Étude sur Villiers de l'Isle-Adam, La Reine
LES CONTES DE VILLIERS DE l'iSLE-ADAM 155
nieuse des procédés employés par Edison pour construire une telle merveille, fait de VEve future un roman passionnant, et un curieux prototype des livres de M. Wells ; mais tout l'ouvrage, ne sert qu'à une finale affirmation du spiritualisme.» En la rude intransigeance de sa foi, Villiers reconnaît à l'Eglise le droit de se servir de la force pour contraindre les tièdes et les incrédules. Je ne veux pas davantage sortir du cadre de cette étude et j'emprunte mon exemple à ce conte magnificfue qui s'appelle : La torture par l'espérance '. Un vieux juif est détenu à l'official de Saragosse. On le torture depuis plus d'un an afin qu'il se convertisse. Certaine nuit, le vénérable Pedro Arbuez d'Espila, troisième Grand-Inquisiteur d'Espagne, pénètre dans le cachot de sa victime, et lui déclare : « Mon fils, réjouissezvous : Voici que vos épreuves d'ici-bas vont prendre fin. Si, en présence de tantd'obstination, j'ai dû permettre, en gémissant, d'employer bien des rigueurs, ma tache de correction fraternelle a ses limites. Vous êtes le figuier rétif, qui, trouvé tant de fois sans fruit, encourt d'être séché... mais c'est à Dieu seul de statuer sur votre âme. Peut-être Tinfinie Clémence luira-t-ellepour vous au suprême instant ! Nous devons l'espé-