‹ Etudes et recherches. --Chapitre 55 sur 66 · Tribulat Bonhomet · texte numérisé non relu

Tribulat Bonhomet

Il ne sied pas de pousser plus avant ce parallèle. Nous en avons assez dit pour montrer la parenté intellectuelle des deux auteurs et pour faire voir que Villiers,tout en devant un peu à Edgar Poe, garde son mérite intact. Du reste, aurait-on l'injustice de refuser à l'auteur d'Isis une grande puissance et une rare variété d'invention dans ses contes, il n'en resterait pas moins un maguifique écrivain. Peut-être même l'un de ses meilleurs titres de gloire est-il là. Villiers fut un puissant artiste du verbe. Sa langue a une force et une majesté incomparables. Empreinte d'un lyrisme élevé et constant, éclatante et harmonieuse, elle s'adapte à tous les êtres et à tous les objets qu'elle veut peindre, avec un renouvellement perpétuel de brillantes images. Tantôt elle est fluide, agile et légère comme une source, et tantôt elle coule grave, lente et noble comme un large fleuve. Semblable à tous les écrivains de grande race, Villiers est un évocateur merveilleux, et telle de ses pages vaut de longues descriptions. Ecoutons le début des Amants de Tolède ^ :

Une aube orientale rougissait les granitiques sculptures, au fronton de rOfficial, à Tolède — et, entre

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