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LHS CONTES DE VILLIERS DE l'iSLE-ADAM 1G3
tant, et, peut-être, Dieu a-t-il accablé la France parce qu'elle avait tué son roi. Un admirableconte, Le droit du passé ', illustre cette pensée. Jules Favre qui s'était fait le défenseur des NaundorfT avait reçu une bague, en remerciement ; « C'était une chevalière d'or. Dans une large opale centrale aux lueurs de rubis, avait été gravé, d'abord, le blason des Bourbons:/es trois fleurs de lijs d'or sur champ 6?'c/rwr. Mais, par une sorte de déférence triste, — pour qu'enfin le républicain pût porter sans trouble ce gage seulement affectueux, — le donateur en avait fait effacer, autant que possible, les armoiries royales.» Sur les fleurs de Ij^s effacées, Louis XVII avait commandé que Ton gravât l'image d'une Bellone. Tendant l'anneau à son défenseur, il avait dit : « Monsieur Favre, en cette opale, vous le voyez, est sculptée, comme une statue sur une pierre funéraire,cette figure de la Bellone des vieux âges. Elle traduit ce qu'elle recouvre. — Au nom du roi Louis XVI et de toute une race de rois dont vous avez défendu l'héritage désespéré, portez cet anneau! Et que leurs mânes outragées pénètrent, de leur esprit, cette pierre ! Que son talisman vous conduise et qu'il soit un jour, pour vous, en quelque heure sacrée, le Témoin de leur
l. Histoires souveraines.
présence !» Jules Favre ne quitta point sa bague et il la portait encore le jour où il signa avec Bismarck la trêve amenant la capitulation. Au moment d'apposer son cachet, il s'aperçut qu'il avait oublié le sceau delà République Française et, sur le conseil de Bismarck, il se servit delà bague léguée par Louis XVII. « Au bas de cette page qui devait coûter à la patrie tant de nouveaux flots de saniç français, deux vastes provinces, sœurs parmi les plus belles! l'incendie de la sublime capitale et une rançon plus lourde que le numéraire métallique du monde — sur la ciré pourpre où la fl.amme palpitait encore, éclairant, malgré lui, la fleur de lys d'or à sa main républicaine — Jules Favre, en pâlissant, imprima le sceau mystérieux où, sous la figure d'une exterminatrice oubliée et divine, s'attestait, quand même ! l'âme — soudainement apparue à son heure terrible — delà Maison de France.» Le fait peut n'être pas exact ;il a une grande puissance dramatique, et cet autre récit, Le Tzar et les Grands Ducs \ où Villiers nous dit la respectueuse tristesse qui s'empare de lui en face d'Alexandre II, n'est pas moins poignant.
Il nous reste à examiner Villiers conteur au point de vue de l'occultisme. Les études d'occul-
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