Rousseau avait été attaqué dans Le Préservatif
Mais ce qui donne aux ennemis de Voltaire une joie sans mélange, ce sont les bastonnades qu'il reçut. Un M. de Saint-Hyacinthe publia en Hollande un livre intitulé : Le chef-d'œuvre de V Inconnu W\ y raconte la mésaventure du poète, à sa façon. Beauregard, officier français, causait, un jour, avec quelques amis. Survint Voltaire qui se mêla à la conversation et « s'abandonna à quelques saillies insultantes». L'officier résolut de se venger et, prenant son interlocuteur par le bras, lui déclara : « J'ai toujours ouï dire que les impudents étaient lâches, j'en veux faire l'épreuve, et ne puis m'adresser qu'à vous. Voyons, monsieur le bel esprit, si vous vous servirez bien de cette épée que vous portez, je ne sais pourquoi ; ou préparez-vous à recevoir de cette cannelé châtiment de votre insolence.» Le poète pâlit, affirme M. de Sainte-Hyacinthe, comme une catin qui entend un coup de tonnerre. Humble et prudent, il répondit :
...Je ne prétends pas, Emploïer ma valeur à défendre ma faute,
J'offre mon échine et mes côtes, Au juste châtiment que prépare ton bras. Frape, ne me crains point, frape, je te pardonne, Ma vie est peu de chose, et je te l'abandonne.