‹ Etudes et recherches. --Chapitre 3 sur 66 · Honoré de Balzac · texte numérisé non relu

Honoré de Balzac

frères.* En 1838, il publiait le Cabinet des antiques, écrit Edmond Biré, les Employés, la liaison Nucingen, une Fille d'Eve, la première partie des Splendeurs et misères des courtisanes ; en 1839, Béatrix, Un grand homme de province à Paris, Le curé de village, Massimilla Doni, les Secrets de la princesse de Cadignan. Décidément, il devenait encombrant ; il tenait trop de place. Ses rivaux le lui firent bien voir. Un jour, il eut à plaider contre la Revue de Paris, qui avait trouvé bon de livrer, sans son autorisation, à la Revue étrangère de Saint-Pétersbourg-, les épreuves du Lys dans la Fa//ee, épreuves encore informes et non revêtues du bon à tirer.Kn bons confrères, tous les romanciers alors en renom vinrent en aide à son adversaire. Ils signèrent une déclaration dans laquelle ils juraient leurs grands dieux que la contrefaçon, horrible à Bruxelles, étaitcharmante à Saint-Pétersbourg... contre M. de Balzac. Cette pièce étrange porte les signatures à" Alexandre Dumas, Léon Gozlan, Roger de Beauvoir, Frédéric Soulié, Eugène Sue, Méry, Jules Janin, Loëve-Veimars. La presse presque tout entière lui était hostile. Les critiques, Sainte-Beuve en tête, ne parlaient guère de lui que pour se moquer de son « vocabulaire incohérent » ou pour rire de ses prétentions au maréchalat littéraire. » Balzac voulut

avoir une revue où il serait chez lui et pourrait se défendre.

Il obéit donc à des motifs d'ordre moral et d'ordre pratique. L'entreprise était colossale. Seul, Balzac était capable d'assumer une pareille tâche et de réaliser un tel tour de force. La Revue parisienne n'eut que trois numéros, je l'ai dit, mais ces trois numéros, le romancier les composa scrupuleusement selon son programme, et ils demeurent 1 un des plus prodigieux exemples de sa puissance de travail et de l'universalité de ses aptitudes.

Le premier fascicule (juillet 1850) comprend une nouvelle intitulée Z. Marcas, une Epîlre du comte de Saint-Germain sur L'Inauguration de la statue de Gultenberg, par le comte de Belloy, une Lettre sur la littérature, le théâtre et les arts, et des Lettres russes.

La nouvelle est très caractéristique et marque un « accident » assez curieux dans l'évolution des idées de Balzac, A propos du litre Z. Marcas, Léon Gozlan* nous raconte une piquante anecdote. L'auteur de la Comédie humaine avait

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