FRANCOIS VILLON
Ce poète, peut-être le meilleur du quinzième siècle, eut l’insigne honneur de former Clémeut Marat. Il naquit à Paris en 1431. Sa vie fut très agitée ; n’'écoutant que ses ardentes passions, il se jeta corps et âme dans le libertinage le plus affreux. En 1457, on ne sait pour quelle cause, il fut jeté en prison et condamné à être pendu. La peine cependant fut commuée en un bannissement jusqu’en 1461, où il fut de nouveau condamné à la prison par l’évêque d'Orléans.
Rien ne pouvait le corriger ; ses mœurs étaient toujours les mêmes. Sorti de prison à la mort de Charles VIL, il continua sa vie de bohême, errant d’une ville à une autre. On ne connaît point la date précise de sa mort ; on croit que ce fut en 1484.
Villon qui, comme dit Boileau,
.Sut un des premiers, dans ces siècles grossiers, Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers,
fut, en dépit de ses mœurs dérégléés, un poète de premier ordre. Rejetant tous ces termes emphatiq''es qu'avaient toujours employés les poètes précédents, il s’attacha à posséder, dans ses écrits, un style naturel, vifet même profond. La licenc:, malheureusement, dépare souvent ses meilleures vièces ; il faut travailler dans le fumier pour y trouver des perles, par bonheur pour le poète, celles-ci ne sont pas rares.
Ses principaux ouvrages sont le Grand Testament, qui est une œuvre vraiment remarquable, la ballade des Dames du temps jadis, où l'on remarque ce vers si souvent répété :
Mais où sont les neiges d’antan,
celle des Pendus, qu’il composa en prison, et beaucoup d'autres, qui toutes ont une certaine valeur littéraire.