il n'avait pas eu à créer ses personnages, son drame, son théâtre, et à faire l'éducation de ses spectateurs; s'il n'avait pas eu à retrouver, sous le costume de convention qui les couvre, tous les héros de la guerre des Mercenaires dans les deux partis, Carthage à rebâtir et à repeupler ; la civilisation carthaginoise à faire revivre ; l'architecture, les arts, les costumes, les armes, les machines de siège, les cérémonies religieuses à restituer pour le lecteur ignorant et même pour l'érudit, c'est alors qu'on aurait pu dire du livre de M. Flaubert qu'il n'avait donné à son public, après Chateaubriand, Walter Scott et Manzoni, avec moins d'habileté et de bonheur, qu'un calque d'histoire arrangée pour l'amusement frivole du lecteur. Sa prétention était plus haute, et sa pensée allait plus loin. 11 a voulu aller à Carthage, non pas, comme le vieux Caton, pour la détruire, mais pour la relever de ses ruines. Voyons maintenant s'il a réussi.

Il y a deux parties dans son livre qui voudraient se mêler et qui y sont peut-être trop distinctes : — l'histoire et le roman. Regardons d'abord à l'histoire.

La guerre des Mercenaires était connue. Polybe l'avait racontée, et il avait eu pour la bien comprendre l'avantage que M. Flaubert a voulu avoir à son tour : il était allé à Carthage. On sait qu'il accompagnait Scipion l'Africain. Son récit, d'une précision rigoureuse, est absolument dépourvu de couleur locale et exempt de toute espèce de passion. Après la première guerre Punique, Carthage avait imprudemment rappelé et rassemblé son armée de Mercenaires qu'elle ne voulait pas payer. Ceux-ci s'étaient révoltés. Après des alternatives diverses et des horreurs réciproques, tantôt vainqueurs d'JIannon, tantôt vaincus par Amilcar, accrus vers la fin par l'insurrection de tout le pays d'alentour, ils avaient mis le siège devant lafière cité. Mais Amilcar tenait la campagne entre Utique et Carthage. Une foudroyante mano'uvre de cet habile général avait enfermé entre deux montagnes, dans un ravin profond devenu célèbre sous le nom de Défile de la Hache,- une portion considérable de l'armée ennemie. Elle y périt de faim presque entière. Un des chefs des révoltés, l'esclave Spendius, fut mis en croix ; l'autre, l'Africain Màthos, fut livré aux vengeances de la populace carthaginoise. Cette guerre avait duré près de quatre ans. Polybe, qui n'abuse pas de l'hyperbole, qualiiie d'un mot l'acharnement des Mercenaires envers leurs débiteurs infidèles : « Ce n'était plus des hommes, dit-il, mais des bêtes féroces. » L'excellent liollin n'hésite pas à condamner les deux partis : <( Il semble qu'entre eux, dit-il, il y avait une espèce de défi

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à qui ferait "paraître plus de cruauté. » La guerre des Mercenaires reçut alors un nom qu'elle aurait gardé sans doute, si l'histoire des guerres de religion ou de conquête, dans les temps modernes, ne nous avait rendus indulgents pour les crimes de l'antiquité. Elle s'appela la guerre inexpiable.

Il est impossible de refuser à M. Gustave Flaubert un instinct historique très-pénétrant et très-fécond. Avec quelques pages d'un historien grec, d'une sobriété décourageante pour un coloriste tel que lui, il a refait un récit moins lumineux peut-être qu'émouvant, mais où l'obscurité ne détruit pas toute vraisemblance. Il excelle à peindre et à détailler pour ainsi dire ces grandes masses, anarchiques et confuses, ramassis de nations, de races et de mœurs diverses, que Carthage engageait à prix d'or dans sa destinée, qu'un péril commun ou la supériorité d'un chef maintenait dociles pendant la guerre, que la paix et l'inaction laissaient sans frein. Malheur à Carthage le jour où ces soldats intrépides devenaient des créanciers exigeants' Honte à ce gouvernement inique et fourbe qui déchaînait, comme l'a si bien dit M. Michelet, « cette Babel impie et sanguinaire ! m On le vit bien quand l'armée des barbarefut entrée dans la ville, et quand on comprit la nécessite de l'en éloigner. C'est le début du livre de M. Flaubert Feu de romans historiques commencent par une scène d'une nouveauté aussi originale et aussi saisissante. Le festin des Mercenaires dans le jardin du palais d'Amilcai et l'orgie des soldats à travers la ville sont des tableaux de maître; je dis tableaux : le livre de M. Flaubert en est plein. Il aime la couleur, il excelle àpeindre. Scribitur ad narrandum ; lui, il raconte pour décrire. Mais sesdesenp tions ont cette vie qui manque trop souvent aux récits leplus exacts. J'en dirai autant des principales scènes qui, dans le roman de M. Flaubert, correspondent aux diffé-

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rents incidents que les historiens ont rapportés, tels que le séjour des Mercenaires à Sicca, leur défaite sur les bords du Macar, leur concentration sous les murs de Garlhage, leur extermination dans les défilés de la Hache. L'auteur s'oublie dans la peinture, il s'enivre de couleur. On dirait parfois que le soleil de Cartilage est resté empreint sur sa palette et qu'il en a rapporté les rayons. 11 lui arrive de prendre ses éblouissements pour des impressions historiques et de prêter à la tradition les images qu'a enfantées son cerveau.

L'érudition moderne, qui a poussé si loin la connaissance des civilisations antiques, et qui s'est arrêtée avec respect devant celles qu'il aurait fallu inventer ou deviner, pourra bien chercher querelle à l'auteur de Salammbô. L'Académie des inscriptions et belles-lettres pourra contester l'exactitude de ses reconstructions archéologiques, et demander si l'antiquité phénicienne, récent objet d'explorations si concluantes, est le flambeau qui éclaire le mieux le voyageur errant sous les ruines de la cité carthaginoise. Écartons ces controverses. A Dieu ne plaise que je m'y aventure en prenant à partie M. Flaubert sur les endroits de son livre où il peut répondre en poëte aux érudits, et invoquer contre l'histoire elle-même les droits de l'imagination. On sait que c'est le défaut du roman historique it l'écueil du genre. Le défaut parait d'autant plus sérieux ipie l'époque qui sert de cadre au roman est moins connue ou plus obscure. Le lecteur, ainsi fourvoyé dans un passé incertain, ne sait plus où est la vérité, où est la fiction. Si le livre l'amuse, il se sent inquiet pourtant et comme partagé dans sa jouissance. Il aime à aborder de plain-pied la scène où l'invention l'attire, sans perdre trop de temps à l'étude des décorations. 11 ne souffre pas que le cadre éclipse le tableau, que le costume écrase l'homme, que l'acteur s'efface devant l'éclat du paysage et que les mono

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ments, les temples, les aqueducs, les amphithéâtres, les machines soient plus grands que les héros.

Je ne fais que toucher ici à un des défauts du genre. Peut-être y reviendrai-je quand je chercherai dans le livre de M. Flaubert le roman lui-même sous le vernis archéologique qui le couvre. Je serais injuste si je n'insistais pas aujourd'hui sur la part très-sérieuse que l'auteur a faite à l'histoire dans l'inspiration et dans l'exécution de son œuvre. Ses principaux personnages, par exemple, s'y détachent avec un singulier relief. Réunissez les traits de leur physionomie épars dans la suite parfois bien confuse du récit : vous avez des figures vivantes et vraiment historiques. L'esclave Spendius, fils d'un rhéteur grec et d'une courtisane campanienne, vil entremetteur, hardi révolté et lâche soldat, conseiller habile et orateur polyglotte, Spendius est un portrait achevé. Narr'Havas etMathos, le prince et le tétrarque, l'un le plus beau, l'autre le plus impétueux des chefs africains, sont trop liés au roman pour que je veuille les replacer dans l'histoire. Laissons-les pour l'instant avec l'étrange fille d'Amilcar, avec Salammbô. Mais Amilcar lui-même, Autharite le Gaulois, Hannon, le vaincu des Œgates, promenant partout sous cet éclatant soleil son luxe extravagant, sa gourmandise vorace, son ambition insatiable et ses ulcères purulents (p. 1 75-176) ; tous ces portraits sont d'une vérité saisissante, et je dirais qu'ils sont des chefs-d'œuvre, si une sorte d'acharnement à les poursuivre dans le détail le plus raffiné et souvent le plus ridicule ne leur donnait trop souvent un air de caricature.

« Dès que le Suffèle (Hannon j fut dans la ville, les

principaux le vinrent saluer. Il se fit conduire aux étuves et appela ses cuisiniers.

t Trois heures après, il était encore enfoncé dans l'huile

de cinnainome, dont on avait rempli la vasque, et, tout en se baignant, il mangeait, sur une peau de bœuf étendue, des langues de phénicoptère avec des graines de pavot assaisonnées au miel. Près de lui, son médecin grec, immobile dans une longue robe jaune, faisait de temps à autre réchauffer l'étuve, et deux jeunes garçons, penchés sur les marches du bassin, lui frottaient les jambes...

« L'encens fumait dans les larges cassolettes, et les

masseurs tout nus, qui suaient comme des éponges, lui écrasèrent Sur les articulations une pâte composée avec du froment, du soufre, du vin noir, du lait de chienne, de la myrrhe, du galbamim et du styrax. Une soif incessante le dévorait... »

Tel est le Hannon, le chef de la faction qui combat l'influence et le génie d'Àmilcar. Avec Hannon nous touchons au grotesque. Avec Amilcar c'est tout autre chose. M. Flaubert a bien conçu cette physionomie si complexe, mais si héroïque, ce grand marchand qui est un grand général, ce riche insensible qui a des entrailles de père (comme le Carthaginois de Plaute), cet impitoyable chef de la république, qui laisse mourir de faim vingt mille vieux soldats de Cartilage entre deux montagnes, et qui aime son enfant. Cet. enfant, il est. vrai, c'est Annibal. Quand, après la défaite d'Hannon par les Mercenaires, I" Sénat carthaginois rappelle Amilcar et que le héros revienl comme le dieu sauveur de. la patrie, la scène est belle. M. Flaubert l'a très-bien rendue. Il faut la citer entière :

« L'Annonciateur-des-Lunes, qui veillait toutes les

nuits au haut du temple d'Eschmoûn pour signaler avec sa trompette les agitations de l'astre, aperçut un matin, du côté de l'occident, quelque chose de semblable à un oiseau frôlant de ses longues ailes la surface de la mer.

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