Histoires souveraines
LES CONTES DE VILLIERS DE l'iSLE-ADAM 161
Villiers catholique si nous ne signalions encore deux contes de lui : L'enjeu^ où il met en scène un mauvais prêtre et Le chant du coq^ où il dispute à propos de ces mots de l'Evangile : « Le coq chanta. » Un coq n'aurait pu chanter à Jérusalem, puisque la loi juive interdisait l'introduction de ces animaux dans la ville. Mais le texte sacré indique le coq et non pas un coq. 11 y avait en efTet, un coq à Jérusalem et il n'y en avait qu'un, celui du Temple, le veilleur sacré, le solitaire. Cette petite controverse a de quoi étonner. Disons que Villiers ne dédaignait pas d'étalersaconnaissance des livres saints, et maintes citations, dans son œuvre, le prouvent.
Catholique fervent, Villiers fut un royaliste convaincu. Tandis qu'il dirigeait La Croix et l'Épée, il se fit le champion de la cause des Naundorff, et peut-être eùt-il continué à soutenir son prétendant si le milieu politique n'avait pas profondément répugné à son aristocratie. La bêtise du peuple éternellement dupe, toujours victime de ses meneurs, lui inspirait une profonde tristesse dont témoigne le conte Vox popiili \ Devant la grille du parvis Notre-Dame, un aveugle est assis qui implore en une plainte mono-